La spiritualité à la chasse et à la trappe — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La spiritualité à la chasse et à la trappe

Tradition: Spiritualité autochtone
Appartenance: Spiritualité autochtone (Algonquins)
Groupe: La communauté anicinape de Kitcisakik
Paroisse, congrégation ou équivalent: La communauté anicinape de Kitcisakik (Algonquins)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique spirituelle (9330)
et sous Système de croyance (9100), Phénomène naturel et vision du monde (9110), Liée à l’environnement (9113).

Description

La chasse, la pêche et la trappe constituent les activités de subsistance traditionnelles des Anishnabek depuis des temps immémoriaux. Des croyances et des rituels ont ainsi été associés à la chasse dans le but de localiser les gibiers, de recevoir l'aide du Créateur (ou de Dieu chez les catholiques) avant la chasse et de rendre grâce à l'animal ayant donné sa vie pour nourrir le chasseur et sa famille. D'autres pratiques sont aussi effectuées dans le but de souligner certaines valeurs algonquines en rapport à la chasse, telles que consommer le mieux possible le gibier afin de ne rien gaspiller de l'animal et partager la viande entre les membres de la communauté.

Apprentissage et transmission

Jean-Baptiste Gunn a appris de sa grand-mère certains rituels relatifs à la chasse, tels que prier avant chaque séjour pour obtenir une faveur de Dieu et faire des prises abondantes. Peut-être parce que cette approche spirituelle est individuelle, Jean-Baptiste n'a jamais observé ses oncles qui l'accompagnaient prier avant la chasse ou après avoir tué l'animal en signe de remerciement, comme il s'est lui-même mis à le faire quelques années plus tard. La prière une fois le gibier abattu, pratique répandue dans la spiritualité autochtone, a plutôt été adoptée par Jean-Baptiste alors qu'il acquérait progressivement une expérience en tant que chasseur. Les parcours à pied ou sur différentes embarcations, les séjours parfois solitaires en forêt ainsi que les tâches liées au débitage des gros gibiers et leur transport jusqu'au campement ou au village favorisent une réflexion sur la pratique de la chasse. Être chasseur est un métier à part entière et le chasseur développe une relation intime avec la nature. Le gibier est mis à disposition du chasseur. C'est pourquoi il ne faut surtout pas la gaspiller et remercier l'animal qui donne sa vie pour nourrir une famille. Cela fait partie de la philosophie anishnabe.

Il est intéressant de constater que ces rituels relatifs à la chasse sont pratiqués à la fois chez les traditionalistes, pratiquant la spiritualité anishnabe traditionnelle, et chez les catholiques. De nombreux métissages existent d'ailleurs entre les deux religions relativement à la chasse. Par exemple, on remarque une adaptation des chants religieux au mode de vie anishnabe où la chasse et la trappe occupent une place primordiale.

Localisation

Municipalité: Kitcisakik
Région administrative: 08 Abitibi-Témiscamingue
MRC: Hors MRC (autochtones)
Lieu: Kitcisakik, J9T 3A3

Source

Jean-Baptiste Gunn
Titre, rôle et fonction : Membre de la communauté de Kitcisakik
Lien avec la pratique : Jean-Baptiste est reconnu en tant que bon chasseur dans sa communauté.

Enquêteur : Elise Bégin
Date d'entrevue : 9 août 2009


Partenaires

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