La Mosquée al-Iman — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de lieu

La Mosquée al-Iman

Tradition: Islam
Appartenance: Islam
Groupe: Musulman soufiste
Paroisse, congrégation ou équivalent: Centre soufi Naqshbandi de Montréal

Classé sous Organisation religieuse (9200), Espace religieux (9270), Lieu de culte (9271).

Description


Calligraphies d'Allah, de Muhammad et d'un verset coranique
© IPIR 2011 Soumis à copyright

Différents noms existent pour désigner le lieu de culte des musulmans. Le générique mosquée peut être décliné en différents appelatifs comme masjid ou encore zaouia, comme c'est le cas dans les ordres soufis. Ce lieu est, peu importe l'obédience religieuse à laquelle on se rattache, le centre de bien des pratiques qui se trouvent au coeur de l'identité musulmane. Pour le musulman, la mosquée est sa maison. 


Comme dans les autres mosquées, la Mosquée Al-Iman est un lieu où l'on effectue ses prières quotidiennes et celle du vendredi, où l'on trouve les réponses à des questions religieuses et où on enseigne l'arabe et le Coran. Par ailleurs, la mosquée s'anime lors des fêtes religieuses telles l'aïd al-Adha et l'aïd al-fitr, lors du mois de Ramadan et lors des mariages. Dans les pays musulmans, la mosquée est le coeur de la ville ou du quartier, ce qui est un peu différent sur le territoire québécois.


Les tariqas soufies ont une vision mystique de la religion musulmane; il n'est donc pas étonnant que l'on retrouve cet élément dans leur lieu de culte souvent appelé zaouia. Le lieu, selon Shams Saadeldin, est habité par un esprit particulier, une énergie, un amour, une lumière qui lui est propre. Ces caractéristiques font que les croyants qui s'y trouvent sont en lien avec leur Prophète, Muhammad, et avec Dieu, Allah. Cette relation privilégiée avec Dieu est accessible grâce au maître de leur ordre, le cheikh Nazim al-Haqqani.


La zaouia est le théâtre de pratiques typiquement soufies. Deux fois par semaine, les jeudis et samedis soirs, des séances de dhikr en commun ont lieu. Elles sont précédées par un prône donné par le muqaddam, une leçon religieuse souvent centrée sur le combat de l'ego qui permet de se purifier pour recevoir la lumière et l'amour de Dieu. Le dhikr se fait dans une ambiance particulière, les lumières sont tamisées et on chante des chants soufis. À travers ces pratiques, c'est une ascension spirituelle qui s'engage, comme le souligne Shams, vers la Hadra qui signifie la Présence.


Par-delà les pratiques que les croyants accomplissent, la mosquée a des caractéristiques physiques et esthétiques particulières. Des objets et la calligraphie, l'art islamique par excellence, marquent le lieu.


La mosquée al-Iman a la particularité de ne pas séparer par un mur ou une cloison l'espace entre les hommes et les femmes. Cependant, conformément à la tradition prophétique, les hommes occupent l'espace avant du lieu de prière et les femmes, l'espace arrière; mais ils occupent tous la même pièce. À l'avant, on retrouve un minbar, lieu où le prêche du vendredi se fait et le mihrab, une niche pratiquée dans un mur de la mosquée, qui indique la direction de la Ka'ba. Ces deux éléments sont ornementés de différentes calligraphies.  Une bibliothèque garnie d'exemplaires du Coran et de livres pour l'éducation religieuse est attenante. À l'entrée, un espace est aménagé pour déposer les chaussures, car les musulmans sont tenus de se déchausser avant d'entrer dans ce lieu pour accomplir la prière.


Puisque la représentation figurative, dans les lieux du culte, est proscrite par la religion musulmane, on a recourt à l'art calligraphique pour orner les murs. Dans la mosquée al-Iman, des centaines de textes ou de noms calligraphiés, dont des versets et des sourates coraniques (Ya Sin, at-Tawhid, etc.), la basmala, les 99 attributs divins, le nom d'Allah, celui du Prophète, Muhammad, ceux des quatre califes (Abou Bakr, Omar, Othman et Ali) et ceux des deux petits-enfants du Prophète (Al-Hassan et Al-Hussein) sont inscrits sur les murs. On y retrouve également calligraphie du Hou, élément soufi parfaitement symétrique en raison du fait que la voie soufie implique de prendre conscience tant de l'intérieur que de l'extérieur de toute chose. S'ajoute une généalogie spirituelle de la tariqa Naqshbandi, débutant avec le Prophète Muhammad et se terminant par le shaykh actuel de l'ordre. Il y a également des photos de lieux sacrés pour les musulmans, telles la Mosquée de Médine, celle du Dôme du Rocher à Jérusalem, de La Mecque et la Ka'ba.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Centre soufi Naqshbandi de Montréal, 138, Rue Fairmount Ouest, Montréal, H2T 2M5
Téléphone: (514) 270-9437
Site Web: http://www.naqshbandi.ca/

Source

Shams Saadeldin
Titre, rôle et fonction : Shams Saadeldin est membre de l'ordre Naqshbandi et enseigne à la mosquée l'arabe, le Coran, les chants soufis aux enfants et aux femmes de la communauté de Montréal.

Enquêteurs : Ahmed Sdiri, Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 26 novembre 2011

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