Les rites funéraires chez les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Les rites funéraires chez les Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique rituelle (9320), Rite de passage (9321).

Historique général


Le registre des décès
© IPIR 2009, Soumis à copyright

Les rites funéraires de la communauté concernent essentiellement les pratiques réalisées lors du 20e siècle. Ces pratiques ont définitivement évolué au fil des ans avec le changement des constitutions de la communauté, qui sont relatives à ce rituel. Il s'agit d'une pratique qui a su se « décloîtrer » en rapprochant les religieuses des laïques par de nombreux exemples, passant de l'habillement aux lieux prescrits pour le rituel.

Description


Procès verbal de 2008
© IPIR 2009, Soumis à copyright

La mort d'une soeur, dans la communauté des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph à Montréal, permet à la congrégation de rendre un dernier hommage à une de leurs consoeurs d'une manière bien établie depuis fort longtemps.
Actuellement, le rituel ne comporte plus les séparations qu’imposait la vie cloîtrée de la communauté d’autrefois. Aujourd’hui, le corps est exposé dans le grand parloir, la défunte est revêtue de son habit traditionnel qu’elle a porté (avec ou sans voile, en civil ou non), avec quelques roses qui agrémentent le parloir temporairement converti en salon funéraire. Avant 1964, la sœur porte son costume traditionnel. Dans les années 1950, elle est encore exposée avec une couronne de fleurs blanches en toile cirée, fabriquée au monastère. Vers 1956, l’exposition du corps se fait dans le petit parloir où existe une grille qui, avec le temps, disparaîtra.
En aucun temps, on ne trouve des fleurs à proximité de la défunte, ce que le coutumier de 1957 affirme irrévocablement, alors qu’aujourd’hui, le cercueil est normalement orné de quelques roses et de la statue de la Vierge, à sa tête. Les roses sont de couleur rouge, en général.
Dans les années 1950, la défunte a son anneau, une petite croix en bois, tenue dans ses mains, sa formule de vœux et son chapelet, porté du côté gauche de sa robe. Un tube sous vide dans lequel on insère des informations pour identifier la soeur est déposé à l’intérieur de sa manche droite.

Aujourd’hui, elle porte son anneau, un chapelet dans ses mains et toujours sont déposés dans le cercueil sa formule de voeux et le tube. Désormais, elle porte aussi l’insigne des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph. À l’entrée du parloir, on affiche la liste des emplois de la soeur ainsi que des maisons où elle a oeuvré.
En ce qui concerne l’habillement des sœurs, lors des funérailles, celles-ci devaient, autrefois, laisser tomber la traîne de leur robe ainsi que leurs manches en entrant au chœur. De nos jours, elles portent soit leur costume noir ou bleu foncé, soit une jupe et une veste de couleur noire ou bleu foncé.
Une ancienne coutume de la communauté, qui n’existe plus, mais qui était encore pratiquée au début des années 1950, voulait que le jour avant les funérailles on conduise la soeur défunte de l’endroit où elle était exposée à la salle de communauté, puis au choeur, les soeurs tenant le cierge à la main.
Aujourd’hui, la veille des funérailles, au salon funéraire, il y a une rencontre de prière, rédigée par une soeur; les parents et les amis peuvent y assister.
Depuis 1970, la procession du corps se fait alors que le cercueil est fermé, du parloir à la chapelle. Deux sœurs précèdent et deux suivent le cercueil conduit par du personnel de la maison funéraire, y compris la supérieure locale et des membres du conseil local et de l’administration générale, la famille, les amis et des soeurs. La procession se déroule en silence. Autrefois, pendant les funérailles, la soeur, exposée dans le choeur, échappait à la vue depuis la nef de la chapelle. Ainsi, les membres de la famille étaient disposés dans l’avant-choeur Saint-Joseph, du côté de l’Hôtel-Dieu, pouvant ainsi entrevoir la soeur au travers du grillage. Après la messe, les soeurs descendent à la crypte à partir d’une trappe. Les personnes qui sont dans la chapelle y ont accès, elles, par une porte. À ce moment, les dernières prières ont lieu, dont un chant à la Vierge, tradition maintenue jusqu'à ce jour. Après quoi, seules les soeurs restent pour un dernier rituel. On enlève la planche et l'oreiller qui surélèvent la soeur et on dépose un voile sur le visage de la défunte. Mais, surtout, on remet le chapelet de la soeur à une postulante.
Hier comme aujourd'hui, l'inhumation du corps se fait très rapidement, soit le jour même, soit le lendemain du service funèbre. Selon les Constitutions de 1953, la maison provinciale doit faire dire six messes basses et un trentaine de messes grégoriennes et la maison de la défunte doit célébrer la messe des funérailles et une messe basse lors du premier anniversaire du décès. En 2002, les constitutions stipulent tout simplement que la communauté doit faire célébrer des messes, dont la messe anniversaire. Un des changements majeurs qui surviennent dans le rituel est dû à la réfection de la chapelle en 1967. Alors que l'on abolit le choeur, à partir de ce moment, le service se fait dans la nef de la chapelle. Depuis de nombreuses années, les laïcs sont invités à collationner ou à prendre le repas avec la communauté après le service.
Le cercueil est toujours le même pour toutes les soeurs. Avant les années 1970, il était fabriqué par des employés de la maison. Il est toujours noir. Malgré plusieurs bouleversements, certaines traditions se sont maintenues en ce qui concerne ces rituels. Ainsi, il y a un registre de décès depuis le XVIIe siècle. Il y a aussi le registre officiel des défunts et celui des sépultures dans lesquels on doit inscrire les décès. Un registre des sépultures de la crypte, datant de la fin du XIXe siècle, est encore utilisé.

Apprentissage et transmission


Le décès d'une Hospitalières de Saint-Joseph
© Archives H.S.J., Soumis à copyright

Notre informatrice, de par son expérience de vie dans la communauté depuis 1953, connaît les pratiques funéraires de la communauté. Par ailleurs, elle a su, au fil des ans, comme secrétaire, voir tous les éléments que la pratique implique pour, en 1984, être en charge d’une grande partie du bon déroulement du rituel. Si, pour une raison ou une autre, elle ne peut pas s’occuper de la fonction, une compagne peut la remplacer bien efficacement.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Maison mère des Hospitalières de Saint-Joseph, 251, avenue des Pins Ouest, Montréal, H2W 1R6
Téléphone: 514 844-1022
Site Web: http://www.rhsj.org/

Source

Soeur Lucienne Choquet
Titre, rôle et fonction : Soeur Choquet a commencé au secrétariat général en 1955, en tant que compagne de la secrétaire générale. Elle a été secrétaire et archiviste. En 1983, elle est nommée secrétaire à la maison mère. Elle est toujours assignée à cette tâche.
Lien avec la pratique : En tant que secrétaire, une bonne partie des tâches liées au décès d'une soeur de la communauté lui revient, et ce, de la mort à l'inhumation. Elle doit notamment afficher une annonce indiquant le décès pour les soeurs, compléter le document pour le décès, envoyer les copies officielles, s'occuper des papiers concernant l'inhumation, effectuer la liste des offices de la soeur, préparer un article pour la rubrique nécrologique dans le journal.

Enquêteur : Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 10 mars 2009


Partenaires

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