Pannikhide, le culte des morts — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Pannikhide, le culte des morts

Tradition: Christianisme
Appartenance: Orthodoxie (chalcédonienne)
Groupe: Église Orthodoxe d'Amérique / Orthodox Church in America
Diocèse, association ou regroupement: Archevêché du Canada / Archdiocese of Canada
Paroisse, congrégation ou équivalent: Saints Peter & St. Paul Sobor / Cathédrale des Saints Pierre et Paul (Montréal)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique rituelle (9320), Rite de passage (9321).

Historique général


Des croyants attendent le début de la pannikhide à l'intérieur de la Cathédrale Saint-Pierre et Saint-Paul à Montréal
© IPIR 2007, soumis à copyright

Initialement, la pannikhide était une veillée de prière avant l'inhumation. Le nom du rituel vient du mot grec pannihis (nuit entière). Il signifie veillée ou prière de nuit. De nos jours, la pannikhide remplace les anciennes prières qui duraient toute la nuit et qui se célébraient dans les églises, à la veille des grandes fêtes dédiées aux morts ou dans les maisons, avant les funérailles.

Description


La table de la pannikhide, lieu de déroulement du cérémoniel pour les défunts
© IPIR 2007, soumis à copyright

La pannikhide est une courte célébration liturgique commémorant les défunts, souvent célébrée entre le décès et les funérailles et aussi après les funérailles. Ce rituel fait partie des célébrations dont le dessein est d'aider l'âme du défunt à partir dans l'au-delà.


La pannikhide célébrée trois jours après les funérailles est une célébration de la Sainte Trinité qui rappelle la résurrection de Jésus-Christ le troisième jour après Pâques. La pannikhide de neuf jours est destinée à aider l'âme du défunt à aller au-delà des neuf groupes d'anges. Elle rappelle aussi la 9e heure quand Jésus-Christ promet au larron de l'amener au paradis. La pannikhide du 40e jour rappelle l'Ascension de Jésus-Christ le 40e jour après Pâques. Les pannihkides des 3e, 6e et 9e mois et d'un an sont dédiées à la Sainte Trinité et rappellent les temps anciens quand on célébrait, chaque année, le jour de la mort des martyrs et des saints comme jour de leur naissance dans le monde de l'au-delà. La pannikhide de la 7e année est la dernière du cycle des célébrations funèbres. Le chiffre 7 symbolise les jours de la Genèse. On considère que c'est après sept ans seulement que le corps est totalement éloigné de la terre. Après sept ans, les familles peuvent demander au prêtre d'officier des pannikhides à la mémoire des parents décédés. Le cycle des pannikhides est obligatoire. Sinon, on suppose que le passage de l'âme du défunt dans l'au-delà sera difficile.


Le rituel de la pannikhide est court, entre 20 et 25 minutes. Par exemple, pour une pannikhide du 40e jour, la famille du défunt et le prêtre prient pour demander à Dieu le pardon des péchés du défunt. La famille apporte la coliva (colybe), un plat préparé uniquement pour les rites funéraires. Durant la célébration, une chandelle allumée est mise sur la coliva. Chaque membre de la famille tient aussi une chandelle allumée. Le prêtre officie la pannikhide et bénit la famille et la coliva avec l'encens. Il utilise aussi de l'eau sanctifiée pour bénir les objets, le plat et les gens qui participent au rituel. La pannikhide est célébrée devant la croix du calvaire placée dans la nef, à gauche. Notre Seigneur crucifié est accompagné de la Mère de Dieu à sa droite et de saint Jean à gauche. Sous la croix, la famille dépose la coliva avec la chandelle allumée sur une table prévue à cet effet. À côté, on a déposé un encensoir. À l'aide d'une cuillère, le prêtre prend l'encens et répand la fumée devant la table et la croix, parmi les membres de la famille, afin de bénir la coliva.


Ensuite, la famille du défunt va au cimetière et entre à la maison où on partage la coliva. Les membres de la famille partagent alors un repas. La chandelle allumée sur la coliva durant la célébration à l'église est rallumée et brûle jusqu'à la fin du repas.
Souvent, les Russes célèbrent la pannikhide pour des parents enterrés dans le pays d'origine. Alors, après la célébration, la famille va directement à la maison où se consomme la coliva à la mémoire du défunt.
La pannikhide est un rituel encore très pratiqué. C'est la seule façon de maintenir la relation avec les parents décédés et d'honorer leur mémoire.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
MRC: Communauté métropolitaine de Montréal
Lieu: Cathédrale des Saints Pierre et Paul, 1175, rue de Champlain, Montréal, H2L 2R7
Téléphone: 514 522-2801
Télécopieur: 514 523-1011
Site Web: http://www.peterpaul.sobor.ca

Source

Anatoly Melnik
Titre, rôle et fonction : Anatoly Melnik est archiprêtre de la paroisse Saint-Pierre et Saint-Paul de Montréal.

Enquêteurs : Iurie Stamati, Daniela Moisa
Date d'entrevue : 8 octobre 2007

Fiches associées

  • La colybe : plat rituel (coliva) dans l'Église orthodoxe

    La colybe est faite à la maison par les membres de la famille du défunt. Elle se prépare en deux temps. La cuisson du blé est faite le soir et la préparation de la colybe a lieu le lendemain, jour d'offrandes à l'église ou pannikhide. Le soir, [...]

Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: