Le père Pierre Primeau: l'oeuvre missionnaire sulpicienne en Amérique latine — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de vie

Le père Pierre Primeau: l'oeuvre missionnaire sulpicienne en Amérique latine

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice au Canada (Sulpiciens)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Enseignement religieux (9360), Apostolat (9366).

Description


Le père Primeau devant les photos-souvenirs des grands événements de sa vie missionnaire
© IPIR 2007, soumis à copyright

Pierre Primeau est le troisième enfant d'une famille qui en compte cinq. La religion occupe une grande place dans la famille Primeau. En effet, les parents de Pierre Primeau sont des catholiques pratiquants et ils sont en relation avec des prêtres et des religieuses. Dès sa jeunesse, Pierre Primeau sert la messe toutes les deux semaines. Jean, son frère aîné aujourd'hui décédé, était religieux chez les Clercs de Saint-Viateur. Le contact avec des prêtres et des missionnaires est marquant pour le jeune Primeau. Par exemple, l'abbé Pageau, missionnaire à Cuba, est une grande source d'inspiration pour lui. 


Toutes les institutions d'enseignement fréquentées par Pierre Primeau étaient tenues par des religieux. D'abord, l'école primaire était dirigée par les Clercs de Saint-Viateur. Ceux-ci recrutaient des candidats pour leur collège classique de Rigaud, nommé Collège Bourget. À l'âge de 14 ans, en 1945, une bourse permet à Pierre Primeau de poursuivre des études classiques au Collège Bourget pendant quelques années. La paralysie infantile et la tuberculose viennent cependant retarder le cheminement scolaire de l'adolescent. Au total, il est en convalescence durant deux années. La reprise des études se fait à Montréal au Collège Grasset, propriété des prêtres de Saint-Sulpice. Le choix de cette maison d'enseignement se fait simplement pour des raisons de proximité avec la résidence familiale. De ses deux années de philosophie au Collège Grasset, Pierre Primeau conserve d'excellents souvenirs de l'enseignement de qualité qui y est dispensé. En effet, il n'a que de bons mots pour la compétence de ses formateurs sulpiciens. 
En 1954, toujours chez les sulpiciens, M. Primeau fait son entrée au Grand Séminaire de Montréal avec l'idée de devenir prêtre diocésain. L'intention de départ n'est pas de faire un missionnaire, mais bien un prêtre. Comme les sulpiciens sont des éducateurs, certains oeuvrent dans les missions de Colombie. Pierre Primeau assiste un jour à une conférence spirituelle d'un sulpicien revenu de mission, conférence portant sur le rôle des sulpiciens dans le domaine de l'éducation du clergé en Colombie. À cette occasion, Pierre Primeau prend connaissance qu'il est possible d'être missionnaire d'une autre façon, en étant éducateur du clergé chez les sulpiciens. Toujours durant ses études au Grand Séminaire, il assiste à la conférence d'un dominicain, le père Lebret, consulteur du gouvernement colombien en matière de sciences économiques. Le sujet abordé est celui des disparités entre les pays riches et les pays pauvres. Cela s'avère d'une très grande motivation pour Pierre Primeau; l'idée de partir d'un pays riche afin d'aider les gens d'un pays pauvre à se sortir de cette situation le préoccupe beaucoup. 


M. Primeau termine ses études au Grand Séminaire de Montréal. Il est ordonné prêtre en 1958 par le cardinal Paul-Émile Léger dont il apprécie le charisme et la personnalité. Quelque temps après son ordination, M. Primeau se rend à Washington pour améliorer son anglais et suivre des cours en prédication. Devenu sulpicien, il s'inscrit à la Faculté de théologie morale des Pères rédemptoristes à Rome où il entame un travail de thèse en 1961. À l'époque du concile, il se trouve donc à Rome, endroit où gravitent les meilleurs théologiens de l'époque. Cela est fort motivant pour les étudiants. En 1968, Pierre Primeau revient à Rome pour reprendre la thèse de doctorat qu'il avait dû suspendre afin d'assumer de nouvelles fonctions en Colombie. C'est ainsi qu'il change le sujet de sa thèse pour « L'esprit missionnaire et la vertu de religion chez Jean-Jacques Olier ». En 1968-1969, il séjourne à Paris pour faire de la recherche dans les archives de Saint-Sulpice. En 1970, il retourne à Rome pour présenter sa thèse qui est bien reçue. Il obtient alors son doctorat. 


De par ses diverses fonctions et activités en Amérique latine, à Rome et au Canada, M. Primeau a connu une vie communautaire très mouvementée et toujours renouvelée chez les sulpiciens. C'est véritablement à Rome en 1963 que la vie professionnelle de Pierre Primeau prend un tournant majeur. Le provincial lui fait part d'une situation urgente en Colombie (le manque d'enseignants) et lui demande d'interrompre sa thèse afin de se rendre dans ce pays offrir ses services. La Colombie comptait deux séminaires, celui de Bogota et celui de Manizales. D'abord nommé à Bogota, il se fait transférer à Manizales en très peu de temps. Il y rencontre le sulpicien Édouard Gagnon, une figure très importante. M. Primeau apprend rapidement l'espagnol à cet endroit. Il commence à enseigner au séminaire et dans un institut de catéchèse situé dans la même ville. Il y enseigne la morale pendant quatre ans. De 1968 à 1970, il séjourne à Rome et à Paris pour finaliser ses recherches doctorales. Il retourne ensuite à Bogota. Les supérieurs le demandent au séminaire de Rosario en Argentine. À la suite d'un revirement, les supérieurs l'envoient au séminaire de La Ceja en Colombie qui ne compte aucun sulpicien. M. Primeau y travaille deux ans tout en assumant les fonctions de confesseur en paroisse.  


À son retour à Manizales en 1971-72, la situation avait profondément changé : les revendications étudiantes étaient fréquentes et la baisse du nombre de séminaristes se confirmait. M. Primeau était moins motivé à enseigner à cinq séminaristes. Il revenait fréquemment au Canada pour des vacances et des retraites spirituelles. Après maintes réflexions sur son avenir, il en parle à son supérieur, M. Roland Dorris, qui le recommande à Édouard Gagnon, alors président du comité pour la famille au Vatican et une personne de confiance du pape Paul VI à Rome. Édouard Gagnon souhaite que M. Primeau fasse un lien avec l'organisme de la famille au Vatican. Son supérieur, M. Dorris, accepte, mais rappelle à M. Primeau qu'un sulpicien est d'abord formé pour les séminaires. Pierre Primeau retourne en Colombie poursuivre son enseignement et développer, par des tournées dans différents pays, des expertises en pastorale de la famille. Après un an, il se retire de l'enseignement et se consacre uniquement à sa petite équipe dont le terrain d'action est toute l'Amérique latine en lien avec le CELAM. Il doit trouver des fonds pour assurer la croissance du projet. Après huit ans, l'équipe technique compte 25 employés. Douze succursales sont alors fondées en Amérique latine. Le but est de consolider la foi catholique par la famille, en conseillant les évêques de plusieurs pays dans l'application des principes de l'Église. 


En 1983, comme M. Primeau avait développé une expertise et possédait une grande expérience en ce domaine, il est nommé par le pape Jean-Paul II sous-secrétaire au Conseil pontifical pour la famille. Il laisse derrière lui tout son travail en Amérique latine pour se concentrer sur ses nouvelles fonctions au Vatican. Après deux années en fonction, il démissionne. M. Primeau prend alors une année sabbatique à l'Université de Washington pour suivre quelques cours. Puisque ses compétences sont très convoitées, il est invité à poursuivre sa carrière à la Conférence épiscopale du Brésil, ce qu'il fait pendant sept ans à partir de 1986. 


Il revient définitivement au Canada en 1992 et continue de servir l'Église catholique de différentes manières. Pierre Primeau a beaucoup voyagé dans sa vie sulpicienne, surtout en Amérique latine, pour restructurer la pastorale familiale et pour enseigner. Il a fait preuve d'une grande ouverture d'esprit et d'une capacité d'adaptation importante. Il se rendait là où on le demandait afin de faire rayonner l'Église catholique et de former des prêtres capables de relever les grands défis de la prédication. Depuis son retour au Canada, il assume diverses fonctions pastorales dans la métropole et réside en permanence au Séminaire Saint-Sulpice. Plusieurs souvenirs marquants découlent d'une vie missionnaire aussi remplie et diversifiée. Ses nombreux travaux en Amérique latine recèlent quantité d'épisodes dignes d'intérêt. Un souvenir important qui perdure toujours est l'obtention du titre de monseigneur, nomination papale reçue à Rome lorsqu'il y travaillait comme sous-secrétaire au Conseil pontifical pour la famille (1983-1984). Il s'agit d'un titre honorifique qui marque un certain mérite et prestige, mais qui ne donne pas plus de pouvoir. Mgr Primeau a conservé ce titre même après la mort du pape. À l'époque, des célébrations avec le pape Jean-Paul II ont couronné cette nomination. Mgr Primeau garde aussi à l'esprit la fraternité qui règne, de façon générale, chez les confrères sulpiciens.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Séminaire Saint-Sulpice, 116, rue Notre-Dame Ouest, Montréal, H2Y 1T2
Téléphone: (514) 849-6561
Site Web: http://www.sulpc.org

Source

Pierre Primeau
Titre, rôle et fonction : Mgr Primeau est un prêtre sulpicien actif à Montréal. Depuis 2001, il assume à temps partiel les fonctions d'aumônier des Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame (CND) ainsi qu'à l'infirmerie Notre-Dame de Grâce auprès de 123 soeurs malades.

Enquêteur : Mathieu Tremblay
Date d'entrevue : 10 décembre 2007


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: