L'habit religieux des Soeurs de Sainte-Anne — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'habit religieux des Soeurs de Sainte-Anne

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Soeurs de Sainte-Anne

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243).

Historique général


Coiffes des Soeurs de Sainte-Anne et d'une postulante
© IPIR 2011, soumis à copyright

Mère Marie-Anne, fondatrice des Sœurs de Sainte-Anne, est d’abord entrée chez les Dames de la Congrégation de Notre-Dame. Elle obtient de l’évêque, monseigneur Ignace Bourget, l’approbation de fonder la Congrégation des Sœurs de Sainte-Anne en 1848.  Le 8 septembre 1850, les premières professions, celles de mère Marie-Anne et de 4 autres femmes furent célébrées. Au début, la nouvelle communauté a adopté la robe et la coiffe des Dames de la Congrégation de Notre-Dame. La tenue vestimentaire des Sœurs de Sainte-Anne était donc semblable à celle de la Congrégation de Notre-Dame. Puis, le costume a été modifié au fil des années. Par exemple, les Sœurs de Sainte-Anne ont adopté le bandeau cachant les cheveux, ainsi qu’un autre modèle de coiffe.


En 1967, les manches de la robe ont été raccourcies et au début des années 1970, il y a eu des modifications apportées à la coiffe. À partir du milieu des années 1970, le port du costume n’est plus obligatoire. Il est abandonné graduellement. Néanmoins, certaines religieuses l’ont porté jusqu’à tout récemment.

Description


Prières récitées lors de l'habillement
© IPIR 2011, soumis à copyright

La robe des Sœurs de Sainte-Anne comporte quatre plis à l’avant et autant à l’arrière. Les plis étant profonds, ils n’ont pas tendance à se déplier.  Une pèlerine, un vêtement couvrant les épaules, est fixée sur la robe à l’aide d’épingles. Une chemise blanche, le sous-vêtement, protégeait le saint habit. Sous la robe, un jupon est porté à 4 pouces au-dessus du sol. Sur ce jupon de coton, la religieuse a de grandes poches pour contenir des mouchoirs, un chapelet, une claquette, instrument de bois utilisé pour signaler des instructions aux élèves, et un porte épingle. Plusieurs éléments de la tenue vestimentaire étaient fixés avec des épingles, il était nécessaire d’en conserver sur soi pour remplacer celles tombées. En effet, plus de dix-huit épingles sont utilisées pour fixer les pièces de vêtement.

La robe frôlait le sol à l’arrière et dévoilait les souliers sur le devant. Au début de la Congrégation, les soeurs chaussaient des bottines. À l’entrée de Léona Rousseau en communauté en 1940, cet élément ne faisait plus partie du costume. Les religieuses optaient plutôt pour le soulier noir. Pour enseigner, la robe est remontée et fixée avec des épingles pour éviter de la salir. Par-dessus, les enseignantes portent un tablier noir. Pour les tâches quotidiennes liées à l’entretien de la maison, il s’agissait plutôt d’un tablier rayé blanc et bleu.

Un chapelet est accroché sur le côté gauche de la ceinture de la robe. Il comporte une médaille de sainte Anne. On y retrouve sur l’une des faces, une représentation du Sacré-Cœur de Jésus et de celui de Marie et de l’autre, sainte Anne et la Sainte Vierge. Une croix, portée autour du cou, fait également partie de la tenue vestimentaire. Les initiales IHS y sont gravées, référence à Jésus, au Christ et au Sauveur.

La tête est couverte d’un bonnet et d’un bandeau blancs pour cacher les cheveux. Par-dessus, on fixe une coiffe encadrant le visage et une crépine noire pour couvrir la tête. Un voile descend jusqu’à la hauteur des coudes. La coiffe reçoit sa forme au moyen d’un pot contenant de l’eau chaude. Le tissu plié en deux est glissé doucement sur le bord du pot afin d’effectuer un pli arrondi.

Les postulantes portent une coiffe distincte, fait de tissu plissé. Un voile noir couvre l’arrière de la tête. Au début de la communauté, elles portaient une robe et une pèlerine bleues. Il était difficile d’obtenir du tissu d’un bleu identique. Les religieuses ont alors opté pour le noir.  Les novices revêtent le même saint habit que les professes. La coiffe est la même. Par contre, le voile est blanc. Les infirmières et les missionnaires portaient une robe blanche. Quant au costume de l’élève, il s’agit d’une robe noire ornementée de deux plis dans le corsage de chacun des côtés, droit et gauche. Au début, la robe descendait jusqu’à 14 pouces au-dessus du sol. Puis, elle a été raccourcie au fil des années.

Le port du costume oblige à une certaine dignité. Ainsi, lors des voyages et des cérémonies, une carte, une bande de carton noire est déposée sur la tête, couvrant ainsi la crépine noire. De plus, une religieuse ne sortait jamais sans ses gants noirs. On portait également un manteau noir dépourvu de manches. En hiver, une doublure plus chaude est portée sous le manteau. Un bonnet d’hiver est porté par dessus la coiffe.

La robe de nuit ainsi qu’un bonnet étaient de mise lors des heures de sommeil. Au réveil, des prières sont récitées en revêtant le saint habit. Une sœur dit : «Vive dans nos cœurs l’amour de Jésus, Marie et Joseph». Les soeurs répondent : «À jamais. Que saint Joachim et sainte Anne nous secourent.»

Le saint habit est béni par l’évêque avant la prise d’habit. Après six mois de postulat, elles revêtent le saint habit pour devenir novices. La cérémonie, présidée par l’évêque, a lieu à la chapelle. L’habit est plié et déposé sur la balustrade. Puis, l’évêque les bénit. Les novices prennent ensuite leur saint habit afin d’aller le revêtir, puis entrent à nouveau dans la chapelle. Une professe aide les novices à s’habiller.


Chaque religieuse confectionnait ses vêtements. Des personnes étaient en charge de la taille des tissus en respectant le patron. Par la suite, chaque religieuse cousait son habit. Ensuite, elle le faisait ajuster au vestiaire.

Apprentissage et transmission


Chapelet des Soeurs de Sainte-Anne
© IPIR, 2011, soumis à copyright

Les pièces du costume des Sœurs de Sainte-Anne sont conservées au vestiaire Harwood. Le vestiaire contient les anciens vêtements des religieuses. Lors de la première profession, les demoiselles Harwood, bienfaitrices de la Congrégation, ont confectionné les voiles blancs des novices. C’est pour cette raison que le lieu de conservation du saint habit se nomme le vestiaire Harwood.  « Avoir un vestiaire, c’est la richesse de conserver notre histoire et de la revoir», affirme sœur Léona Rousseau. En effet, lors d’événements spéciaux, les sœurs revêtent, sur demande, le costume religieux.

Localisation

Municipalité: Lachine
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: La maison mère de la Congrégation des Soeurs de Sainte-Anne, 1950, rue Provost, Lachine, H8S 1P7
Téléphone: (514) 637-3783
Site Web: http://www.ssacong.org

Source

Soeurs Léona Rousseau et Germaine Comtois
Lien avec la pratique : Soeur Léona Rousseau était responsable du vestiaire Harwood de 2005 à 2011. Soeur Germaine Comtois met en valeur le costume des Soeurs de Sainte-Anne lors d'événements spéciaux.

Enquêteurs : Francesca Désilets , Anne-Florence Bisson
Date d'entrevue : 12 octobre 2011


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