Le savoir-faire culinaire: À la table des Antoniennes — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit d'objet

Le savoir-faire culinaire: À la table des Antoniennes

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Soeurs Antoniennes de Marie

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique alimentaire (9244).

Historique général


Antoniennes au travail dans la cuisine
© Archives A.M., Soumis à copyright

Le livre de recettes À la table des Antoniennes est un « miroir de ce qu'a été l'Antonienne, parce que plusieurs ont touché à la cuisine...cela faisait partie de notre mission » souligne soeur Boivin.
Lors de la fondation de la communauté, en 1904, les premières soeurs ont déjà une formation en cuisine reçue chez les Ursulines de Roberval. Les recettes recuillies pour la publication font partie du patrimoine culinaire des Antoniennes. De 1904 à 1965, ce savoir-faire est pratiqué dans diverses institutions (séminaires, collèges, scolasticats). À partir de 1965, cela s'effectue également dans les presbytères. Selon soeur Boivin, les recettes sont issues des « cuisines de nos mères , c'est de la cuisine canadienne». De plus, elles sont influencées par des habitudes alimentaires régionales: on y retrouve les grands-pères canadiens, le pouding chômeur, les tourtières, les soupes aux gourganes, le potage de citrouille, la soupe aux huîtres, les aspics au poulet et le gâteau en forme d'agneau, mis en valeur sur la page couverture du livre.
Si, dans un premier temps, ce sont des recettes familiales, régionales et « canadiennes », elles prennent rapidement la couleur de la communauté. D'autres recettes s'ajoutent : on modifie les recettes d'origine, on partage des procédés sur la manières de faire et on développe une cuisine plus raffinée et élaborée pour répondre au goût des prêtres dont on prend soin « du berceau au tombeau », comme le souligne une expression fort répandue chez les Antoniennes.
La première et seule édition de ce livre a été rapidement épuisée. Ce sont les amis, les prêtres, les parents, les anciennes soeurs, les connaissances ainsi que les soeurs elles-mêmes qui se le sont procurés. Ces personnes emploient, depuis lors, ce livre dans leur cuisine. Sa publication a été si populaire qu'« [on] nous en demande encore ». En 2010 pour répondre à la demande, l'ouvrage a été réédité. Il est disponible à la maison mère des Antoniennes.

Description


Antoniennes au travail dans la cuisine, 1991
© Archives A.M., Soumis à copyright

En 2001, le comité organisateur du centième anniversaire des Antoniennes de Marie, qui aura lieu en 2004, décide de publier un livre de recettes. Pour ce faire, « toutes les soeurs ont été contactées », car « toutes les soeurs sont supposées être des cuisinières », sauf exception... De 30 à 40 soeurs proposent leurs recettes. Deux appels sont lancés et on sélectionneles recettes « qui ressemblent le plus aux [recettes des] Antoniennes [...] les plus typiques [...] qui ont été pratiquées ». De ces cueillettes, 176 recettes sont choisies; on y inclut également une suggestion de menu ainsi que des « trucs » culinaires et des préparations de remèdes.
Dans la présentation du livre, on peut lire « [l]a cuisine est un art avec lequel, tôt ou tard, nous sommes invitées à nous familiariser [...] Nos missions antoniennes nous invitant à diriger nos activités dans les séminaires, les presbytères [à partir de 1965], les scolasticats, les grands séminaires, l'occasion était belle et bonne pour développer nos talents car les clients étaient nombreux!!! Aujourd'hui encore, quelques soeurs oeuvrent là où les besoins sont toujours présents. » (p. 3)
Les mets proposés sont subdivisés de la façon suivante : 6 propositions de boisson, 16 pour les entrées et salades, 6 pour les potages et soupes, 9 pour les accompagnements de légumes, 14 pour les sauces et vinaigrettes, 7 pour les plats de poisson, 5 pour les mets aux oeufs, 5 pour les pâtes, 3 pour les sauces à fondue, 13 pour les volailles, 2 pour les abats, 10 pour le boeuf et le veau, 3 pour le porc, 4 pour le jambon, 2 pour l'agneau, 2 pour les cretons, 16 pour les gâteaux, 6 pour les tartes et brioches, 12 pour les biscuits, 8 pour les grands-pères et poudings et 29 pour les confiseries. À titre indicatif, on retrouve au menu, les éléments suivants : le punch du centenaire, le velouté aux betteraves, la soupe aux gourganes, la soupe aux huîtres du dimanche, le gratin aux tomates, l'aspic au thon et au homard, le pâté de saumon, la tarte impossible au bacon, les petits pains délicieux, la recette familiale de perdrix, les patates farcies au poulet, la tourtière du Saguenay, la tourte savoureuse de maman, le gâteau éponge au lait chaud (employé pour faire le gâteau en forme d'agneau lors de la fête du sacerdoce), le gâteau à la diable (une recette du temps de la guerre), la tarte à la pâte de brioche de maman Mélanie, les biscuits aux retailles d'hostie (préparés par les soeurs à même la maison mère), les grands-pères délicieux de mère Marie-du-Calvaire (cofondatrice de la communauté), le sucre à la crème et les délicieux chocolats aux bleuets du Lac-Saint-Jean.
En consultant l'ouvrage, nous constatons la diversité du savoir culinaire antonien ancré dans les traditions saguenéennes. L'appellation des plats révèle que les recettes sont issues de la tradition familiale enrichie d'un savoir-faire antonien. En plus des recettes, nous trouvons dans ce livre des remèdes traditionnels qui nous rappellent que les soeurs, comme nos ancêtres, ont eu pour coutume de se soigner à peu de frais: on y trouve des remèdes maison contre l'arthrose, la grippe et la salmonellose, et pour le coeur, les poumons et les bronches.
Le savoir-faire culinaire des Antoniennes a une grande valeur patrimoniale puisqu'il témoigne d'une pratique liée à la mission de la communauté depuis sa fondation.

Localisation

Municipalité: Ville Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
MRC: Hors MRC
Lieu: Maison mère des Antoniennes de Marie, 927, rue Jacques-Cartier Est, Chicoutimi, G7H 2A3
Téléphone: 418 549-1055
Télécopieur: 418 693-8609
Site Web: http://www.soeursantoniennes.org/

Source

Soeur Lucienne Boivin
Titre, rôle et fonction : En entrant en communauté, soeur Boivin est assignée à la cuisine. Elle est envoyée chez les soeurs de Jésus-Marie à Montréal où elle obtient un diplôme en économie domestique après deux ans de formation. Elle travaille pendant onze ans dans différentes cuisines aux États-Unis.
Lien avec la pratique : Soeur Boivin, comme plusieurs soeurs antoniennes, a été cuisinière. Elle a fait son apprentissage dans sa famille et en cotoyant ses consoeurs. En 2002, elle participera à la réalisation du livre de recettes des Antoniennes de Marie dans le cadre du centième anniversaire de la communauté.

Enquêteurs : Roseline Bouchard, Catherine Gaumond
Date d'entrevue : 10 février 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: