L'histoire, l'oeuvre et le charisme des Soeurs de la Charité d'Ottawa — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Présentation de la communauté

L'histoire, l'oeuvre et le charisme des Soeurs de la Charité d'Ottawa

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Communauté religieuse: Soeurs de la Charité d'Ottawa

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Récit fondateur (9241)
et sous Pratique religieuse (9300), Pratique spirituelle (9330), Guide spirituel (9331).

Description


Les premières oeuvres des Soeurs de la Charité à Ottawa (Bytown)
© Archives des Soeurs de la Charité d'Ottawa

Pendant l’hiver 1845, Mère Élisabeth Bruyère et trois autres Soeurs Grises de Montréal ont parcouru, en traîneau, le trajet jusqu’à Ottawa, autrefois nommé Bytown. Elles  sont arrivées à destination le 20 février 1845. Venues à la demande des Pères Oblats de Marie Immaculée, les fondatrices se contentèrent, dès le début, d’installations de fortune. Au fil des mois et des années, elles fondent des œuvres répondant aux besoins de la population et conformes à leur double mission : combattre l’ignorance et soulager la souffrance. Dès le 3 mars 1845, elles ouvrent la première école bilingue de la province d’Ontario constituée de deux classes: une classe française et une classe anglaise. Cet établissement est voué à l’éducation des filles. Le 10 mai, elles fondent un hôpital pour recevoir les pauvres, les malades, les vieillards abandonnés, les infirmes et les orphelins nécessiteux. L'aide de Mère Bruyère et de son groupe s'étend au-delà de leurs établissements grâce à un service à domicile, et ce dès juin 1845. Seulement trois mois après leur arrivée, les sœurs avaient fondé une école, un hôpital général, un foyer pour personnes âgées, un orphelinat et une résidence pour les enfants abandonnés. 

Depuis 1845, les Sœurs de la Charité d’Ottawa poursuivent le développement de leurs oeuvres et en créent de nouvelles pour répondre aux besoins de la population. La mission éducative et les services caritatifs se sont développés de pair presque partout. Elles se dévouent d’abord à Ottawa. Puis, la Congrégation croissant, elles poursuivent leurs oeuvres dans d'autres régions. Les premiers établissements hors d’Ottawa sont aux États-Unis, dans l'état de New York, en 1857; en Louisiane, dans le New Hampshire, mais surtout dans le Massachusetts, à Lowell, où elles étaient toujours présentes en 2011. 


En 1866, les Soeurs de la Charité d’Ottawa essaiment au Canada, en Alberta et au Québec. Elles secondent les Pères Oblats auprès des Algonquins, à  la mission Saint-Claude sur la rive ouest du lac Témiscamingue au Québec, près d'un poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson. La Congrégation a oeuvré dans plusieurs régions de la province de Québec, plus particulièrement dans 44 villes ou villages. 


Les Soeurs de la Charité d’Ottawa se sont implantées en Abitibi-Témiscamingue auprès des Amérindiens de Timiscaming (1866), puis à Ville-Marie (1887) et dans plusieurs autres municipalités. Elles ont aussi fondé un hôpital à Ville-Marie, à Rouyn et à Noranda. Présentes à la ville minière de Rouyn depuis 1925 pour l’enseignement et la pastorale, elles y sont encore actives en 2011. En 1990, elles ont accepté la responsabilité de la pastorale paroissiale de McWatters, près de Rouyn-Noranda. La Congrégation a œuvré dans les régions du centre du Québec dès 1875. Dès 1878, la Congrégation s’est implantée à Pointe-du-Lac, en Mauricie pour fonder un pensionnat. En 1916, elle s’établit à Shawinigan pour oeuvrer dans les écoles de trois paroisses, elles y ouvrent un hôpital et une école d’infirmières. En 2011, des sœurs résident toujours dans la région et la Congrégation y gère la Pension Bruyère, fondée en 1976. Les Soeurs de la Charité d’Ottawa se sont implantés dans des institutions d’enseignement et des lieux d’accueil dans d'autres régions comme les Laurentides. En 2011, la Congrégation n’est plus présente dans cette région. 


Partout les soeurs y ont vécu leur charisme dans sa dimension éducative et caritative, assurant une présence aux malades et aux démunis. Ainsi, la Congrégation s’est consacrée au soin des malades dans les hôpitaux et les centres hospitaliers. Elle a également fondé des écoles de formation d’infirmières. En 2011, les centres hospitaliers de la région d’Ottawa sont regroupés sous le nom Soins Continus Bruyère. Au Québec, les établissements de soins gérés par la Congrégation font désormais partie des Centres de la Santé et des Services sociaux du gouvernement du Québec. 


Faisant fi d’une mentalité commune au début du 20e siècle où l’on affirmait que l'éducation pour les filles était inutile, les religieuses ont introduit une formation spécialisée.  Elles ont encouragé les jeunes filles à poursuivre leurs études au-delà du niveau primaire.  Les Soeurs de la Charité d’Ottawa ont largement contribué à l’établissement et à la consolidation des écoles primaires, secondaires et post-secondaires, en milieu rural comme en milieu urbain. À Hull, elles ont ouvert le Collège Marguerite-d’Youville, premier collège classique pour filles de l’Ouest québécois où se trouve actuellement l’UQO, ainsi que le Collège de musique Notre-Dame qui , en 1967, a cédé sa place au  Conservatoire de musique de Hull. De la petite école de 1845 émergeront avec le temps d'autres institutions qui ont laissé leur marque dans l'histoire. Aujourd’hui, les Soeurs de la Charité demeurent  présentes et très engagés dans la promotion de la francophonie et de la culture. Dans certains établissements, la relève institutionnelle est assurée; des laïques prennent en charge la gestion et l’enseignement. 


Engagées par vocation à être au service des pauvres et des démunis de tous les milieux, les Soeurs de la Charité d’Ottawa sont toujours présentes auprès d’eux. Elles les visitent à leur domicile, leur offrent une aide morale et spirituelle, mais aussi assistance matérielle et financière. Elles ont ouvert, entre autres, un Centre de bienfaisance à leur Maison mère, des maisons pour les femmes battues et leurs enfants, des centres d’accueil pour les jeunes filles en difficulté et des lieux de thérapie pour les alcooliques, ainsi que des comptoirs pour les démunis dont certains sont encore actifs. Les soeurs ont assuré et assurent encore une collaboration avec les services sociaux du milieu. 


En 2012, les Sœurs de la Charité d’Ottawa comptent 227 religieuses dans la région d’Ottawa et plus de 600 à travers le monde. En effet, la Congrégation a essaimé sur presque tous les continents du monde au cours du 20e siècle. En 2012, la Congrégation oeuvre au Canada, aux Etats-Unis, au Lesotho, en République d'Afrique du Sud, au Malawi, en Zambie, au Japon, au Brésil, en Haïti, au Cameroun et en Thaïlande. Partout, l'approche éducative est de faire grandir les personnes dans la liberté et l'autonomie. Elles travaillent en concertation avec le milieu, en solidarité intercommunautaire et ecclésiale. Elles soutiennent particulièrement les jeunes, en favorisant leur développement et en les aidant à découvrir le sens de leur vie.

Localisation

Municipalité: Ottawa
Lieu: Maison-mère des Soeurs de la Charité d'Ottawa, 9, rue Bruyère, Ottawa, K1N 5C9
Téléphone: 613-241-2710
Télécopieur: 613-241-5509
Site Web: http://www.soeursdelachariteottawa.com/Francais/home-francais.html

Source

Soeurs Germaine Julien, Colette Barbary, Alice Labrie, Claire Cardinal, Gisèle Lemay et Diane Beaupré
Lien avec la pratique : Elles ont participé à une ou plusieurs oeuvres de la Congrégation.

Enquêteurs : Francesca Désilets , Anne-Florence Bisson
Date d'entrevue : 7 décembre 2011, 8 décembre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: