La gouvernance à la Congrégation de Notre-Dame — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

La gouvernance à la Congrégation de Notre-Dame

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Congrégation de Notre-Dame

Classé sous Organisation religieuse (9200), Fonctionnement (9220), Structure administrative (9213).

Historique général


Première maison-mère
© Archives C.N.D., soumis à copyright

Les origines de la gouvernance à la Congrégation de Notre-Dame sont liées à la vision inédite de Marguerite Bourgeoys sur la vie religieuse en contexte de colonisation d'un nouveau pays : vivre en communauté hors d'un monastère, en portant plutôt le cloître dans son coeur; n'ayant ni voile ni guimpe, mais portant le costume des femmes modestes de l'époque; se consacrer à Dieu par des voeux simples, non solennels; se nourrir d'une spiritualité mariale; se vouer à l'éducation gratuite des filles et des femmes des colons et créer des écoles ambulantes; gagner sa vie par des ouvrages de ses mains; être fille de paroisse et collaborer à l'évangélisation du Nouveau Monde, ériger des lieux de culte à caractère marial. De façon générale, on peut considérer que la gouvernance de la Congrégation de Notre-Dame s'est développée surtout de 1659 à 1700, de 1850 à 1900, et de 1900 à nos jours. Entre 1659 et 1700, il s'agit de mettre les fondements de la gouvernance à la Congrégation de Notre-Dame et de créer ses premières structures administratives et ses premiers règlements. Si, entre 1659 et 1672, il y a dix soeurs venues de France, à partir de 1678 des soeurs québécoises de souche choisissent la congrégation, de sorte qu’en 1701, la communauté compte 54 soeurs et 8 novices. Les règlements d'alors font état d'un conseil formé de la supérieure, de son assistante, d'une dépositaire (trésorière) et d'une maîtresse des novices. La maison mère constitue le siège de ce conseil et demeure jusqu'à nos jours le lieu administratif central de la communauté, de même qu'un lieu de rencontres entre les soeurs, où on conserve l'unité et l'identité spirituelle de la congrégation. Les premières Constitutions furent adoptées en 1698 par Mgr Saint-Vallier, deuxième évêque du Québec, deux ans seulement avant la mort de Marguerite Bourgeoys, car l'Église a difficilement reconnu officiellement le caractère inédit de ce groupe de femmes séculières, leur manque de dots et leur option pour une vie apostolique « voyagère ». Marguerite Bourgeoys exerça le rôle de première supérieure de la communauté. Elle y implanta les directions des premières activités de la future Congrégation de Notre-Dame : l'enseignement aux Indiennes à partir de 1676, au Fort de la Montagne, puis au Sault-au-Récollet de 1701 à 1721, et à Oka, jusque dans les années 1960; la préparation des Filles du Roy pour « tenir maison »; l'enseignement aux enfants pauvres des faubourgs; la construction de lieux de culte, telle la chapelle Notre-Dame de Bon-Secours, ouverte en 1675, la chapelle Notre-Dame de la Victoire, en 1718, et la chapelle Notre-Dame-de-Pitié, en 1856. La gestion matérielle des biens et les règlements administratifs ont eu une importance capitale dans le développement de la communauté, car il fallait se loger, se nourrir, administrer des écoles. Pour ce faire, de nombreuses activités extérieures à la vie religieuse sont adoptées, telle la fondation de fermes et les travaux manuels de toutes sortes. Le développement des relations avec d'autres communautés religieuses et avec les curés et les paroissiens fut vital au début de la Congrégation. Ainsi, les Sulpiciens, devenus les Seigneurs de l'île de Montréal en 1663, eurent un rôle spirituel et financier important pour la petite communauté. Après avoir connu une longue étape de ralentissement entre 1700 et 1840, la Congrégation de Notre-Dame s'est trouvée à un point tournant de son histoire vers 1840, quand l'évêque de Montréal a donné aux autorités de la Congrégation le droit d'avoir plus de 80 soeurs professes. En 1899, la communauté compta 1170 soeurs qui dispensaient l'enseignement dans 122 missions, à 27 092 élèves dans les provinces de Québec, de l'Ontario, des Maritimes, et des États des États-Unis. Plusieurs nouvelles structures organisationnelles ont été mises en place. En 1864, les Constitutions furent changées et le nouveau conseil général fut composé de la supérieure générale, d’une assistante générale, de deux conseillères, d’une maîtresse des novices, d’une maîtresse des études, d’une dépositaire générale, de membres de l'administration locale de la maison mère. Il y eut trois vicariats respectivement à Montréal, à Québec et à Sherbrooke. Désormais, la supérieure, les assistantes et les vicaires prirent le nom de « mère ». 

Description


Deuxième maison-mère
© Archives C.N.D., soumis à copyright


La Congrégation a connu des développements importants sur le plan de la formation religieuse et de la formation des maîtres, avec de nouveaux programmes pédagogiques et la publication de manuels scolaires, l'ouverture d’instituts, de collèges. Les vicariats sont devenus des provinces canoniques. En 1950, année de la béatification de Marguerite Bourgeoys, on dénombrait, depuis la fondation, 5794 soeurs, dont 3264 vivantes, 211 établissements, 10 provinces religieuses disséminées en 29 diocèses. En 1968 et 1969, après le concile de Vatican II, un chapitre général eut lieu. De nouvelles adaptations au renouveau et aux nouvelles réalités internes à la communauté, telle la décroissance du nombre de religieuse, furent nécessaires. Cela eut comme effet de réduire le nombre de provinces canoniques, de fermer des couvents, de s'insérer dans d'autres champs d'action que l'éducation par l'école.


Aujourd'hui, on compte encore 1200 soeurs de la Congrégation de Notre-Dame, présentes sur quatre continents et ayant toujours comme première mission la promotion de l'éducation. 


Apprentissage et transmission


Troisième maison mère
© Archives C.N.D., soumis à copyright Carte postale 4x6 (pouces) .- Sépia .- Construction sur la haute

La gouvernance à la Congrégation de Notre-Dame a toujours été établie par des règlements et textes de Constitution qui ont changé au cours de l'histoire, en fonction des divers événements extérieurs et à l'interne. Les savoir-faire administratifs furent transmis aussi, au sein de la communauté, par une préparation spécifique de plusieurs religieuses aux devoirs de l'administration et de la gestion.


 

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Maison mère de la Congrégation de Notre-Dame, 2330, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, H3H 1G8
Téléphone: 514 931-5891
Site Web: http://www.cnd-m.org

Source

Soeur Thérèse Cloutier
Lien avec la pratique : Depuis son entrée dans la Congrégation de Notre-Dame en 1958, soeur Thérèse Cloutier a occupé plusieurs fonctions administratives importantes au sein de la communauté, au Collège Regina Assumpta de Montréal, au musée de la Maison Saint-Gabriel et pour le Conseil général de la congrégation.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Alina Nogradi
Date d'entrevue : 12 mars 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: