Salim Moghrabi: membre de la communauté juive libanaise — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de vie

Salim Moghrabi: membre de la communauté juive libanaise

Tradition: Judaïsme
Appartenance: Judaïsme (orthodoxe)
Groupe: Sépharade
Paroisse, congrégation ou équivalent: The Spanish & Portuguese Synagogue of Montreal (Montréal)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Laïc (9250).

Description


La synagogue Magen Avraham à Bierut détruite
© Archives Salim Moghrabi, soumis à copyright

Salim Moghrabi a été élevé dans une famille juive sépharade. Son père, commerçant, était aussi mohel, c'est-à-dire qu'il s’occupait des circoncisions. Il a circoncis plus de 2000 juifs.
La présence juive au Liban date des temps bibliques et du roi Salomon, moment où il a construit son temple à Jérusalem, à partir de cèdres du Liban, tel que mentionné dans la Bible. Pour ce qui est de la période moderne, Salim Moghrabi explique que, dès l'indépendance du Liban en 1943, les Juifs ont été bien traités. La communauté juive a été acceptée et elle n’a pas subi de discrimination. Les fêtes juives étaient légales au Liban. Élie Bassal était juif et chef de police à Beirut.
La communauté allait à la synagogue. En été, la communauté juive allait en vacances à la montagne où des synagogues avaient été construites.

Entre 1943 et 1967, tout allait bien. Beirut était le Paris du Moyen-Orient. L'Alliance israélite universelle était bien présente dans l'éducation des jeunes juifs. L'éducation juive était une valeur importante et la communauté fournissait une éducation Talmud Torah aux moins fortunés qui ne pouvaient pas se payer des études privées religieuses.
Selon Salim Moghrabi, les Juifs du Liban étaient des orthodoxes qui vivaient selon la loi juive sans être fanatiques, ni extrémistes. De passage à Beirut en 1925, un riche Irakien a fait construire une grande synagogue en l’honneur de son père, la synagogue Maghen Abraham. Outre cette synagogue, 12 autres synagogues étaient présentes sur le territoire de Beirut. Il y avait aussi un conseil communal juif élu, un mouvement sportif et des organisations médicales et sociales. Les lois du statut personnel au Liban étaient réglées par les communautés, y compris la communauté juive. Les décisions étaient exécutoires par le gouvernement du pays. La guerre qui a eu lieu entre chrétiens, musulmans et Palestiniens entre 1975 et 1977 a mis un terme à tout progrès matériel au Liban. La communauté juive habitait un quartier en plein cœur des combats. Salim Moghrabi a tenté de trouver des moyens pour aider sa communauté en difficulté. La population s’était réfugiée à la synagogue et Salim Moghrabi a réussi à y faire acheminer de la nourriture. En 1976, la famille Moghrabi a quitté le Liban. Après l’entrée d’Israël dans le pays dans les années 1982 et 1983, une grande partie de la population juive du Liban a quitté définitivement le pays. La population juive est passée de 100 000 à 14 000 individus en moins de 20 ans.
Salim Moghrabi était le seul avocat juif du Liban et il a exercé sa profession sans subir de discrimination : « J’étais très respecté et tout le monde savait que j’étais juif ». Salim Moghrabi est arrivé à Montréal avec sa femme et ses cinq enfants. Il a tenté de travailler pour faire vivre sa famille en attendant de retourner au Liban. Lorsqu’il a accepté le fait qu'il n'y retournerait pas, Salim Moghrabi a refait ses études en droit afin de pouvoir exercer comme avocat au Québec. Il a terminé ses études avec succès.
À son arrivée à Montréal, Salim Moghrabi a compris que les Libanais juifs n’étaient pas en mesure de payer pour devenir membre d’une synagogue. Il a alors pris l’initiative de former la Corporation Maghen Abraham (nom de la grande synagogue de Beirut), une institution libanaise pour les Libanais juifs. La communauté a alors pu louer des locaux destinés à la prière collective. Par la suite, les gens de la synagogue Spanish and Portuguese ont accepté de faire une place aux Libanais afin qu’ils puissent prier lors des grandes fêtes de l’année juive. Par la suite, la communauté libanaise s’est graduellement intégrée à la synagogue Spanish and Portuguese. Salim Moghrabi a été membre du conseil d’administration de la synagogue pendant dix ans et il en a été président pendant trois ans. La communauté libanaise de la synagogue comprend environ 125 familles. Comme le mentionne Salim Moghrabi : « Nous ne sommes pas tellement nombreux, mais nous faisons beaucoup de bruit! Nous sommes très attachés à notre religion, à notre communauté et nous faisons de notre mieux ».

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Synagogue Spanish and Portuguese, 4894, avenue Saint-Kevin Ouest, Montréal, H3W 1P2
Téléphone: (514) 737-3695
Télécopieur: (514) 737-7430

Source

Salim Moghrabi
Titre, rôle et fonction : Salim Moghrabi est un des leaders du sous-groupe de juifs libanais de la synagogue.

Enquêteur : Sharon Gubbay Helfer
Date d'entrevue : 18 décembre 2007


Partenaires

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