Salât al-Jumu‘a, la prière du vendredi — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Salât al-Jumu‘a, la prière du vendredi

Tradition: Islam
Appartenance: Islam
Groupe: Musulman soufiste
Paroisse, congrégation ou équivalent: Centre soufi Naqshbandi de Montréal

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique de communication religieuse (9350), Prière (9352)
et sous Pratique religieuse (9300), Cérémonie (9310), Rassemblement religieux (9316).

Historique général


Fidèle lisant le Coran avant la prière
© IPIR 2011 Soumis à copyright

Selon un hadith du Prophète Muhammad, le vendredi est la meilleure journée de la semaine. C'est pourquoi il est recommandé, en cette journée, de prendre un bain, de se parfumer et de porter de beaux vêtements. Seuls les hommes sont tenus d'accomplir la prière du vendredi à la mosquée. Les femmes, elles, peuvent s'y rendre si elles le veulent. Dès l'arrivée à la mosquée, on doit accomplir la salutation du lieu en effectuant une prière de deux rak'as, sauf si l'imam a déjà commencé sa khutba (prêche).

Description


Imam Koné faisant le prêche
© IPIR 2011 Soumis à copyright

Vers midi, après l'appel à la prière ('adhân), l'imam monte sur le minbar et, appuyé de la main droite sur un bâton, fait un prêche en deux parties, entre lesquelles il s'assoit pendant une courte pause.


Dans son prêche de la prière du vendredi, l'imam Omar Koné a souligné l'importance du mois de safar dans la vie du musulman, car ce mois nous rappelle que les choix que nous faisons en tant qu'individus, que familles, que société influent sur notre état d'âme et sur l'état général de l'humanité; d'où les difficultés de la condition humaine.


Dans son prêche, il a souligné que l'évolution matérielle de notre époque nous a conduits à un état d'égoïsme fondamental. Néanmoins, les recommandations, dans le Coran et la sunna, à l'excellence du caractère sont nombreuses et constituent une invitation à l'amour, à l'endurance, au partage, à la générosité, etc.; elles nous invitent également à proscrire de nos habitudes, de nos actions, de nos pensées toutes les caractéristiques néfastes de l'égo : la colère, l'envie, la jalousie, la méchanceté, la tyrannie, etc. Raison pour laquelle on doit invoquer Allah pour qu'il nous accorde sa sauvegarde, sa protection contre ceux et celles qui nous égareraient du bien, du regard qui se tourne vers la certitude envers le Seigneur des mondes, qu'il nous accorde le privilège de suivre la sunna du Prophète qui nous a enseigné l'excellence, la noblesse et l'équilibre en toute chose. Ainsi, pour les musulmans, les défis actuels sont importants, car les référentiels traditionnels sont remplacés par un appel à la performance, voire, parfois, à la confrontation pour occuper la meilleure position : nous voulons être les plus riches, les plus forts, les plus puissants, les plus beaux. C'est ce caractère que le Prophète Muhammad a décrit comme étant l'âme instigatrice au mal (nafs 'ammâra), l'ennemie fondamentale de l'humain, qui sème l'injustice, l'oppression, la désolation et qu'il faut défaire. De ce fait, le défi pour la nation musulmane est majeur, car c'est la nation qui a hérité de la Révélation, c'est elle qui sera questionnée sur la façon dont elle a utilisé, gardé et transmis cet héritage pour ancrer l'humanité sur un chemin de lumière. Alors, ce défi doit être relevé par chacun et chacune d'entre nous chaque jour, de toutes les façons, en prenant exemple sur le Prophète Muhammad, car nous vivons à une époque où beaucoup de maux sont attribués à l'islam, et où de ce que le Prophète a laissé, nous sommes tous ignorants; on ne lui rend pas ce qui lui est dû et on lui attribue ce qui ne lui appartient pas. C'est pourquoi, aujourd'hui, beaucoup de musulmans, au lieu de personnifier le Prophète par le caractère, par la bonté et la sagesse, s'éloignent tranquillement de son exemple et se laissent emporter par la gourmandise, par l'amour de ce bas-monde (hubb ad-dunyâ), par l'arrogance des élites, par les émotions qui amènent des maux pour la communauté toute entière.


À la fin de son prêche, l'imam Omar Koné a récité une invocation (du'â') pour tous les musulmans et pour le pour le pays.


Pendant que le muezzin effectue le 'adhân, avant de réciter la formule qui annonce la prière, l'imam gagne le mihrab (une niche pratiquée dans un mur de la mosquée, qui indique la direction de la Mecque) pour diriger une prière commune, à voix haute, composée de deux rak'as. Si quelqu'un rate la prière du vendredi, il doit accomplir la prière normale du midi (dhuhr), en effectuant quatre rak'as.


Aucentre Centre Soufi Naqshbandi de Montréal, une fois la prière commune terminée, on récite la prière sur le Prophète, on adresse des supplications à Dieu et on invoque son pardon. Après, on accomplit, individuellement, des prières surérogatoires de deux à quatre rak'as. On se met debout, ensuite, pour se saluer les uns les autres, en récitant la prière sur le Prophète et sur sa famille et ses compagnons. Finalement, tout en restant debout, on forme un cercle en récitant des takbîrs et des prières sur le Prophète et sur sa famille et ses compagnons, avant de prononcerune dernière invocation (du'â').

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Centre soufi Naqshbandi de Montréal, 138, Rue Fairmount Ouest, Montréal, H2T 2M5
Téléphone: (514) 270-9437
Site Web: http://www.naqshbandi.ca/

Source

Ahmed Amine El-Aïssaoui
Titre, rôle et fonction : Ahmed Amine El-Aïssaoui est membre de l'ordre Naqshbandi

Enquêteurs : Ahmed Sdiri, Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 25 novembre 2011, 7 janvier 2011


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