Le corridor de pierre du Monastère des Ursulines de Québec — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de lieu

Le corridor de pierre du Monastère des Ursulines de Québec

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Ursulines de l'Union canadienne

Classé sous Organisation religieuse (9200), Espace religieux (9270), Édifice religieux (9272).

Historique général


Une soeur converse emprunte le corridor de pierre
© Archives des Ursulines de Québec, soumis à copyright

L'Aile Sainte-Famille a été ajouté au monastère des Ursulines en 1686 afin de répondre aux besoins grandissants de la communauté. Dès sa construction, il est devenu un lieu important pour les religieuses qui y ont trouvé refuge après l'incendie qui a ravagé le premier édifice construit sous les soins de Marie de l'Incarnation. C'est au rez-de-chaussée de cette aile que le fameux corridor vouté au dallage de pierrre d'ardoise est situé.


De 1756 à 1763, durant la Conquête, le corridor qui traverse le bâtiment est devenu un lieu de cohabitation pour les sœurs et les soldats britanniques qui avaient fait du Monastère leur quartier général. Passage d'un côté à l'autre du Monastère, le corridor est aussi un espace où les sœurs effectuent de nombreuses tâches communautaires comme le lavage, le pliage et le repassage des vêtements.

Description


Corridor de pierre avec 2 religieuses
© Copyright, IPIR, 2008

Le corridor de pierre est un lieu de passage central dans le Monastère des Ursulines. Il traverse l'Aile Sainte-Famille et la relie à la partie plus ancienne du Monastère. Il permet de rejoindre la chapelle, l'école et le musée, en plus d’abriter la buanderie. 


D'une longueur de 120 pieds par 6 pieds de largeur, le corridor est divisé en deux parties. La première partie comporte trois fenêtres, le plafond droit est soutenu par des poutres de charpente et le plancher est en bois mou. Le plancher de la deuxième partie est en dalle de pierre, les murs de mortier ont 3 pieds d'épaisseur et le plafond est en plein cintre. Cette partie comporte trois portes donnant sur la cour et quatre fenêtres à 24 carreaux munies de volet de bois qu'on refermait pour la nuit. On y trouve encore un vestiaire d'origine en bois; les sœurs l'utilisaient pour suspendre leur tablier lorsqu'elles allaient à la chapelle. Les militaires habitant l’édifice pendant la Conquête se servaient également de ce vestiaire pour accrocher leurs vêtements. 


Pendant longtemps, lorsque les règles monacales étaient plus strictes, il était interdit de parler dans ce corridor, comme dans tout le Monastère. La salle de couture et la buanderie où on lavait, bouillait, battait et savonnait le linge donnent sur ce corridor. Toutes les sœurs étaient amenées à travailler dans cette partie de la maison qui devenait un lieu de prière, lors de la cérémonie destinée à Notre-Dame-des-Anges, une fois par année. Les sœurs réalisaient aussi, dans la réserve, un petit pèlerinage à Saint-Joseph lorsque la communauté avait besoin d'argent et de nourriture.   Le corridor est toujours très fréquenté, car la buanderie actuelle s'y trouve toujours. Cependant, même si la fonction du lieu reste la même, elle a, au cours de l'histoire, été adaptée selon les besoins. En effet, l'ancienne buanderie a servi de chapelle (1686-1688) après l'incendie qui a détruit le premier bâtiment. De nombreux événements se sont déroulés dans ce corridor à l'époque de la Conquête. Il était un lieu de refuge pour la population lorsque les boulets de canon s'abattaient sur Québec. Le corridor a été bombardé et le toit a cédé, mais le gouverneur Murray a fait réparer les dommages. Le gouverneur Murray en a fait un hôpital pour ses hommes durant 3 ans en plus d’y installer son quartier général.  Durant un an, les sœurs y ont soigné des soldats. C’est également dans une des pièces donnant sur le corridor que la première cour martiale anglaise a condamné la Corriveau pour le meurtre de son mari en 1763.   


Les espaces réservés aux sœurs et aux soldats avaient été délimités par des traits de peinture afin d'éviter les confrontations ou une cohabitation trop rapprochée.


L'histoire du corridor de pierre est également truffée de plusieurs anecdotes. Par exemple, on raconte qu'une religieuse vit le coin de son tablier déchiré par un boulet de canon pendant la Conquête. Dans le corridor, il y aurait également un passage secret qui mènerait au Séminaire de Québec. Selon soeur Prince, il ne s'agit là que d'une légende.

Apprentissage et transmission


Le corridor de pierre
© IPIR 2009, soumis à copyright

L'histoire du lieu et les anecdotes qui y sont liées se sont transmises entre les sœurs. Le corridor de pierre est chargé d'histoire et est devenu un lieu patrimonial important. De nombreuses photos et plusieurs films ont contribué à le faire connaître et à le rendre important, voire mystérieux aux yeux du public québécois.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Monastère des Ursulines de Québec, 2, rue du Parloir, Québec (Qc), G1R 4M5
Téléphone: 418-692-2523
Site Web: http://www.museedesursulines.com

Source

Soeur Suzanne Prince

Enquêteur : Louise Saint-Pierre
Date d'entrevue : 15 juin 2008


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: