Les missions en Amérique latine des Augustines de Chicoutimi — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les missions en Amérique latine des Augustines de Chicoutimi

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Augustines de la Miséricorde de Jésus

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Prosélytisme (9263).

Historique général


Augustines avec des enfants en Amérique latine
© Archives A.M.J.C., soumis à copyright

Le 24 mai 1884, cinq Augustines de l'Hôpital-Général de Québec viennent prendre en charge l'Hôpital de Marine de Chicoutimi, construit entre 1882 et 1883 à la suite de pourparlers entre Mgr Dominique Racine et les gouvernements fédéral et provincial. Mère Saint-Gabriel, Mère Marie-des-Anges, Mère Saint-Elzéar, Mère Saint-Léandre et Mère Saint-André-Bobola reçoivent ainsi le titre de fondatrices du monastère des Augustines de Chicoutimi.
Si les Augustines de Chicoutimi ont consacré leur temps et leur vie à mettre sur pied l'Hôtel-Dieu Saint-Vallier de Chicoutimi et si elles ont contribué à son développement, elles ont néanmoins accordé une place importante aux institutions qu’elles avaient fondées, à Roberval en 1918, à Jonquière en 1955 et à Dolbeau en 1955. Elles se sont aussi consacrées à leurs activités missionnaires, soit à Tripoli au Liban en 1964, à Zahlé en 1970, en Haïti en 1984, au Paraguay en 1991 et en République dominicaine en 1999.

Description


Les Augustines en Amérique latine
© Archives A.M.J.C., soumis à copyright

Les activités missionnaires des Augustines ont eu pour but d'intervenir pour améliorer la qualité de vie de la population de pays dits économiquement pauvres ou sous-développés. En général, les Augustines partaient en petits groupes de trois ou cinq sœurs, en provenance des monastères des Augustines de Chicoutimi, de Roberval ou de Québec. Elles étaient alors accompagnées par quelques stagiaires. Sœur Laura Beaulieu, soeur Marielle Roy, soeur Rose Fleury, soeur Blandine Tremblay, soeur Fleurette Tremblay, soeur Angèle Bergeron, soeur Thérèse Guillemette et soeur Marie-Anne Lapointe, entre autres, sont parties quant à elles de Chicoutimi pour participer aux diverses missions.
En Haïti, les sœurs ont fait une intervention à l'Île de la Tortue. De plus, elles ont exercé une activité d'une durée de sept ans à la Vallée-de-Jacmel, où elles ont travaillé à moderniser l'hôpital construit par des Québécois de Lévis en collaboration avec la population locale. Dans cet hôpital, les sœurs missionnaires ont mis au point une maternité et une pouponnière. Elles ont aussi eu à équiper les chambres destinées aux femmes, aux hommes et aux enfants avec du mobilier et des instruments médicaux fournis par Collaboration santé internationale. Les soins médicaux qu’elles y ont accordés ont acquis une bonne renommée au sein de la population haïtienne, peu habituée à avoir accès au milieu hospitalier.
La première mission au Paraguay, accomplie depuis les années 1960, a eu comme premier but l'ouverture d'un centre d'alphabétisation pour femmes. D'autres projets axés sur l'amélioration de la qualité de vie de divers villageois paraguayens ont été mis en place. Ainsi, épaulés par des sœurs, de jeunes Québécois ont été impliqués dans la construction de 14 latrines à Coronel O Viedo, ou dans l'installation de l'électricité et de l'eau courante dans d'autres villages. En 2001, ils se sont impliqués dans la modernisation d'un dispensaire à Luque, ville voisine d'Asuncion, toujours au Paraguay. Les religieuses ont également ouvert un noviciat, où des Augustines de Roberval sont encore présentes, en 2010, auprès de novices issues de la population locale. Entre 1999 et 2002, les Augustines de Chicoutimi, accompagnées de trois stagiaires, ont exercé une activité missionnaire en République Dominicaine, où elles ont ouvert, en collaboration avec les Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur et les prêtres locaux, un centre d'éducation pour enfants en difficulté. Installé dans une ancienne église catholique, le centre est doté d’un personnel spécialisé, y compris un psychologue, un travailleur social et un médecin. Toujours en activité, le centre est actuellement sous la responsabilité des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur. Il a un impact important sur l'amélioration de la vie d’enfants en difficulté, généralement rejetés et marginalisés par leur milieu social.

Apprentissage et transmission


Soeur Blandine Tremblay
© IPIR 2009, soumis à copyright

L'œuvre missionnaire fait partie intégrante du volet axé sur l’action des communautés des Augustines de Québec et il correspond aussi au charisme de la miséricorde accordée aux malades et aux pauvres. Si ces préceptes théoriques sont déjà transmis durant les étapes d'entrée en communauté, les savoir-faire et les pratiques connexes tiennent de l'immersion directe dans le milieu missionnaire, accompagné parfois d'un stage préparatoire d'immersion linguistique. Ayant participé aux activités missionnaires, les sœurs ont transmis, à leur tour, leurs connaissances et leurs expériences à de jeunes stagiaires québécois, qui ont voulu participer à leurs divers projets.

Localisation

Municipalité: Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
MRC: Hors MRC
Lieu: Monastère des Augustines de Chicoutimi, 225, rue Saint-Vallier, Chicoutimi, G7H 5H6
Téléphone: 418 549-7750
Site Web: http://www.augustines.ca

Source

Sœurs Blandine Tremblay, Fleurette Tremblay et Marie-Anne Lapointe
Lien avec la pratique : Entre 1997 et 2002, soeur Blandine Tremblay est missionnaire en Amérique latine, notamment en République dominicaine. En 1993, soeur Fleurette Tremblay part comme missionnaire en Haïti pour une période de sept ans et en 2001 elle se rend au Paraguay pour trois ans. Soeur Marie-Anne Lapointe oeuvrera comme missionnaire au Paraguay en 1997 et, en 1999, elle est missionnaire en République dominicaine pendant trois ans.

Enquêteurs : Alina Nogradi, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 25 mars 2009, 4 mai 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: