Les usages cultuels des vêtements liturgiques catholiques — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Les usages cultuels des vêtements liturgiques catholiques

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse Ste-Anne-de-la-Pocatière
Paroisse, congrégation ou équivalent: Saint-Jean-Baptiste (Saint-Jean-Port-Joli)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243).

Historique général


L'abbé Luc Deschênes portant les vêtements sacerdotaux
© IPIR 2010, soumis à copyright

Les usages cultuels des vêtements liturgiques dans le christianisme remontent à la fin du premier millénaire. Durant les liturgies des premiers siècles chrétiens, les vêtements liturgiques étaient très peu différents des vêtements laïcs ordinaires. Toutefois, les principales pièces vestimentaires utilisées dans la liturgie chrétienne furent inspirées des vêtements laïcs spécifiques à l'Antiquité romaine. Ce n'est qu'à partir du VIIIe siècle que des distinctions entre le vestiaire liturgique de la chrétienté orientale et celui de la chrétienté occidentale apparaissent.
Dans l'Église catholique, on assiste, à partir du XIIIe siècle, à des changements importants sur les plans des textiles et des formes des vêtements liturgiques. L'usage de lourdes et riches étoffes a imposé de nombreuses modifications dans la forme de certaines pièces vestimentaires, qui sont devenues moins amples et plus stylisées.
Au Québec, les vêtements liturgiques ont respecté les règles générales imposées par Rome, mais ont développé certaines particularités locales. Avec le Concile de Vatican II, en 1963, plusieurs vêtements sacerdotaux, tel le manipule, disparaissent de la paramentique (l'ensemble des vêtements et accessoires utilisés dans les liturgies religieuses).

Description


La chape portée par l'abbé Luc Deschênes
© IPIR 2010 soumis à copyright

Le costume liturgique d'avant le Concile de Vatican II se composait de plusieurs pièces vestimentaires. D'abord, l'aube blanche était faite en toile de lin ou de chanvre, décorée de dentelle ou de tulle brodé à la partie inférieure et au bas des manches. L'aube était retenue avec un cingulum (cordon d'aube) et elle était complétée par l'amict, un rectangle de toile muni de deux rubans croisés sur la poitrine, en dessous de l'aube. L'amict était porté autour du cou pour mieux fixer l'aube et pour la protéger du contact avec la nuque. Par dessus l'aube, pour l'eucharistie, on portait la chasuble - vêtement de célébration ouvert sur les côtés et enfilé par la tête, ayant de lointaines origines romaines. Avant de revêtir la chasuble, il y avait une étole, soit une longue bande d'étoffe, de la même couleur que la chasuble. L'étole était une pièce vestimentaire liée symboliquement à l'autorité ; elle signifiait que le prêtre était un représentant de l'autorité divine. Au bras gauche, il y avait des manipules, ce qui désignait que le prêtre donnait un "service" dans l'église. On portait aussi des chapes, de larges vêtements liturgiques posés sur les épaules et fermés sur la poitrine par une attache (fermail). Les chapes étaient souvent brodés au dos.
Durant les grandes cérémonies, les diacres qui accompagnaient les prêtres portaient leur vêtement spécifique, appelé la dalmatique. Il s'agit d'une tunique courte fendue sur les côtés et munie de courtes manches rectangulaires. D'autres textiles spécifiques étaient utilisés pendant la liturgie, tel le voile de calice, une étoffe destinée à couvrir le calice et la patène ; la canopée, un voile qui enveloppait le devant du tabernacle ou le purificatoire, un linge rectangulaire utilisé par le prêtre après la communion.
Une symbolique particulière est attribuée à l'usage des couleurs dans la confection des vêtements liturgiques. Le doré est la couleur la plus solennelle, utilisée à l'occasion de la fête du Saint-Sacrement, de la fête de Noël et de l'Épiphanie. Le noir était la couleur appropriée pour les funérailles. Le violet servait surtout à marquer le temps du carême, du silence, du jeûne, de la pénitence. Le blanc servait lors de toutes les cérémonies et pouvait remplacer toutes les autres couleurs. Le vert était la couleur de l'espérance et elle était utilisée surtout pendant les "dimanches verts" d'après la Pentecôte. Le rose était très rarement utilisé, il l'était par exemple le troisième dimanche de l'avent et le quatrième dimanche du carême. Le rouge était réservé à la fête des Martyrs et au Vendredi saint, il symbolisait le feu de l'esprit et de l'amour du Christ.
Les vêtements liturgiques étaient ornés d'éléments symboliques tels des portraits saints, des croix, des épis de blé, des vignes, des agneaux, des pélicans nourrissant leur progéniture, etc.

Apprentissage et transmission


Vêtement liturgique. Détail
© IPIR 2010- soumis à copyright

Les consignes liées aux usages cultuels des vêtements liturgiques de l'Église catholique étaient établies par Rome et imposées de manière uniforme à toutes les églises. Des règlements stricts étaient à l'origine de ces usages, règlements qui, après le Concile de Vatican II, en 1963, sont devenus moins rigides.

Localisation

Municipalité: Saint-Jean-Port-Joli
Région administrative: 12 Chaudière-Appalaches
MRC: L'Islet
Lieu: Église paroissiale de Saint-Jean-Port-Joli, 1, Place de l'église, Saint-Jean-Port-Joli, G0R 3G0
Téléphone: 418-598-3023
Télécopieur: 418-598-3282
Site Web: http://www.eglisesaint-jean-port-joli.com

Source

Abbé Luc Deschênes
Titre, rôle et fonction : L'abbé Luc Deschênes a revêtu la soutane noire en 1949. Il a été ordonné prêtre en 1953. Il a travaillé pendant 21 ans comme éducateur au Collège de Sainte-Anne-de-La-Pocatière et a été curé à Saint-Pamphile, Saint-Omer et à L'Islet. Présentement, il travaille en collaboration avec le curé Michel Talbot dans son village natal, Saint-Jean-Port-Joli.

Enquêteurs : Louise Saint-Pierre, Imre Nogradi
Date d'entrevue : 15 janvier 2010


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