L'Entraide du faubourg et le Café Passe-Temps — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'Entraide du faubourg et le Café Passe-Temps

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Soeur Yolande Lachance, créatrice de l'Entraide du faubourg
© IPIR, 2009, soumis à copyright

Jusqu'à la fin des années 60, les soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier oeuvraient essentiellement dans le domaine de l'enseignement. Puisque l'État s'occupe désormais de l'enseignement, plusieurs soeurs se sont impliquées ailleurs, notamment dans les domaines paroissial et pastoral. À l'écoute de leur charisme, qui consiste à agir pour l'unité des hommes et là où il y a des besoins, certaines d'entre elles ont créé leur propre oeuvre, financée en collaboration avec d'autres communautés.


L'Entraide du faubourg en est un exemple, fondé en 1979. Alors qu'elle faisait partie du Conseil paroissial de pastorale, soeur Yolande Lachance a constaté la solitude et la misère de personnes âgées vivant dans le quartier Saint-Jean-Baptiste, elle a alors décidé de créer l'Entraide du faubourg. Cette oeuvre rejoint la mission initiale d'enseignement attribuée à la communauté, car leur premier service consistait à donner des cours de cuisine aux personnes âgées. De plus, cette oeuvre travaille aussi à rétablir la justice sociale. En effet, à cette époque, beaucoup de personnes considérées comme aptes à travailler par le système d'aide sociale ne pouvaient bénéficier d'aide gouvernementale.

Description


Coordinatrice de l'Entraide du faubourg
© IPIR, 2009, soumis à copyright

La première activité tenue par l'Entraide du faubourg fut la publication d'un feuillet informatif destiné aux personnes âgées afin de les tenir informés des activités dans la paroisse. Avec l'aide du curé, l'équipe de religieuses formée autour de cette initiative a pu recruter 25 bénévoles pour développer des services aux personnes âgées. De là est née la «popote roulante», un service communautaire où les bénévoles préparaient et apportaient des repas trois fois par semaine aux personnes âgées. Constatant que beaucoup de personnes âgées ne savaient pas cuisiner, soeur Yolande Lachance propose alors des cours de cuisine. Pour rompre la solitude des personnes isolées, Soeur Édith Blais crée le Café Passe-temps, où les personnes peuvent prendre un café et participer à des activités de groupes, comme des jeux de mots, des énigmes, des séances de danse, etc. Des déjeuners-causeries sont aussi organisées. Ils sont aussi l'occasion de séances d'information par un spécialiste (ophtalmologiste, pompier, avocat, etc.).

Au début, les soeurs organisaient ces activités dans un petit local sur la rue d'Aiguillon. L'endroit étant devenu trop petit, les Soeurs de la Charité de Nicolet, les Soeurs de l'Assomption et les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier se sont associées pour acheter la maison des parents du curé, bâtiment qui était à vendre sur la rue Saint-Jean, en face de l'église. Pour assurer la survie de l'oeuvre, le ministère de la Santé et des Services sociaux fournit annuellement une subvention. Des dons supplémentaires proviennent d'associations religieuses et de caisses populaires.

L'Entraide fonctionne toujours grâce à un grand nombre de bénévoles, mais aussi grâce à quelques salariés, tels une directrice générale, deux coordonnatrices, une animatrice et un cuisinier. Économe générale de l'organisme pendant 12 ans, soeur Yolande Lachance apporte encore son aide à la comptabilité et elle siège toujours au conseil d'administration. Le lundi ou le jeudi, au Café Passe-temps, les religieuses participent aux activités d'animation. Pendant la période de Noël, elles demandent aux participants de développer une réflexion sur un thème particulier.

L'esprit chrétien qui a généré l'Entraide du faubourg reste bien présent. L'écoute et le respect des gens demeurent des valeurs fondamentales pour l'équipe d'animation et de coordination des activités.

Apprentissage et transmission


Brenda Ouellet est animatrice à l'Entraide du faubourg
© IPIR, 2009, soumis à copyright

Même si la présence des religieuses reste perceptible, elle tend à s'amoindrir. Certains retraités, anciennement fonctionnaires, entrent dans le conseil d'administration. Ils apportent une nouvelle culture du travail dans l'organisme. Comme l'organisme devient plus important et plus structuré, l'équipe doit apprendre et s'adapter à des pratiques de gestion du personnel plus normées, plus conventionnelles. Même si une partie du financement provient des religieuses, l'organisme se maintient principalement grâce à une subvention gouvernementale et une aide des caisses populaires. Le mode de fonctionnement de l'organisme reste cependant familial et très humain. Puisqu'il s'agit d'un organisme communautaire, le travail des salariés reste très axé sur l'entraide et la solidarité.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Maison mère de la communauté des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Vallier, 560, chemin Sainte-Foy, Québec, G1S 2J6
Téléphone: 418 681 7361
Télécopieur: 418 681 7364
Site Web: http://www.saint-joseph-fed.org/ssj_st_vallier.htm

Source

Soeur Yolande Lachance
Lien avec la pratique : Elle a fondée l'Entraide du faubourg en 1979. En 2010, elle siégeait toujours au conseil d'administration de l'organisme.

Enquêteurs : Marie Renier, Daniela Moisa
Date d'entrevue : 5 mai 2010


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: