Le Centre Alpha Sainte-Anne (CASA) — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Le Centre Alpha Sainte-Anne (CASA)

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Soeurs de Sainte-Anne

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Classe de francisation
© IPIR 2011, soumis à copyright

En 1991 a eu lieu l’année internationale de l’alphabétisation. Sœur Gilberte Comeau s’est adjoint trois sœurs de Sainte-Anne pour fonder le Centre Alpha Sainte-Anne (CASA), incorporé en 1992. Le Centre est situé dans un couvent de la Congrégation jusqu’alors destiné à l’enseignement des études commerciales. Retraitées de l’enseignement, elles analysent la situation afin d’évaluer les manières appropriées pour aider les analphabètes. L’alphabétisation et la francisation sont la mission première du CASA. De nombreux immigrants ne connaissent pas la langue française au moment de leur arrivée au Québec. Certains d’entre eux, analphabètes, apprennent également à lire et à écrire. Le Centre favorise également leur intégration à la société québécoise.

La mission du Centre rejoint le charisme de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne, l’éducation, c’est-à-dire d’offrir à chacun la possibilité d’agir librement et d’être autonome. Il s’inspire de Mère Marie-Anne, fondatrice de la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne. En effet, celle-ci a fondé la Congrégation après avoir appris à lire et à écrire à l’âge de 20 ans.

Description


Drapeaux représentant les pays d'origine des élèves du CASA
© IPIR 2011, soumis à copyright

Les objectifs du CASA sont d’enseigner la lecture et l’écriture du français aux immigrants adultes ou de milieux pauvres. Il s’agit également de les sensibiliser à leurs droits, obligations et responsabilités sociales. Il vise l’acquisition d’une plus grande autonomie afin de faciliter l’insertion au marché de l’emploi. Le CASA  favorise l’intégration des immigrants à la société québécoise. Ce dernier objectif a été ajouté dans les lettres patentes de l’organisme en raison de la proportion élevée d’immigrants participant aux cours de francisation. Les Sœurs de Sainte-Anne accordent une grande importance au mieux-être de ces nouveaux arrivants dans la société québécoise.  

À leur arrivée au Québec, les immigrants ne parlant pas français reçoivent une liste des lieux d’enseignement où ils peuvent apprendre cette langue. Thésèse Messier estime qu’environ 400 élèves s'inscrivent au CASA chaque année depuis les années 2000. En 2010, les élèves provenaient de 63 pays différents dont 31 d’Afrique, 20 d’Asie, 19 d’Amérique et 11 d’Europe. Il règne une entente mutuelle malgré la diversité religieuse (catholiques, protestants, bouddhistes, etc.) et les divergences socio-économiques (immigrants ayant un statut de professionnel, des réfugiés et des demandeurs d’asile). L’école soutient les élèves plus pauvres pour acquérir des vêtements ou intégrer le marché de l’emploi. La mission du CASA consiste non seulement à les aider à s’intégrer, mais également de contribuer à leur mieux-être malgré leurs difficultés.

L’existence du CASA repose sur le bénévolat. Les enseignants sont généralement des bénévoles, retraités de l’enseignement. Seuls les enseignants des classes financées par le ministère de l’Immigration sont rémunérés.  Le Conseil d’administration est formé de sœurs enseignantes, d’une ancienne élève, d’un professeur et d’un frère des Écoles chrétiennes. Il s’agit d’une œuvre intercommunautaire. En 2011, bien qu’il n’y ait pas de Sœurs de Sainte-Anne parmi le corps professoral du CASA, celles-ci contribuent néanmoins aux activités offertes dans ce lieu. Une dizaine de communautés religieuses de sœurs et de frères mettent à la disposition du CASA des personnes compétentes pour l’enseignement. Par contre, en 2011, Thérèse Messier déplore la difficulté de recruter des bénévoles.

Les cours de français sont d’une durée de 3 heures. Ils ont lieu pendant 11 semaines, à raison de 4 jours par semaine. Il y a trois sessions par année, soit à l’automne, l’hiver et au printemps. À la fin de la session, il y a des examens. Les élèves passent au niveau suivant lorsqu’ils ont obtenu un résultat supérieur à 85% lors des évaluations. En 2005, des ordinateurs ont été acquis afin de faciliter l’apprentissage du français et de l’usage des nouvelles technologies. Le Centre propose également des ateliers de conversation et la participation à une chorale. Les coûts sont de vingt dollars par session. Un montant de quinze dollars est remis aux élèves n’ayant pas manqué plus de quatre cours. Il s’agit d’une mesure pour inciter la présence en classe. S’il n’est pas remis à l’élève, le quinze dollars est utilisé pour aider les étudiants ayant des difficultés financières. L’organisme est financé par le ministère de l’Immigration, la Fondation Rêve d’Esther, la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne et diverses campagnes de financement.

Localisation

Municipalité: Lachine
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Centre Alpha Sainte-Anne (CASA), 6450 avenue Christophe-Colomb, Montréal, H2S 2G2
Téléphone: 514-278-3715
Site Web: http://www.ssacong.org

Source

Thérèse Messier, soeurs Gertrude Pellerin et Gilberte Comeau
Titre, rôle et fonction : Thérèse Messier est directrice du CASA, succédant à soeur Gilberte Comeau. Soeur Gertrude est membre du conseil d'administration.
Lien avec la pratique : Soeur Gilberte Comeau a exercé la fonction d’enseignante et de directrice dans différents établissements. Elle a fondé le CASA. Elle y a œuvré pendant 15 ans. Sœur Gertrude Pellerin est entrée en communauté en 1948. Elle a exercé diverses fonctions dans le milieu de l’enseignement et le milieu communautaire. En 2011, Thérèse Messier est directrice générale du CASA. Elle a également été adjointe à la directrice pendant 5 ans.

Enquêteurs : Francesca Désilets , Anne-Florence Bisson
Date d'entrevue : 18 octobre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: