La mission au Pérou des Antoniennes de Marie — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

La mission au Pérou des Antoniennes de Marie

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Soeurs Antoniennes de Marie

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Prosélytisme (9263).

Historique général


Soeur Hudon et soeur Hébert
© Archives A.M., soumis à copyright

La mission des sœurs Antoniennes de Marie au Pérou remonte à 1963, lorsque sœur Thérèse Hudon, ex-missionnaire de Chine, et sœur Michelle Hébert partent pour le Pérou. Elles voyagent avec 3 sœurs de l’Immaculée-Conception qui se rendent à leur mission au Chili.
Les deux sœurs Antoniennes font d’abord une halte d’une dizaine de jours à Lima afin de préparer les documents nécessaires à leur séjour au Pérou. Elles quittent ensuite Lima pour se rendre à Pucallpa, ville située à une heure d’avion de Lima dans la jungle tropicale. Elles y sont accueillies par les Pères des Missions-Étrangères, des québécois, avec qui elles sont appelées à collaborer.
Elles apprennent bien vite que le séminaire où elles auront à exercer leur mission est toujours en construction. Ces deux pionnières qui ont déjà reçu pendant deux mois de cours de langue espagnole au Québec, poursuivront donc pendant les premiers temps leurs connaissances de cette nouvelle langue. C’est le début de la mission antonienne au Pérou; d’une longue et fructueuse aventure qui persiste depuis près de cinquante ans.

Description


Antonienne avec un groupe d'élèves
© Archives A.M., soumis à copyright

À leur arrivée au séminaire, elles organisent tout d’abord leur nouvelle résidence et au cours de cette première année de mission, elles voient à l’organisation des lieux et coordonnent la tenue ménagère du séminaire; des dames travaillent à la cuisine, les réfectoires et à la buanderie. Le séminaire est situé à Yarina-Cocha à environ 7 kilomètres de Pucallpa et lors de la saison des pluies, la route devient souvent impraticable
Lors de la deuxième année de la mission, deux autres sœurs arrivent et après l’étude de la langue espagnole, leur présence permet à la mission du Pérou d’étendre ses activités. Pour leurs voyages apostoliques, elles prennent comme moyen de transport le bateau ou conduisent la moto. Les sœurs débutent l’enseignement de la catéchèse dans les écoles des différents villages et préparent des séminaristes et des catéchètes pour les aider. Des groupes pour dames et jeunes filles sont formés pour enseigner la couture, l’artisanat et la cuisine; ces cours permettront d’améliorer leur condition de vie plutôt précaire, car il existe beaucoup de pauvretés dans ce milieu. Les enfants et les jeunes aiment beaucoup la musique, c’est un moyen de les rejoindre pour l’évangélisation et la réalisation de célébrations liturgiques vivantes. Elles visitent aussi les familles et apportent réconfort aux plus pauvres et aux malades. Les Antoniennes s’adaptent rapidement à la réalité péruvienne. Si au départ, les sœurs antoniennes revêtent une longue robe blanche, avec le temps, elles optent pour une robe beige, plus légère et mieux et adaptée aux chemins de boue et à la chaleur tropicale.
Leurs œuvres au Pérou s’élargissent avec l’arrivée de 3 nouvelles compagnes en 1967 et d’autres qui suivront plus tard. Des nouvelles missions s’ouvrent peu à peu à Tournavista, Chosica, Ica, Lima et Chincha, toujours avec ce même souci d’évangélisation » elles leur présentent un Dieu libérateur et « aident les gens à se prendre en main », car comme le dit sœur Michelle Hébert, le Pérou est un pays exploité dans ses ressources naturelles, souvent exportées à l’étranger. Les messes sont rares dans ces villages où vivent métis et indigènes et où le manque de prêtres et la religiosité populaire rendent moins essentielle, à leurs yeux, la célébration de l’Eucharistie. Des délégués de la Parole sont préparés pour les célébrations dominicales de la Parole et les missionnaires travaillent à la formation de communautés de base et encouragent les agriculteurs à la formation de coopératives afin d’obtenir de meilleurs prix dans la vente de leurs produits.
En partant pour sa mission, sœur Michelle croyait d’emblée qu’elle avait beaucoup à apporter à cette population, nous confie-t-elle; elle a appris au Pérou, à vivre simplement, à désirer un monde plus juste et plus fraternel. Elle a reçu beaucoup de la grande générosité et de l’amour de ces gens profondément croyants « à leur manière ». Tout au long de leur mission au Pérou, les sœurs ont veillé à la transmission de leur mission. Lorsque les sœurs ont dû se retirer de Tournaviste par manque de personnel, un jeune séminariste du séminaire de Yarina-Cocha est venu prendre la relève. Aujourd’hui, il est prêtre et continue de travailler auprès des gens de son peuple et à correspondre avec nous.

Apprentissage et transmission


Quelques Antoniennes péruviennes
© IPIR 2009, soumis à copyright

Pour devenir missionnaire, Sœur Bernadette Harvey, reçoit une longue formation. D’abord elle termine son secondaire, question de pouvoir suivre d’autres formations spécifiques. Elle suit des cours de spiritualité à l’Université du Québec à Chicoutimi. Ensuite elle poursuit à l’Université Saint-Paul d’Ottawa une année en missiologie.
Actuellement, six Antoniennes oeuvrent au Pérou, dont une péruvienne. Elles sont à Chincha et à Lima. Si l’essentiel de la mission des Antoniennes est demeuré le même au fil des ans, actuellement les sœurs, dit-elle sont conscientes du manque de relève des Antoniennes au Pérou et elles préparent des personnes pour que la mission continue. Les parents s’impliquent au niveau de la préparation sacramentelle de leurs enfants. Depuis 1997, les Antoniennes du Pérou à Chincha ont accueilli environ une quinzaine de laïcs associés à leur Congrégation. Ces personnes ont toutes un engagement pastoral dans la communauté chrétienne et président les célébrations de la Parole dans 25 villages.
On peut dire, en quelque sorte, que la mission des Antoniennes de Marie au début était surtout d’évangéliser, alors qu’aujourd’hui la mission est de former des péruviens et péruviennes pour qu’ils évangélisent à leur tour. Pour les Antoniennes, l’important, nous dit sœur Bernadette Harvey, c’est d’avoir des gens capables de découvrir la présence de Dieu dans leur vie, de se prendre en main et de travailler pour le bien de l’Église.

Localisation

Municipalité: Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
MRC: Hors MRC
Lieu: Maison mère des Antoniennes de Marie, 927, rue Jacques-Cartier Est, Saguenay, G7H 2A3
Téléphone: 418 549-1055
Télécopieur: 418 693-8609
Site Web: http://soeursantoniennes.org/index.php

Source

Soeur Michelle Hébert et soeur Bernadette Harvey
Titre, rôle et fonction : Soeur Michelle Hébert est fondatrice de la mission péruvienne et soeur Bernadette Harvey est missionnaire au Pérou.
Lien avec la pratique : Soeur Michelle Hébert a été missionnaire au Pérou de 1963 à 1983 à Yarina-Cocha, Tournavista et Lima. Soeur Bernadette Harvey a été missionnaire au Pérou de 1976 à aujourd'hui à Pucallpa, Tournavista, Lima et Chincha. Elle a été maîtresse auprès des novices péruviennes.

Enquêteurs : Roseline Bouchard, Mario Paradis, Soeur Michelle Hébert.
Date d'entrevue : 17 juin 2009


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: