Les fêtes communautaires chez les Augustines — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les fêtes communautaires chez les Augustines

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Augustines de la Miséricorde de Jésus

Classé sous Organisation religieuse (9200), Temps religieux (9280), Fête communautaire (9284).

Historique général


La fête communautaire chez les Augustines
© Fonds Jean Simard, Archives de folklore de l'Université Laval, soumis à copyright

De par leur vocation religieuse, les augustines sont en quelque sorte, toujours en mode « célébration » mais au sens religieux du terme. La fête a pour but de rompre avec le quotidien. Et tout comme le quotidien au monastère, elle est réglée. Chez les augustines, il y a deux sortes de fêtes: celles qui dépendent du calendrier liturgique et d'autres qui célèbrent des personnes ou des événements communautaires. Les dernières, comme la fête de la supérieure, les jubilés d'argent et d'or, sont avant tout l'occasion de réjouissances communes; les premières sont d'abord des célébrations religieuses mais elles sont parfois complétées d'agapes communautaires. Le cycle de la naissance et de la mort de Jésus-Christ en constituent les moments forts. (Simard: 1999:271)

Description


La fête communautaire
© Fonds Jean Simard, Archives de folklore de l'Université Laval, soumis à copyright

Le calendrier liturgique commence avec la période de l'Avent, le quatrième dimanche avant Noël. Les religieuses se préparent alors à la fête de Noël. À l'époque de la clôture, les novices utilisaient l'après-midi du dimanche pour écrire leurs vœux. Le 25 décembre était célébré en silence, la messe de minuit était chantée en grégorien avec, parfois, des cantiques de Noël. Les novices préparaient la crèche. Après la messe de minuit, les professes se rendaient au noviciat pour y chanter le salut à l'Enfant Jésus. Ensuite les religieuses allaient au réfectoire pour collationner en silence: bouillon, biscuits et bonbons. (...) Ce jour -la il y avait du parloir et elles avaient droit à un dessert au dîner: « (...) une pomme verte à notre place au réfectoire. Elle n'était pas dans un panier pour qu'on aille le chercher, elle était sur notre table. C'était notre dessert». 


La Fêtes des Innocents (le 28 décembre), célébrait les novices et était empreinte de gaieté. On servait le souper au noviciat et les professes préparaient des cadeaux: « Une fois, elles avaient confectionné de beaux petits sabots bien travaillés». On montait aussi des saynètes. (...) Le 1er janvier était consacré aux visites protocolaires qui se prolongeaient jusqu'à la fête des Rois, le 6 janvier (médecins de l'hôpital, l'évêque, le curé de la paroisse, le supérieur du Séminaire). Le 6 janvier, les médecins recevaient une galette des Rois. À la Chandeleur (2 février) fête de la lumière, les religieuses faisaient une procession aux flambeaux: « La communauté se réunissait à l'extérieur de la chapelle, dans la grande salle. Chacune avait un cierge, le prêtre venait avec ses acolytes et la croix, il bénissait les cierges et récitait les prières de l'office. Ensuite, tous et toutes partaient en procession en chantant pour se rendre au choeur où on éteignait nos cierges pour les rallumer à l'Évangile.».


Pendant la carême, les religieuses faisaient pénitence (...) mais pratiquaient le jeûne sur une base volontaire. Les activités de la semaine sainte étaient denses: « plusieurs offices, récitation du bréviaire, messes solennelles, etc. Avant le souper du vendredi saint, douze apôtres étaient choisis parmi les postulantes pour le lavement des pieds. Le souper se prenait à genoux pour faire pénitence. Le dimanche de Pâques contrastait évidemment beaucoup avec les jours et les semaines qui l'avaient précédé. C'était un jour de grandes réjouissances (...) surtout à l'occasion des repas: « (...) des fantaisies, des petits oeufs de Pâques pour tout le monde, en blanc-manger, en gélatine ou en je-ne-sais-pas-trop-quoi». Le soir, il y avait des activités (...) notamment du théatre. 


Le 8 mai, fête de la Sainte-Croix,(...) c'est la fête de la bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin, célébrée par une messe solonnelle à 19h30. Jusqu'au dernier concile, le 8 mai était surtout consacré à la réception des postulantes (...). En juin, la communauté célébrait la Fête-Dieu par une procession au jardin avec récitation du chapelet, office, bréviaire chanté et messe solennelle. Le 15 août était réservé aux novices puisque c'était la fête de saint Stanislas Kostka, patron des novices. « On s'en donnait: sauter, courir, chanter, jouer de la musique, du piano » et on chantait Saint Stanislas, doux patron des novices. 


Le 28 août, fête de Saint Augustin, dont la Règle fonde la vie des religieuses, on célèbre un grand office et une messe en grégorien tandis qu'au repas on consommait vin et dessert. Des tables étaient alors dressées au jardin. Le premier vendredi d'octobre, c'est la messe de réparation au « crucifix outragé ». Célébrée devant le reliquaire, la messe évoque l'outrage perpétré par un avocat de Montréal en 1742. Le 21 novembre est réservé pour le renouvellement des voeux des augustines à l'occasion de la fête de la Présentation de Marie au Temple.

Apprentissage et transmission

Les augustines d'aujourd'hui vivent la fête (de Noël) en s'échangeant des cadeaux autour du sapin décoré. Chacune reçoit le calendrier de leur bienheureuse Marie-Catherine de Saint-Augustin. (Simard:1999:272) Pour telle fête il y avait récréation , pour telle autre c'était du théatre. Il y avait du spécial au menu mais pas n'importe lequel: le jour de la prise d'habit on servait des confitures avec des croquignoles, à la Pentecôte c'était de la charlotte russe, le dimanche des rameaux on mangeait de la crème brûlée, (...). (Simard:1999:271).

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
MRC: Communauté métropolitaine de Québec
Lieu: Québec, 32, rue Charlevoix, Québec, G1R 5C4
Téléphone: (418) 692-2492

Source

Religieuses du Monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec.

Enquêteur : Groupe d'étudiants sous la direction de Jean Simard

Photos


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