La Torah — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit d'objet

La Torah

Tradition: Judaïsme
Appartenance: Judaïsme (orthodoxe)
Groupe: Sépharade
Paroisse, congrégation ou équivalent: The Spanish & Portuguese Synagogue of Montreal (Montréal)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Enseignement religieux (9360), Texte religieux (9363).

Historique général


Rabbin Orenstein avec la Torah
© IPIR 2007, soumis à copyright

La Torah est l'objet le plus sacré du judaïsme. Le mot « Torah » peut désigner l'objet, mais la « Torah » (enseignement) représente l'ensemble de vérités et directives divines données au peuple juif au pied du mont Sinaï. Les cinq livres de la Torah (que les Chrétiens appellent l'Ancien Testament) sont produits sous deux formes : des livres et des Sefer Torah. Pour un usage rituel, c'est-à-dire pour les lectures lors des offices, la Torah prend sa forme originelle, soit un parchemin fixé à deux poignées de bois. Sous cette forme, la Torah est appelée « Sefer Torah ».
La synagogue possède plusieurs Torahs. Les deux premières Torahs de la communauté ont été données par la Congrégation hispano-portugaise de Londres en 1768. L'une d’elles est préservée dans la collection judaïque des Archives nationales à Ottawa. L'autre Torah, comme toutes les Torahs usées ne pouvant plus servir, a été soigneusement enterrée, de la même façon qu’un défunt, au cimetière de la synagogue sur le mont Royal.
Au fil des ans, la synagogue s'est dotée de plusieurs autres Torahs, grâce aux donateurs voulant exprimer leur appréciation lors d’un événement spécial. De plus, les Juifs qui ont fui les pays arabes depuis la Deuxième Guerre mondiale ont apporté avec eux la Torah de leur communauté respective.

Description


Morris Zimmelstern avec la couronne
© IPIR 2007, soumis à copyright

Des Torahs ont été produites dans tous les grands centres de la vie juive. La seule condition est qu'il y ait un sofer, un scribe qualifié.
Le Sefer Torah comprend le texte, écrit sur parchemin et attaché aux deux extrémités par des poignées de bois, et une couverture cylindrique, dont le style varie. Le Sefer Torah est souvent orné de plaques ornementales, d'un velours protecteur joliment brodé (style ashkénaze), d'un boîtier (style sépharade) ou parfois de couronnes en argent forgé qui font du Sefer Torah un livre saint, la parole de Dieu. Par-dessus les poignées de bois, on suspend la main (yad) ou le doigt (etzbah), un pointeur en forme de doigt fait en métal ou en bois, qu'on utilise lors de la lecture pour suivre le texte et pour protéger le rouleau.
Principal objet sacré des Juifs, la Torah est le premier objet à être préservé ou sauvé lorsqu’une communauté fait face à des difficultés. Puisqu’il s’agit de la parole de Dieu, le Sefer Torah est considéré comme un être vivant chéri : on le couvre d'ornements, on le porte avec soin et, quand il ne peut plus servir, on l'enterre dans un cimetière juif.
La lecture de la Torah ne peut se faire qu'en présence d'un minyan, un quorum de dix personnes. La Torah est lue les matins du sabbat (samedi) et lors des fêtes, ainsi que le lundi et jeudi matin et le samedi après-midi. On dit qu'il est impossible de vivre plus de trois jours sans eau, alors les Juifs ne peuvent vivre plus de trois jours sans l'eau vitale qu’est la Torah.
Le Sefer Torah est entreposé dans une armoire, le Aron kodesh (Arche Sainte, chez les Ashkénazes) ou Heikhal (Temple, chez les Sépharades). Le retrait du Sefer Torah de l’armoire est considéré comme un honneur pour la personne qui s’en occupe et cette tâche est accompagnée de prières. Une fois retirée de l'armoire, la Torah est portée jusqu'à la Bima (chez les Juifs ashkénazes) ou la Teba (chez les Juifs sépharades), la plate-forme de lecture.
Les cinq livres de Moïse, qui forment la Torah, sont divisés de manière à ce qu’une lecture complète du texte soit effectuée à chaque année au cours de lectures hebdomadaires. Chacune de ces lectures comporte des divisions : lors du sabbat, la lecture est divisée en sept parties et, durant les jours de semaine, la portion lue est plus courte et se divise en trois. La lecture de chaque sous-section est précédée et suivie de bénédictions prononcées par un membre de la communauté qui monte sur la plate-forme. Prononcer ces bénédictions, « recevoir un aliyah », est considéré comme un honneur.
Une des tâches centrales qu'assume la jeune personne en âge de faire sa Bar Mitsva est d'apprendre la façon de lire, ou plutôt de chanter, la Torah. Le chant se fait à partir de petites marques de cantillation (prononciation de la hauteur musicale des voyelles de chaque mot d'un verset) qu'il faut savoir déchiffrer. Les marques de cantillation et de versification sont absentes du Sefer Torah, il faut donc les mémoriser à partir d'un texte imprimé.
La réjouissance de la Torah (Sim'hat Torah) est la fête qui marque la fin du cycle annuel des lectures de la Torah. La veille de la fête, toutes les Torahs de l'Arche Sainte sont sorties et on fait une joyeuse procession de chants et de danses dans la synagogue. Le matin à la synagogue, on enchaîne la lecture de la fin du Deutéronome (cinquième livre de la Torah) avec celle du début de la Genèse (premier livre de la Torah).
Selon la Loi juive, le Sefer Torah est une copie du texte hébreu des cinq livres de Moïse, écrit à la main à l’aide d’une plume, sur du parchemin préparé selon des règles spécifiques. Chaque Torah est unique et chacune possède son histoire. Le parchemin peut être fait à partir de la peau de tout animal kascher : cerf, chèvre, taureau/vache (mais pas de bœuf).

La personne qui écrit les Torahs est un sofer, un scribe, qui doit subir une formation rigoureuse comme apprenti. Il doit connaître les centaines de lois pertinentes. Il doit aussi apprendre à écrire correctement les lettres. Chacune des 304 805 lettres que contient une Torah doit être scrupuleusement reproduite par le sofer dans un processus qui peut durer 18 mois. La moindre erreur lors de l'inscription de ce qu'est la parole de Dieu rend invalide l'entièreté du Sefer Torah. De nos jours, on affirme que changer n'importe quel élément de la Torah serait aussi impensable que de changer un élément de son code génétique!
Les Sefer Torah sont soigneusement conservés. Si on y détecte de l'usure ou un problème, il faut envoyer cette Torah à des experts qui seront en mesure de la remettre en état de perfection rituelle conforme à la loi. On ne jette jamais une Torah. Lorsqu’elle est arrivée à la fin de sa vie, on l'enterre.
La principale signification d'un Sefer Torah est qu’il contient la parole de Dieu, ses enseignements pour le peuple juif. Bien que l'interprétation et que la compréhension du peuple soient constamment en évolution, la vérité éternelle ne change pas. Cela oblige donc le sofer à une extrême vigilance lors de la reproduction du texte afin de n'y apporter aucun changement. La créativité du sofer peut par contre intervenir dans la façon de revêtir la Torah, chose qu'on remarque dans la diversité des Sefer Torah présents dans les Arches Saintes de la synagogue, le grand sanctuaire Mashaal, ainsi qu’à la Iny Chapel et à la salle de prière ashkénaze Chevra Shas.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Synagogue Spanish and Portuguese, 4894, avenue Saint-Kevin Ouest, Montréal, H3W 1P2
Téléphone: (514) 737-3695
Télécopieur: (514) 737-7430
Site Web: http://www.spanishportuguese-mtl.org

Source

Schachar Orenstein
Titre, rôle et fonction : Rabbin adjoint à la synagogue Spanish and Portuguese
Lien avec la pratique : La synagogue Spanish and Portuguese possède plusieurs Torahs.

Enquêteur : Sharon Gubbay Helfer
Date d'entrevue : 15 janvier 2008

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