La congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Présentation de la communauté

La congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Saint-Hyacinthe
Communauté religieuse: Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Récit fondateur (9241).

Description


Classe d'une école résidentielle (1940)
© Soumis à copyright

La congrégation des Soeurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe a été fondée en 1877 par Élisabeth Bergeron, à la demande de de Mgr Louis-Zéphirin Moreau. Depuis sa plus tendre enfance, Élisabeth possédait un fort désir de faire connaître Jésus aux autres, notamment en organisant des séances de catéchisme pour évangéliser les enfants pauvres de son quartier durant le séjour de la famille en Nouvelle Angleterre. C’est ainsi qu’entre 19 et 24 ans son désir de se rapprocher de Dieu s’est manifesté par plusieurs essais infructueux. Elle tenta d'entrer chez les Adoratrices du Précieux sang, où la mère supérieure estimait qu’elle n’avait pas la vocation; chez les Soeurs de la Miséricorde à Montréal, où elle ne se sentait pas à sa place, et finalement chez les Soeurs de la Présentation de Marie, où elle a été refusée en raison de son manque d’instruction.

Toujours forte de son désir de vivre selon les enseignements de l’Évangile et encouragée par son directeur spirituel, un père dominicain, elle décide d’aller rencontrer Mgr Moreau pour lui proposer de fonder une communauté de soeurs contemplatives. Ce dernier lui fait alors remarquer qu’une telle communauté existe déjà dans la région, mais qu’un grand besoin se fait sentir dans les campagnes environnantes: celui d'une communauté de soeurs enseignantes. Le manque d’écoles dans les paroisses rurales de son diocèse et la dispersion des loyalistes dans les Cantons-de-l’Est justifiaient l’urgence de fonder une telle communauté. Or, Élisabeth était très peu instruite et elle a longuement douté de sa capacité à répondre à la demande de l'évêque. Après une longue réflexion, s'appuyant sur sa détermination à faire connaître Jésus au plus grand nombre et sur sa foi inébranlable, elle a décidé de prendre en charge le projet de Mgr Moreau. Le 12 septembre 1877, entourée de trois collègues, dont deux enseignantes, elle ouvre la première école de la communauté à La Providence, petit village près de Saint-Hyacinthe. Dès le premier matin, environ 80 élèves se déplacent pour le début des cours. La mission que Mgr Louis-Zéphirin Moreau a donnée à cette communauté était d’instruire et d’éduquer les enfants, garçons et filles, des écoles primaires dans les campagnes.

Dès 1880, la mission de la Congrégation prenait son essor: quatre sœurs se dirigeaient vers l’école de Saint-Antoine-sur-Richelieu. Elle a depuis éduqué et instruit des milliers d’enfants et de jeunes. Sans trahir son charisme premier, elle continue de servir tous ceux dont la pauvreté matérielle, intellectuelle ou morale est une entrave à l’épanouissement humain et à l’acceptation du salut. Saint Joseph a toujours eu une grande influence au sein de la communauté : c’est lui que Mgr Moreau avait donné comme patron, modèle et protecteur à la communauté naissante. Il a toujours inspiré les sœurs dans leur vie communautaire et leurs engagements apostoliques. À la mort d’Élisabeth Bergeron, en 1936, la communauté comptait 534 sœurs et plus d’une cinquantaine d’écoles situées un peu partout au Canada. Peu à peu, ces écoles rurales avaient rejoint les enfants d’une soixantaine de villages aussi éloignés que Notre-Dame-des-Bois en Estrie, Laverlochère, au Témiscaminque et Baie-Trinité, sur la Côte-Nord. Dès 1901, des missions avaient été ouvertes progressivement au Manitoba, en Saskatchewan et dans l’ouest de l’Ontario. Les religieuses enseignaient dans les Écoles publiques pour les Blancs, et dans les Écoles résidentielles pour les jeunes Amérindiens. Chez les Blancs, en plus de l’enseignement officiel donné en anglais, l’enseignement de la langue française fut toujours un objectif patriotique qui n’admettait aucun compromis. Enfin, la Congrégation a été amenée à s’internationaliser en envoyant des religieuses aux États-Unis en 1926, au Lesotho en 1938, au Brésil en 1958, au Sénégal en 1970, en Haïti en 1990 et au Tchad en 1994.

Au Québec, après 1955, les enseignantes se sont ajustées à la restructuration dans l’éducation en s’insérant dans les Écoles Centrales ou dans les Polyvalentes. L’École Secondaire Saint-Joseph, fondée en 1953, bien que privée, est aujourd’hui surnommée la Polyvalente des Écoles privées parce qu’elle rejoint une clientèle des milieux populaires et garde une préoccupation pour les élèves en difficulté d’apprentissage. La maison mère actuelle, située à Saint-Hyacinthe, a été construite en 1889 et elle abrite encore l’Administration générale, l’infirmerie et les sœurs retraitées. À la fin de l’année 2010, 165 sœurs y vivent toujours. Un local nous y rappelle, à toutes, notre mission d’éducatrice, c’est « la petite école ». Il s’agit d’une pièce où des sœurs font de l’aide aux devoirs avec des élèves ses écoles environnantes. La grande chapelle demeure aussi un lieu de rassemblement privilégié par les sœurs, tant pour l’Eucharistie et la prière des Heures que pour des rassemblements particuliers, comme le 19 mars, fête de saint Joseph. Depuis la création en 1968, de la salle du tombeau annexée à la chapelle, et contenant la dépouille mortelle de la fondatrice, plusieurs personnes se déplacent quotidiennement pour y remettre des intentions de prières. Dans cette salle, sur le mur, ce qui pourrait bien être la devise de la communauté : « Ce qui est faible dans le monde, Dieu l’a choisi pour confondre ce qui est fort » (Co 1, 27). Même si la majorité des Sœurs de Saint-Joseph sont maintenant retraitées, leur mission se perpétue à travers diverses actions à caractère religieux, social ou communautaire : initiation aux sacrements dans les paroisses, aide aux liturgies paroissiales, support aux organismes voués aux jeunes et à leur famille. Sans oublier l’apostolat de la prière et le non moins nécessaire apport financier à de multiples causes.

L’administration générale est actuellement confrontée à de grands questionnements concernant l’avenir de la communauté, car celle-ci et en décroissance au Québec même si elle est en croissance dans les missions à l’extérieur du pays. Ces questions ont au cœur de leurs prières, et font l’objet des principaux discernements communautaires actuels. En 1999, un petit musée ouvert au public a été créé à même la maison mère: il relate l’histoire de la communauté. Au moment où celle-ci envisage de grands changements au sein de sa structure, ce lieu de mémoire souligne l’apport des Sœurs de Saint-Joseph à l’humanité, afin qu’il ne soit jamais oublié. Faisant suite au jugement de la Congrégation pour la Cause des Saints, qui a reconnu les vertus héroïques d'Élisabeth Bergeron, en particulier son humilité, son sens de l'Église et sa soumission à la volonté de Dieu, Sa Sainteté le pape Jean-Paul II l'a déclarée Vénérable le 12 janvier 1996.

Localisation

Municipalité: Saint-Hyacinthe
Région administrative: 16 Montérégie
MRC: Les Maskoutains
Lieu: Maison mère des soeurs de Saint-Joseph, 805, Ave. Raymond, Saint-Hyacinthe, J2S 5T9
Téléphone: 450-773-6067
Télécopieur: 450-773-8044
Site Web: http://www.sjsh.org

Source

Soeur Pauline Vertefeuille et soeur Jeannine Doyon
Lien avec la pratique : Soeur Vertefeuille a été conférencière pendant 5 ans auprès des jeunes de première secondaire de l'école secondaire Saint-Joseph, afin de leur faire connaître Élisabeth Bergeron. Soeur Doyon, quant à elle, a œuvré pendant 47 ans dans le domaine de l’éducation, comme enseignante, directrice d’école et conseillère pédagogique

Enquêteurs : Catherine Fredette, Maude Redmond, Soeur Pauline Vertefeuille.
Date d'entrevue : 27 avril 2010


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: