L'habit religieux chez les frères Servites de Marie — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

L'habit religieux chez les frères Servites de Marie

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Servites de Marie

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243).

Historique général


Frère Gaétan Proulx revêt la ceinture
© IPIR 2009, soumis à copyright

L'habit des Servites de Marie s'inscrit dans la mouvance des vêtements religieux des communautés de frères au Moyen-Âge. Ils portent un habit proche de celui des Dominicains et d'ailleurs, ils ont un style de vie assez semblable. Fondé en 1233 à Florence, c'est un Dominicain, Saint-Pierre de Vérone, qui avait demandé au Pape de reconnaître l'ordre des Servites. Ainsi les Servites ont repris leur habit mais en noir, en signe du veuvage de Marie, au centre de leurs dévotions. Les premiers membres à avoir revêtu l'habit sont les sept fondateurs.

Description


La croix portée sur l'habit religieux
© IPIR 2009, soumis à copyright

L'habit religieux des ordres mendiants du Moyen-Âge a la particularité d'être à la fois simple et pratique. Peu décoré, il est habituellement de couleur unie (noir chez les Servites et les Augustins, blanc chez les Dominicains, brun chez les Franciscains, marron chez les Carmes, etc.) et il couvre pratiquement tout le corps. L'habit des Servites de Marie est porté aux temps de prière, soit deux fois par jour.

Il est composé d'une aube noire fixée par une ceinture de cuir noir de type augustinienne (une simple lanière de cuir avec un anneau de métal servant d'attache) et signe de la chasteté. Un chapelet est suspendu à la ceinture mais cet élément, signe de la patience, a été rajouté à partir du 15ème, tout simplement parce que le chapelet n'existait pas du temps des fondateurs. L'aube, du latin «alba» qui signifie de couleur blanche, est en fait une tunique à longs pans, tombant jusqu'aux chevilles. Elle se ferme par des boutons au niveau du torse et comporte une poche sur la poitrine pour y ranger une horloge. Un scapulaire, du latin «scapulae» qui signifie épaules, le recouvre et sert de tablier. Le scapulaire est complété par deux pans rectangulaires qui recouvrent les épaules. Cette pièce de vêtement servant, entre autres, au transport des légumes du jardin, est caractéristique de la mode vestimentaire du Moyen-Âge. Ayant perdu sa fonction utilitaire, le scapulaire fait maintenant partie intégrante du costume. Une croix est portée par la majorité des membres ; elle est toutefois dissimulée sous l'habit. Le moine était libre de choisir la croix qu'il désirait. Par dessus, on enfile le capuce, pièce de tissu indépendante, servant à recouvrir la tête. et signe d'humilité. Enfin, par dessus, on revêt le manteau, ou la "mante".

Autrefois, le jour même de la prise d'habit, on coupait très court les cheveux du novice afin de dégager la nuque et on le marquait de la tonsure. Le fait de couper les cheveux très courts signalait non seulement un changement de vie radical mais aussi une distinction par rapport aux autres classes sociales. En effet, autrefois, seuls les gens riches pouvaient avoir les cheveux longs, tandis que les pauvres se contentaient d'une tignasse. Le signe de la tonsure permettait de distinguer les prêtres des non prêtres mais cette pratique avait peu de sens dans une communauté de frères et elle a été abandonnée dans les années 60.

Apprentissage et transmission


Frère André Mailhot, o.s.m.
© IPIR 2009, soumis à copyright

L'habit utilisé aujourd'hui par les pères Servites de Marie est très similaire à celui qui était porté dans les premiers temps de la création de l'ordre. Des images saintes, datant du Moyen-Âge, présentent les Sept Fondateurs avec un habit pratiquement identique à celui porté actuellement par les membres de la communauté. Toutefois, à partir des années 60, des changements ont survenu comme le retrait du chapelet de la ceinture et l'interruption du port de l'habit en publique. Aujourd'hui, les frères portent encore l'habit lors des réunions ou des cérémonies funéraires.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
MRC: Communauté métropolitaine de Québec
Lieu: Église Saint-Jean-Baptiste-de-La-Salle, 2550, rue Biencourt, Québec, G1V 1H3
Téléphone: (418) 651-3037
Site Web: http://www.servitesdemarie.org

Source

Les frères Gaétan Proulx et Paul-André Mailhot
Lien avec la pratique : Membre de l’ordre des Servites de Marie depuis près de cinquante ans, le frère Paul-André Mailhot a joint la communauté en 1962, lorsqu'il avait 21 ans. Complétant ses études à Montréal chez les Dominicains, puis à Ottawa, à l’université St-Paul, il est ordonné prêtre le 29 juin 1969. Après plusieurs années comme maître des pré-novices et des novices à Sillery et à Sainte-Foy, le frère Mailhot est transféré au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer’s Cliff, dans les Cantons-de-l’Est. Peu de temps après son arrivée, il y devient le prieur conventuel. Le frère Paul-André Mailhot est élu prieur provincial canadien le 2 avril 1985. Il occupera cette fonction pendant six ans. Puis, le frère Mailhot est curé à la paroisse St-Donat, à Montréal, pendant neuf ans, avant de travailler un an à St-Stanislas. Frère Gaétan Proulx fait sa profession solennelle au sein de l’Ordre des Servites de Marie en 1973 et est ordonné prêtre le 8 juin 1975. Il devient assistant et maître des novices à Sillery et Sainte-Foy. À partir de 1985, il est nommé en France (Séez) à titre de prieur de la communauté servite, puis en Belgique (Bruxelles) où il redevient maître de formation. En 2000, il devient prieur provincial de la Province servite canadienne qui englobe la France et la Belgique. Depuis 2005, il est curé de la paroisse Notre-Dame-de-Foy. En 2011, il est nommé évêque auxiliaire du diocèse de Québec.

Enquêteurs : Imre Nogradi, Jean-Sébastien Laliberté
Date d'entrevue : 24 février 2010


Partenaires

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