Récit de pratique culturelle

Actions missionnaires de la Congrégation de Notre-Dame : mission au Cameroun

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Congrégation de Notre-Dame

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Prosélytisme (9263).

Historique général


Soeur Solange Monfet
© IPIR 2009, soumis à copyright

En 1970, six religieuses enseignantes de la Congrégation de Notre-Dame sont désignées comme missionnaires pour se rendre au Cameroun. À cette époque, le Cameroun était un pays en plein développement et en continuel changement. À la suite de l'indépendance, l'administration française se retirait peu à peu et laissait la place aux gens du pays. Ce contexte favorisait l'intérêt des jeunes générations pour l'étude et l'éducation en leur donnant accès à des postes en administration, ce qui fait que de nombreuses écoles et universités ont été ouvertes. Plusieurs congrégations canadiennes implantent des missions au Cameroun. Au fil des ans, la Congrégation de Notre-Dame a fondé plusieurs pensionnats pour filles au Cameroun. De plus, elle a développé de nombreux projets sociaux favorisant l'émancipation des femmes camerounaises.

Description

L'arrivée d’enseignantes exclusivement au collège de Makak, au Cameroun, constitue un événement inédit dans l'horizon éducationnel et social du pays, car les professeurs étaient des hommes. De même, les élèves des écoles étaient en majorité des garçons. Dans une classe, sur 40 élèves il y avait seulement quatre ou six filles. Avec l'arrivée des Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame, un pensionnat pour filles ouvre ses portes en 1971, à Makak, ce qui fait qu'un nombre de plus en plus croissant de filles ont accès à l'éducation. Dans ce but précis, les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ont collaboré avec d'autres congrégations religieuses catholiques ou avec des membres de l'Église protestante. À part l'enseignement, les sœurs se sont impliquées dans de nombreux projets sociaux, tel Jeunesse du monde. Dans le cadre de ce projet, on a ramassé des fonds pour la construction, par les élèves, à Mayabat, de cases pour les lépreux.
Au fil des ans, la mission camerounaise de la Congrégation de Notre-Dame a compté au total neuf sœurs travaillant pour le développement des femmes, et ce, dans un milieu encore réticent à cet égard. À partir de 1978, la Congrégation de Notre-Dame s'implique dans le développement de l'enseignement aux femmes dans les écoles de Duvangar, dans l'Extrême-Nord du Cameroun, dans un contexte social très fermé aux droits des femmes. Très peu de filles avaient accès à l'éducation ou les moyens pour poursuivre des études. Pour améliorer cette situation, les sœurs ont ouvert un foyer de jeunes filles, appelé SARÉ, toujours en activité aujourd’hui. En plus de l'enseignement, les sœurs ont initié de nombreux projets sociaux, tel le forage de puits d'eau ou l'installation de moulins dans plusieurs villages de la région afin de répondre aux besoins accrus des femmes sur le plan de l'économie familiale. De même, les sœurs ont appris aux femmes camerounaises à ouvrir et à gérer des petites coopératives, dont les bénéfices pouvaient aider à la scolarisation de leurs enfants. Les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame ont aussi travaillé dans les séminaires de différentes villes du Cameroun afin de sensibiliser ce milieu à la capacité des femmes à assumer des responsabilités sur plusieurs plans de la vie religieuse et socio-économique du pays.
En 1997, les sœurs ouvrent un postulat pour les femmes camerounaises aspirant à devenir des religieuses. De nos jours, beaucoup d'entre elles ont obtenu des postes de responsabilité dans le système local d'enseignement. La mission camerounaise compte aujourd'hui sept professes, deux postulantes, plusieurs novices et cinq aspirantes. La formation du pré-noviciat se fait actuellement à Kumbo et elle est donnée par plusieurs sœurs de la Congrégation provenant du Canada français ou anglais. Dans l'espace de la mission, la rencontre des femmes provenant de cultures différentes et ayant en commun l'aspiration à la vie religieuse pose plusieurs problèmes d'adaptation réciproque. Cependant, la vie en commun incite à l'ouverture des esprits et aujourd'hui bon nombre de femmes camerounaises sont devenues des associées de la Congrégation.

Apprentissage et transmission

La transmission de la vision religieuse de Marguerite Bourgeoys s'est faite, au fil du temps, à travers les différentes étapes de l'entrée dans la communauté (postulat, noviciat, etc.). De même, elle s'est fait connaître par la pratique de l'enseignement, transmise et apprise officiellement par les formations des enseignants en activité. Enfin, les activités missionnaires ont été complétées par des actions modernes de connaissance de la vie d'une femme consacrée dans la vie au service de l'Église et du monde et par la prise de conscience des membres de la congrégation quant à la nécessité de transmettre leur patrimoine par des moyens de communication moderne, tels que proposés par l'Inventaire du patrimoine immatériel religieux du Québec (IPIR).

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Hors MRC
Lieu: Maison mère de la Congrégation de Notre-Dame, 2330, rue Sherbrooke Ouest, Montréal, H3H 1G8
Téléphone: 514 931-5891
Site Web: http://www.cnd-m.org

Source

Soeur Solange Monfet
Titre, rôle et fonction : Soeur Solange Monfet a été missionnaire de la Congrégation de Notre-Dame au Cameroun entre 1970 et 2008.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Alina Nogradi
Date d'entrevue : 20 avril 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: