L'implication des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe enseignant dans les campagnes, dans la première moitié du XXe siècle — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'implication des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe enseignant dans les campagnes, dans la première moitié du XXe siècle

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Saint-Hyacinthe
Communauté religieuse: Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Sœur Maryse Gauvin anime une session de préparation au baptême (Venise-en-Québec,1998)
© Archives SSJSH

Les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe constituent une communauté enseignante qui a pour mission de veiller à l’instruction des enfants pauvres vivant dans les communautés éloignées des grands centres. Leur champ d’action s’est principalement concentré dans les campagnes québécoises, dans l’Ouest canadien ainsi que dans leurs missions étrangères (Tchad, Haïti, etc.), de 1877 (année de fondation de la communauté) jusqu’au milieu du XXe siècle. Le contexte particulier des régions demandait aux soeurs une grande polyvalence pour assurer à la fois le maintien d’une vie religieuse active dans le village et l’éducation complète des enfants.

Description


Fête de la reconnaissance organisée pour le départ de soeur Maryse qui doit quitter Venise-en-Québec (2001)
© Archives SSJSH

Les soeurs étaient très impliquées dans leur paroisse, notamment dans la préparation des sacrements et des messes, dans l’organisation des fêtes paroissiales, de même que dans l’entretien de la sacristie et des vêtements liturgiques. Elles s’occupaient de préparer les jeunes aux sacrements de l’eucharistie et de la confirmation par des cours de catéchèse. Avant leur profession foi, le curé faisait réviser leur catéchisme aux jeunes de la 6e année au moyen de « questions et réponses ». L’évêque ne se déplaçait qu’aux trois ans dans les paroisses éloignées; la préparation à la confirmation ne se faisait que lors de sa visite. Les soeurs contribuaient aussi à la vie paroissiale en préparant leurs élèves pour la chorale de la messe de même qu’en initiant les garçons au service de l’autel. Ceux-ci étaient d’ailleurs si enthousiastes d’apprendre à servir la messe qu’un jeu très populaire auprès d’eux est apparu : ce jeu consistait à servir la messe aux fillettes. Certaines mères ont même pris l’initiative de confectionner des aubes et d’acheter de petits accessoires de messe. Certains garçons créaient leur costume et se servaient de la vaisselle courante (coupes, petits plateaux, etc.) pour jouer. Dans la région de Clarenceville, les soeurs de l’Immaculée Conception et les pères dominicains étaient très présents et étaient la source d’inspiration pour la plupart des costumes des enfants. Certaines mères cuisinaient aussi de fausses hosties avec de l’eau et de la farine. Toute cette mise en scène se tenait dans les familles et, en plus d’avoir une fonction ludique, elle permettait aux jeunes d’apprendre leurs « répons messe », sous la surveillance de leur mère.

Les Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe avaient également un rôle important dans l’organisation des fêtes paroissiales. Par exemple, elles s’occupaient de la préparation des paniers de bonbons pour célébrer la fête de la Sainte Famille (le dimanche suivant la fête des Rois), elles préparaient aussi les reposoirs et les chants spécifiques à la Fête Dieu. À cette occasion, les enfants faisaient leur première communion puis défilaient en procession vers le reposoir du village. Les jeunes filles étaient habillées en blanc et jetaient des fleurs au passage du prêtre qui portait l’ostensoir. Les garçons « enfants de chœur », vêtus d’une soutane rouge et d’un surplis blanc suivaient le prêtre. Quelques jeunes filles costumées en anges complétaient le reposoir.

Les sœurs s’occupaient aussi du ménage de l’église, en effectuant des tâches diverses comme le lavage des nappes et des aubes, ainsi que le nettoyage complet de la nef, le vendredi, avec leurs élèves. Finalement, selon leurs aptitudes personnelles, les sœurs s’occupaient de diverses activités parascolaires comme la Croisade eucharistique. Les membres les plus jeunes de ce mouvement (1er à 3e année) se nommaient Croisillons alors que les plus âgés (4e à 6e années) se nommaient Croisés. La croisade consistait en un rassemblement de jeunes ayant fait la promesse d’être de bons enfants à l’image de Jésus, et à qui on inculquait la dévotion à l’Eucharistie. Quant aux jeunes de la 7e à la 11e année, ils pouvaient s’impliquer dans la jeunesse étudiante catholique (J.É.C.), mouvement national recevant ses directives de l’évêché de Montréal. Les religieuses, une déléguée par couvent, se réunissaient chaque année durant quelques jours afin de discuter des programmes à mettre en action pour l’année.

La jeunesse agricole (J.O.C.) est aussi un autre type de regroupement qui rassemblait cette fois les jeunes catholiques des régions rurales. L’un et l’autre de ces mouvements favorisaient l’intégration des valeurs chrétiennes dans la vie quotidienne, personnelle et sociale. Enfin, les Cercles des jeunes naturalistes (C.J.N.) visaient à faire connaître, aimer et respecter la nature aux jeunes. La participation à l’un ou l’autre de ces mouvements étaient volontaires.

Apprentissage et transmission


Soeur Maryse Gauvin anime un cours d’initiation à la Bible (Clarenceville, 2000)
© Soumis à copyright

Les religieuses sont toujours actives dans leur paroisse. Elles s’occupent entre autres de la liturgie et des visites aux malades dans les hôpitaux et les centres spécialisés. Selon leur capacité physique et les besoins de la paroisse, certaines soeurs célèbrent le sacrement du baptême, tout en assurant la préparation et le suivi de l’événement. Elles peuvent aussi préparer les enfants aux sacrements de la confirmation et de l'Eucharistie. Enfin, si le nombre de prêtres est insuffisant sur un territoire donné, les religieuses peuvent faire une célébration de la Parole en se servant des textes de la liturgie du jour. L’assemblée communie alors au Christ ressuscité, dans la Parole de Dieu proclamée. Parfois, les fidèles communient au Corps du Christ, dans le Pain de Vie consacré préalablement par un prêtre. Même à la retraite, ces soeurs enseignantes font encore beaucoup pour leur communauté, surtout dans le domaine de la liturgie. Elles poursuivent simplement leur mission d’une autre manière.

Localisation

Municipalité: Saint-Hyacinthe
Région administrative: 16 Montérégie
MRC: Les Maskoutains
Lieu: Maison mère des soeurs de Saint-Joseph, 805, Ave. Raymond, Saint-Hyacinthe, J2S 5T9
Téléphone: 450-773-6067
Télécopieur: 450-773-8044
Site Web: http://www.sjsh.org

Source

Soeur Fernande Boucher
Titre, rôle et fonction : Enseignante, infirmière et pharmacienne en chef de la maison mère.
Lien avec la pratique : Elle a fait son primaire dans une école de rang du Soeurs Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe et elle a été enseignante durant 17 ans.

Enquêteurs : Catherine Fredette, Maude Redmond
Date d'entrevue : 26 avril 2010


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: