Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres et la fondation canadienne — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Présentation de la communauté

Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres et la fondation canadienne

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Gaspé
Communauté religieuse: Soeurs de Saint-Paul de Chartres

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Récit fondateur (9241).

Description


Maison Notre-Dame de la Paix, Sainte-Anne-des-Monts
© Archives des Soeurs de Saint-Paul de Chartres, soumis à copyright

Fondées en 1696 autour des figures de l’abbé Louis Chauvet, Marie-Anne de Tilly et Marie Michau, les Sœurs Saint-Paul de Chartres — appelées simplement à l’origine les Filles de l’École — sont animées d’un désir de servir les plus démunis, pauvres ou malades. L’idée d’une fondation de la Congrégation au Canada vient de Monseigneur Alphonse Gaudron, supérieur ecclésiastique s’attachant à l’envoi de religieuses pour les missions de la Congrégation.       

Nommé curé de Levesville-la-Chenard en 1694, l'abbé Louis Chauvet perçoit, dès son arrivée en Beauce (France), la nécessité de répondre aux besoins de la population. Considérant la misère, l’indifférence religieuse et l’ignorance à l’origine des problèmes sociaux modernes, l’abbé Louis Chauvet travaille à « élever la condition humaine et spirituelle », s’attachant à répondre aux besoins de sa paroisse, particulièrement par l’éducation.  Avec Marie-Anne de Tilly, il prépare de jeunes femmes à l’enseignement et au soin des malades. La communauté des Filles de l’École est ainsi fondée en 1696. En 1708, l’abbé Chauvet confie la communauté à Monseigneur Paul Godet des Marais, évêque de Chartres, lequel donnera aux Filles de l’École un nom, celui de l’apôtre Paul, modèle et saint patron de la Congrégation. Appelées par l’évêque, les religieuses s’établissent la même année à Chartres. En 1708, les sœurs étendent déjà leur champ d’action à de nombreuses écoles rurales dans les diocèses environnants. Mère Barbe Foucault est la première supérieure générale élue par ses Sœurs en 1717.

De nouvelles communautés apparaissent et les religieuses se lancent vers leurs premières missions. Celle à Cayenne, en Guyane, marquera le début d’un élan missionnaire dans le monde entier en 1727. Une fois les bases de la congrégation posées en Europe, les missions atteignent l’Orient et l’Amérique. Entre 1850 et 1950, 1732 religieuses missionnaires rejoignent ces destinations.


Supérieur ecclésiastique des Sœurs de Saint-Paul de Chartres, Monseigneur Alphonse Gaudron envisage une fondation au Canada afin de recruter des vocations missionnaires. Le projet reçoit l’adhésion de la Congrégation au Conseil général de 1929. Le 10 mai 1930, Mère Louise-Amélie, ex-provinciale du Tonkin et sœur Angèle de Saint-Pierre, infirmière à l’hôpital de Cherbourg, arrivent à Québec avec comme mission de trouver un endroit propice à l’implantation d’une communauté au Canada. L’archevêque de Québec, Monseigneur Rouleau, juge toutefois impossible l’implantation d’une nouvelle communauté dans la ville, un  grand nombre de congrégations religieuses y étant déjà présentes. À la suggestion de Monseigneur Rouleau, Mère Louise-Amélie et sœur Angèle de Saint-Pierre rencontrent l’évêque de Gaspé en visite à Québec, Monseigneur François-Xavier Ross.  Ce dernier leur fait part que l’abbé Veilleux, curé de Sainte-Anne-des-Monts, cherche une communauté religieuse  pour prendre en charge un hôpital dans sa paroisse. Le 23 juillet 1930, Monseigneur Ross donne l’autorisation à la communauté des Sœurs de St-Paul-de-Chartres de s’installer dans son diocèse.

Mère Louise-Amélie ayant dû retourner en France, sœur Angèle de Saint-Pierre et les sœurs Paul-Léon et Marie-Timothée — arrivées au Québec depuis septembre — accueillent, le 3 octobre 1930, les premiers malades dans un dispensaire provisoire. Au printemps suivant, l’abbé Veilleux entreprend des démarches pour la construction d’un hôpital, lequel sera ouvert le 25 novembre 1931.   

Dès janvier 1932, la communauté accueille deux premières aspirantes, procédant ainsi à l’ouverture de son noviciat. Sept autres jeunes femmes font leur entrée au noviciat la même année. En septembre 1933, les religieuses prennent en charge une première école à St-Joachim-de-Tourelles, village voisin de Sainte-Anne-des-Monts.  Dès lors, elles se consacrent à l’enseignement dans plusieurs écoles en Gaspésie et au Québec.

Elles fondent, en 1942, le Pensionnat Saint-Paul, auquel s’ajoutent une École normale en 1945 et un Institut familial en 1947. Parallèlement, l’hôpital de Sainte-Anne-des-Monts subit deux agrandissements. Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres participent également activement à la fondation d’un petit hôpital à Maria, en  1948, de l’hôpital de Charny, en 1954, de l’hôpital Notre-Dame de Chartres à Maria, en 1955 et d’un premier Hospice St-Joseph à Maria, remplacé en 1962 par la Résidence St-Joseph. Vers les années 1970, la communauté cède tous ses hôpitaux à l’État.

Depuis 1930, les Sœurs de St-Paul de Chartres s’attachent à répondre aux besoins du milieu, affirmant leur charisme, lequel consiste à élever le niveau humain et spirituel. Les religieuses ont ainsi offert leur compétence et leur expérience dans le soin des malades, la fondation d’hôpitaux, l’enseignement dans plusieurs écoles et la formation des enseignants.

La communauté canadienne comprend aujourd’hui près d’une centaine de sœurs.  De ce nombre, une cinquantaine de religieuses sont établies à Sainte-Anne-des-Monts. En excluant les jeunes vietnamiennes, la moyenne d’âge des religieuses atteint les 77 ans. La relève devenant plus rare et la moyenne d’âge des religieuses étant élevée, la communauté s’est progressivement retirée des écoles et des hôpitaux, se consacrant principalement aux organismes sociaux venant en aide aux démunis et à la pastorale. La communauté est encore présente dans les paroisses, notamment à Maria, Pabos, Grande-Rivière, Val-d’Espoir, Gaspé, Grande-Vallée, Gros-Morne, Sainte-Anne-des-Monts, Baie-Comeau, Charny, Montréal et les Cantons-de-l’Est. Depuis 2007, la communauté canadienne reflète de plus en plus le caractère international de la Congrégation, accueillant des sœurs de France, de Suisse, du Vietnam, des Antilles, de la Corée, de Madagascar et des Philippines. En 2010, alors qu’elle célèbre les 80 ans de sa fondation, la communauté de Sainte-Anne-des-Monts procède à la réouverture de son noviciat, recevant quatre postulantes, leur formatrice et quatre  sœurs étudiantes, toutes vietnamiennes.

La congrégation internationale des Sœurs de Saint-Paul de Chartres compte quant à elle plus de 4000 religieuses servant dans 36 pays, tant en Afrique, en Amérique, en Asie, en Europe qu’en Océanie. Elles poursuivent leur mission première, répondant aux besoins de la population et élevant son niveau humain et spirituel. La congrégation des Sœurs de Saint-Paul de Chartres est active dans plusieurs champs d’action, travaillant notamment à l’enseignement, aux soins de santé, au travail social, à la pastorale et comme missionnaires.

Localisation

Municipalité: Sainte-Anne-des-Monts
Région administrative: 11 Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine
Lieu: Maison provinciale des Soeurs de Saint-Paul de Chartres (Notre-Dame-de-la-Paix), 255, rue du Domaine-Saint-Paul, Saint-Anne-des-Monts, G4V 2G3
Téléphone: 418-763-2231
Site Web: http://www.stpaulrome.com/fr-canada.html

Source

Soeur Brigitte Savage
Titre, rôle et fonction : Supérieure provinciale de la Province canadienne, sœur Brigitte Savage a été nommée en 2011 pour un 2e mandat de 5 ans à ce poste.

Enquêteurs : Marjolaine Boutin, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 24 janvier 2012


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: