L'évolution de la pénitence chez les Adoratrices du Précieux-Sang — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'évolution de la pénitence chez les Adoratrices du Précieux-Sang

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Saint-Hyacinthe
Communauté religieuse: Soeurs adoratrices du Précieux-Sang

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique ascétique (9340), Mortification corporelle (9343)
et sous Pratique religieuse (9300), Pratique ascétique (9340), Abstinence (9342).

Historique général


Ancien objet de pénitence, la croix se portant dans le dos
© IPIR 2010, soumis à copyright

Dans le style de vie inhérent aux communautés contemplatives, l'aspect pénitentiel a longtemps fait partie intégrante du quotidien des religieuses. La fondatrice des Adoratrices du Précieux-Sang, mère Catherine-Aurélie du Précieux-Sang, ressentait le besoin de verser de son propre sang dans son désir de faire comme le Christ sur la croix: sang pour sang, amour pour amour.
Chez les Adoratrices du Précieux-Sang, les termes «joyeuse pénitence» étaient utilisés pour nommer la discipline, que ce soit pour la discipline corporelle ou la discipline d'humiliation, et la pénitence était exercée volontairement par les religieuses. Voici comment le livre des constitutions de la communauté explique ce qu’est la «joyeuse pénitence»: «Comme tous les membres du Christ, mais à un titre plus particulier, les Adoratrices du Précieux-Sang sont appelées à participer à l'œuvre de la rédemption en s'associant à la Croix de Jésus et à la douloureuse maternité spirituelle de Marie. Elles s'attachent à suivre le Sauveur qui "n'a pas recherché ce qui lui plaisait" (Rm 15,3), mais s'est offert en victime d'expiation pour le salut du monde. C'est pourquoi leur engagement devient une vie de pénitence réparatrice pour leurs fautes personnelles et celles du monde entier. Leur ascèse évangélique, animée par l'amour, épanouit leur cœur et leur garde un visage serein. » (p. 30-31)
À partir des années 1970, l'exercice de la discipline corporelle fut supprimé. Depuis cette période, il s'agit plutôt d'une pénitence, d'un renoncement et d'un sacrifice intériorisé.

Description


Ancien objet de pénitence se portant au bras
© IPIR 2010, soumis à copyright

La présence de la discipline et de la pénitence dans la vie quotidienne des Adoratrices du Précieux-Sang a toujours eu pour but de favoriser les rapprochements avec le Christ. À travers la joyeuse pénitence, les Adoratrices s'unissent au Seigneur «amour pour amour». La pénitence ne doit jamais être vécue comme un geste machinal et obligatoire, le geste doit toujours être fait avec une intention de prière. Pour la communauté, la pénitence est nécessaire à toutes et s'adapte à chacune des religieuses. Comme l'explique la constitution des Adoratrices du Précieux-Sang: «Elle réclame l'ascèse d'un régime de vie simple et dépouillé, la réalisation amoureuse du devoir d'état, l'acceptation des difficultés inhérentes au travail et aux rapports avec autrui, la patience à supporter l'épreuve des infirmités, des misères psychologiques et des dénuements spirituels.» (p. 31) De plus, la pénitence apporte aux Adoratrices une plus grande maîtrise et souplesse dans leurs agissements ; une libération intérieure préparant à la prière, et une joie capable d'attirer tous les cœurs, afin de les donner tous à Jésus Christ.
Les pratiques de mortification corporelle furent présente au sein de la communauté dès sa fondation, mais elles disparurent dans les années 1970. La mortification corporelle se pratiquait alors durant l'Heure réparatrice, une heure de prière communautaire se déroulant à minuit. À l'aide d'objets de pénitence, les religieuses s'astreignaient à une souffrance contrôlée, selon la capacité d'endurance de chacune, ce qui leur permettait de se rapprocher du Christ et de sa propre souffrance sur la croix. Ces objets de pénitence, fouet, bracelet, collier, jarretière, cilice, bandeau, étaient faits à partir de pointes de broche et portés sur la peau durant une courte période de temps. Toutefois, le port d'un seul de ces objets à la fois n'avait pas pour intention de faire couler le sang, même si on pouvait ressentir de la douleur.
De nos jours, la discipline et la pénitence se vivent dans les petites choses du quotidien, comme le simple fait de devoir cohabiter en tout temps avec des personnes fort différentes de soi ou dans le jeûne du vendredi et l'abstinence de viande ce jour là.

Apprentissage et transmission


Ancien objet de pénitence, le fouet
© IPIR 2010, soumis à copyright

Durant les décennies où la mortification corporelle était pratiquée dans la communauté, l'apprentissage de cette forme de pénitence se faisait très progressivement durant la formation au noviciat. Lorsque la maîtresse des novices jugeait une jeune religieuse prête à franchir cette nouvelle étape de sa formation, celle-ci était graduellement introduite à tout ce qui entourait cette pratique. À son rythme, la novice s'initiait alors aux pénitences corporelles.

Localisation

Municipalité: Saint-Hyacinthe
Région administrative: 16 Montérégie
MRC: Les Maskoutains
Lieu: Monastère du Précieux-Sang, 2520, rue Girouard Ouest, C.P. 401, Saint-Hyacinthe, J2S 7B4
Téléphone: (450) 773-0330
Télécopieur: (450) 252-4407
Site Web: http://www.adoratrices.net

Source

Soeur Micheline Proulx
Titre, rôle et fonction : Sœur Micheline Proulx est supérieure générale des Adoratrices du Précieux-Sang.

Enquêteurs : Louise Saint-Pierre, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 29 juillet 2010


Partenaires

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