Pratiques vestimentaires en islam — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Pratiques vestimentaires en islam

Tradition: Islam
Appartenance: Islam
Groupe: Musulman soufiste
Paroisse, congrégation ou équivalent: Centre soufi Naqshbandi de Montréal

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243).

Historique général


Cheikh Nazim, maître de l'ordre Naqshbandi
© Archives de l'ordre Soumis à copyright

À l'époque du Prophète Muhammad, les vêtements étaient simples. On portait un qamîs (chemise), une jubba (tunique longue) et un manteau (hulla, hibâra ouburda). S'ajoutaient les pantalons ou caleçons (sirwâl), les chaussures ou sandales (na'l), les bottines en cuir (khuff), la calotte (qalansuwa) et le turban ('imâma). La parure féminine, elle, comptait plus d'accessoires comme la coiffure, les bijoux, le voile, etc. On pouvait porter plusieurs vêtements (ou plusieurs épaisseurs) selon les circonstances et les moyens de chacun.

Description


Cheikh Omar Koné
© IPIR 2011 Soumis à copyright

La tenue vestimentaire en islam est liée à la pudeur et à la décence. Dans le Coran (VII, 26), le vêtement a pour fonction essentielle de cacher la nudité. C'est pour cette raison que des hadiths du Prophète vont interdire celle-ci en public.


Offrir un vêtement à quelqu'un, c'est lui manifester de la considération. C'est pourquoi le Prophète, en signe de protection et d'estime, a donné son manteau (burda) en cadeau au poète Ka'b ibn Zuhayr, lorsque celui-ci a déclamé devant lui son célèbre poème «Bânat Su'âd».


Les vêtements, au temps du Prophète, étaient généralement amples, mais rien n'empêchait de porter des habits ajustés. Selon Hussein Todd Friedmann, les habits flottants permettent de se mouvoir de manière confortable; on doit s'y sentir léger. De ce fait, il est préférable de se draper dans des tissus faits de fibres naturelles (coton, laine, etc.). Quant au turban, il est considéré comme la couronne du croyant, et la pièce d'étoffe qui en fait partie, comme un rappel du linceul. L'habit symbolise donc la spiritualité.


Dans l'ordre naqshbandi, il n'y a pas de prescriptions relatives à la tenue vestimentaire. Néanmoins, les membres de l'ordre suivent la sunna du Prophète en matière d'habillement. Ainsi, un disciple (murîd) va porter un turban composé d'une calotte et d'un bonnet entouré d'une longue pièce d'étoffe dont la couleur varie selon des préférences culturelles ou personnelles. Certains tons et certaines couleurs, cependant, expriment une symbolique déterminée. Le vert est la couleur de l'islam et le blanc, celle de la pureté; le bleu représente les océans de la connaissance et le rouge, la majesté et le pouvoir; le noir figure le mystère absolu. Chaque couleur a un effet sur la psychologie et l'âme du disciple. On peut se voiler la tête lors de l'exercice spirituel de la méditation, afin de se rapprocher du Prophète. Viennent ensuite le haydarî, un vêtement court, sans manches, porté au-dessus de la chemise, et la jubba (tunique ample et longue) qui drape l'ensemble. Pour les pieds, le disciple porte, dépendamment de l'endroit, des chaussures normales ou des bottines encuir (khuff). On porte également, à la main droite, une bague en argent sertie d'une turquoise ou d'une autre pierre semi-précieuse.


Les vêtements des membres du centre soufi sont soit achetés à Chypre. en Turquie ou en Syrie, soit cousus à Montréal. Mais, selon Hussein Todd Friedmann, le véritable vêtement demeure d'ordre spirituel; il se compose des attributs divins qui nous protègent, ce qui rappelle l'enseignementdu verset 26 de la sourate VII : «mais le vêtement de la crainte révérencielle (at-Taqwâ) de Dieu est meilleur.»

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Centre soufi Naqshbandi de Montréal, 138, Rue Fairmount Ouest, Montréal, H2T 2M5
Téléphone: (514) 270-9437
Site Web: http://www.naqshbandi.ca/

Source

Hussein Todd Friedmann
Titre, rôle et fonction : Hussein Todd Friedmann est membre de l'ordre Naqshbandi.

Enquêteurs : Ahmed Sdiri, Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 28 novembre 2011

Photos


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