L'enseignement des soins infirmiers des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'enseignement des soins infirmiers des Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Religieuses Hospitalières de Saint-Joseph

Classé sous Organisation religieuse (9200), Personnel religieux (9230), Forme d'apprentissage (9233).

Historique général


Métier de garde-malade
© Archives R.H.S.J., soumis à copyright

L'Hôtel-Dieu de Montréal a été fondé en 1642, par Jeanne Mance, missionnaire laïque. Elle y établit d'abord un dispensaire. L'hôpital sera reconstruit en dehors du fort en 1645. En 1659, Jeanne Mance ira chercher en France trois soeurs hospitalières de Saint-Joseph pour la seconder et établir la communauté à Montréal. Jérôme Le Royer, fondateur des Hospitalières à La Flèche, l'invite à joindre la Société de Notre-Dame de Montréal dans son projet de fonder une colonie sur l'île de Montréal. Il lui demande de s'occuper des « choses du dedans », alors que Paul de Chomedey verra aux « choses du dehors ».

Les soeurs assignées au soin des malades reçoivent une formation à cet effet. Il faut attendre 1901, date de la fondation de l'École des gardes-malades (appelées à former des candidates laïques pour une formation officielle), pour assister à la fondation officielle de l’école Jeanne-Mance de l'Hôtel-Dieu de Montréal. La durée de la formation est de deux ans jusqu'en 1908, puis de trois ans jusqu'à sa fermeture en 1970. En 1963, l'école ouvrira ses portes aux garçons. À compter de la fermeture de l'école, la formation des infirmiers et des infirmières se donnera dans les cégeps. L'école Jeanne-Mance de l'Hôtel-Dieu aura formé 3000 infirmières et 24 infirmiers.

Fidèles à la mission des premières infirmières et de son fondateur, les soins prodigués par les soeurs hospitalières de Saint-Joseph resteront toujours imprégnés de tendresse et de compassion, valeurs qui sauront toucher le corps et l'âme des malades.

Description


Dîplomées de l'Hôtel-Dieu
© Archives R.H.S.J., soumis à copyright

La fonction de l'école Jeanne-Mance de l'Hôtel-Dieu de Montréal est de former des infirmières professionnelles, compétentes et compatissantes. L'enseignement donné à l'école située dans le pavillon Jeanne-Mance concerne le corps et l'âme : les soins sont prodigués avec tendresse et compassion. Le malade est un être global ayant des faiblesses physiques, mais aussi des émotions, des états d’âme. C'est ainsi que, dès leur entrée en communauté, avant même de commencer leur formation comme infirmière, les jeunes soeurs étaient appelées à côtoyer les malades, par exemple en allant donner un coup de main lors des repas du soir. Et pour se mettre dans l'esprit de ce service, avant de franchir la porte de l'hôpital, elles récitaient la prière suivante : « Seigneur, faites que je Vous serve dans la personne des malades avec un coeur attentif, plein de compassion et de charité ». À la fin de la journée, les soeurs se rejoignaient à la chapelle pour la prière de l'office. Mais, avant d'entrer, elles se recueillaient dans l'avant-chœur, afin de préparer leur coeur et leur corps à la prière.

Chaque année, les étudiantes infirmières des diverses écoles se joignaient aux hospitalières et aux étudiantes de l'Hôtel-Dieu pour se rendre au monument érigé à la mémoire de Jeanne Mance, afin de lui rendre hommage, le 17 mai, jour de l’anniversaire de la fondation de l'Hôtel-Dieu et de Montréal. Des discours y étaient prononcés et des fleurs y étaient déposées. Les étudiantes laïques, nouvellement arrivées à l'école, faisaient une probation qui durait trois mois. On les appelait alors « probanistes ». Cette période permettait à l'étudiante d'entrer en contact avec le malade et de lui donner des soins qu'elle maitrisait, grâce à la pratique. Le degré de responsabilité augmentait progressivement et suivait le rythme de la formation. Quand l'étudiante était prête, elle avait la responsabilité de quelques malades : c’est ce qu'on appelait « avoir un service ». La formation durait trois ans. Les cours étaient donnés par des infirmières, des médecins, des psychologues et d’autres professionnels, selon les matières enseignées, afin d'assurer la formation la plus complète possible.

Pendant les dernières années où l'École était ouverte, les étudiantes étaient au nombre de 300 (100 par cohorte). Elles portaient un uniforme blanc et un voile. Une médaille différente les identifiait comme étudiante de 1ère, 2e ou 3e année. Elles étaient pensionnaires et l'École leur offrait les locaux pour leur confort et leur bien-être (salons, gymnase, etc.).

Apprentissage et transmission


Peinture représentant le métier de garde-malade
© IPIR 2009, soumis à copyright

Haut-lieu de transmission, l'école Jeanne-Mance de l'Hôtel-Dieu de Montréal jouissait d'une grande renommée dans le milieu de la santé. Plusieurs membres de diverses congrégations ont été formés par les Hospitalières de Saint-Joseph. Les pensionnaires partageaient leur vie avec les religieuses. Un tel contexte permettait la transmission, même aux laïques, des valeurs vécues par les soeurs hospitalières, valeurs qui allaient au-delà du simple enseignement des techniques infirmières.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Musée des Hospitalières de l'Hôtel-Dieu de Montréal, 251, avenue des Pins Ouest, Montréal, H2W 1R6

Source

Soeur Thérèse Payer
Lien avec la pratique : Soeur Payer a enseigné à l'école Jeanne-Mance de l'Hôtel-Dieu de Montréal pendant neuf ans (de 1953 à 1962). Elle a été directrice des soins pendant huit ans, de 1964 à 1972.

Enquêteurs : Catherine Gaumond, Roseline Bouchard
Date d'entrevue : 9 février 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: