Les fermes de la Congrégation de Notre-Dame — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique liée à un savoir-faire

Les fermes de la Congrégation de Notre-Dame

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Congrégation de Notre-Dame

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique coutumière (9242).

Historique général


Les bâtiments de la Maison Saint-Gabriel
© IPIR 2009, soumis à copyright

En 1662, Marguerite Bourgeoys obtient de M. de Maisonneuve une concession à la Pointe-Sainte-Charles. Elle l'agrandit en achetant la terre et la maison en pierres des champs de son voisin, François Le Ber, en les payant par troc en peaux de castor. Avec l'obtention, en 1671, des Lettres patentes de Louis XIV, la Congrégation de Notre-Dame a le droit de s'installer sur l'île de Montréal. La ferme de Pointe-Saint-Charles devient la « mère nourricière » de la congrégation et lui permet de survivre et de se développer. La première école d’enseignement ménager de la Congrégation de Notre-Dame est à la ferme et les Filles du Roy y sont accueillies. Et c'est à la ferme que les gens viennent « demander femme » à Mère Bourgeoys. Pendant trois siècles, la métairie de la Pointe-Saint-Charles a connu plusieurs dénominations : la Ferme Saint-Gabriel, la Ferme de la Congrégation, la Maison de la Providence et aujourd'hui, la Maison Saint-Gabriel. Déclarée monument d'intérêt national en 1965, la ferme est convertie en musée en 1966, à titre de joyau architectural du Régime français en Nouvelle-France et en 2007, lieu historique national du Canada.

Description


Une soeur fermière de la Congrégation de Notre-Dame
© Archives C.N.D., soumis à copyright

En 1668, Catherine Crolo, née à Lauzon, en France, en 1619, et amie de Marguerite Bourgeoys, est la première gérante de la ferme, appelée alors La Providence. Cette première femme entrepreneure de la Nouvelle-France dirige le défrichement, la mise en culture, le fermage et la gestion des récoltes, en accueillant en même temps les Filles du Roy et en assurant leur éducation en vue de leur apprendre à tenir maison. Les produits de la ferme servent premièrement à nourrir les sœurs de la Congrégation qui enseignent à Montréal et dans les faubourgs. D'ailleurs, la première école d’enseignement ménager de la Congrégation de Notre-Dame est à la ferme. En fait, il s’agit de la première école ménagère en Amérique du Nord. Les Filles du Roy y sont accueillies et c'est à la ferme que les gens viennent « demander femme » à Marguerite Bourgeoys. La ferme est immense et connaît une grande variété d'activités : culture des céréales et moisson, culture des légumes et jardinage, élevage, poulailler, etc. Les gens de la région y viennent aussi acheter des produits. La maison de la ferme est la même qu’à l’origine. Elle date du XVIIe siècle, malgré un incendie qu’elle a subi, ayant été restaurée en 1992. Elle a quatre étages en y incluant la cave et le grenier qui font aujourd'hui partie du circuit muséal, les espaces ayant été très peu modifiés et les objets muséaux présents étant originaux. La grange date du XIXe siècle et constitue aujourd'hui un espace réservé surtout aux expositions temporaires et à la boutique du musée.

Apprentissage et transmission


Maison Saint-Gabriel
© IPIR 2009, soumis à copyright

À l'intérieur de l'actuel musée, la cave constitue l'espace réservé à l'exposition des photographies et des objets liés à la vie quotidienne à la ferme et un riche inventaire d'outils agricoles vient illustrer ce que furent les gestes de tous les jours et de toutes les saisons à la ferme. On assure une visite guidée personnalisée à tous les visiteurs, dans le but de « faire parler les objets, de redonner vie à ce lieu de mémoire ». De nos jours, de nouvelles façons de partager l'histoire de ce lieu sont mises en place : expositions, activités culturelles animées, soirées de contes, fêtes avec musique et danse traditionnelle etc. L'objectif est de laisser une mémoire à toutes les générations futures.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Maison Saint-Gabriel, 2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles, Montréal, H3K 2A2
Téléphone: 514 935-8136
Télécopieur: 514 935-5692
Site Web: http://www.maisonsaint-gabriel.qc.ca/

Source

Soeur Madeleine Juneau
Titre, rôle et fonction : Soeur Madeleine Juneau est la directrice de la Maison Saint-Gabriel.
Lien avec la pratique : Soeur Madeleine Juneau est responsable de la mise en valeur du patrimoine lié à la fondation des premières fermes de la Congrégation de Notre-Dame, et ce, dans une perspective moderne de valorisation des objets muséaux en tant que témoins de la vie quotidienne de l'époque.

Enquêteurs : Alina Nogradi, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 29 mai 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: