La pratique et la sauvegarde des traditions mohawks: le pow-wow — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

La pratique et la sauvegarde des traditions mohawks: le pow-wow

Tradition: Spiritualité autochtone
Appartenance: Spiritualité autochtone (Mohawks)
Groupe: La communauté de Kanesatake
Paroisse, congrégation ou équivalent: La communauté de Kanesatake (Mohawks)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Temps religieux (9280), Fête communautaire (9284).

Historique général


Cérémonie d'ouverture du pow-wow
© IPIR 2009, soumis à copyright

Avant les années 1990, il n’y avait pas de pow-wow à Kanesatake, seulement un rassemblement autour de la fête de la Saint-Jean-Baptiste ou à la fête du Canada. Dans les autres nations du Canada et des États-Unis, il y a des pow-wow depuis longtemps. Selon nos informateurs, cette grande fête provient des Algonquiens et des Objibwés. Le Grass Dance, exécuté au son des grands tambours, provient du nord-ouest, alors que les danses plus guerrières proviennent du sud-ouest. 
Les Mohawks utilisent les tambours d’eau pour leurs récréations, les gros tambours étaient plutôt utilisés dans les situations de guerre et, de nos jours, dans les pow-wow. Autrefois, les Iroquois se rassemblaient durant sept jours, pour jouer à la crosse. Les nations iroquoises se rassemblaient deux fois par année. Les hommes s’affrontaient à la crosse, alors que les femmes préparaient les repas et les soirées sociales de danse et de chant pour tous. Des messagers d'autres communautés apportaient les nouvelles lors des événements. Ils échangeaient des chansons entre les six nations iroquoises et adoptaient des danses des autres commnautés. Par exemple, la danse sociale de l'alligator fut apportée par un messager venu de Floride, il y a très longtemps. Le jeu de la crosse, pratiqué lors des pow-wow, fait partie de leur culture depuis des milliers d’années, mais sa pratique a beaucoup diminué avec le temps. Maintenant, on pratique une version européenne, très différente du jeu traditionnel. 
Les Iroquois se sont dispersés entre le Canada et les États-Unis, sans considération pour les frontières. Avant tout, ils se considèrent comme des habitants de la Grande Tortue, c’est-à-dire, de l’île de l’Amérique du Nord. Le nom « mohawk » viendrait d’un mot algonquien qui signifie « mangeur d’hommes ». Le mot en mohawk « Kanienkehaka» signifie « peuple des étoiles ».

Description


Chapiteau au pow-wow de Kanesatake
© IPIR 2009, soumis à copyright

Allan Harrington et Nicole Karonhtenhawe tiennent au caractère traditionnel du pow-wow de Kanesatake, tel le jeu de la crosse et les traditions de la maison longue. Par l'organisation de cette célébration collective, la communauté veut faire comprendre le sens des chants et des danses et l’importance de garder la tradition vivante. 
Avant le début du pow-wow, il y a des chansons avec des tambours d’eau, un feu, une danse sur l’herbe et la cérémonie du calumet. Les Objibwés, les Anishinabes, les Cris et tous les peuples algonquins sont bienvenus. Pour préparer les célébrations, la communauté organise une campagne de financement. Le pow-wow de Kanesatake a été interrompu pendant huit ans et le conseil de bande désirait relancer l'événement. Depuis 2001, il n’y avait qu’un rassemblement par année, le 11 juillet, il s’agissait d’une cérémonie commémorative des évènements de 1990, en mémoire de la crise d'Oka. 
Pour l’organisation du pow-wow, les aînés doivent donner leurs conseils. Il faut les rencontrer et leur offrir du tabac, tel que le veut la tradition. Allan Harrington peut conduire les cérémonies depuis peu grâce à un calumet que seul quelques individus peuvent porter. Nicole Karonhtenhawe est partisane de la philosophie et du mode de vie traditionnel. Elle veut garder les cérémonies ancestrales bien vivantes. Elle participe, par exemple, à la cérémonie du maïs qui a lieu en août dans les maisons longues. Cette cérémonie est suivie de la cérémonie de l’automne. Il y a toujours des remerciements et des offrandes à la terre et au créateur lors de ces célébrations sacrées. Il y a une danse pour le créateur, où les femmes représentent les mouvements de la création. Elles y ont un rôle clé, comme dans toute la culture matriarcale iroquoise. Un festin est aussi servi. Par exemple, lors de la cérémonie des fèves, tout doit être fait à base de cette légumineuse. La fête est agrémentée de danses et de chansons sacrées spécifiques à chaque cérémonie. 
Allan Harrington pratique aussi la chasse et la pêche à des fins communautaires et familiales. Les autochtones n’ont jamais à demander de permis pour chasser sur le territoire réservé à sa communauté. Pour utiliser les territoires d’autres communautés, par courtoisie, il faut obtenir une approbation. Allan Harrington sait lire les pistes laissées par le passage des animaux. Il pêche dans l’Ouest, là où la qualité de l’eau est assez bonne pour manger le poisson, surtout le doré. Pour la chasse aux caribous, il va parfois dans le nord de la province. Il prévoit offrir de la viande de gibier lors d'événements communautaires, notamment lors du pow-wow.

Apprentissage et transmission


Bâton spirituel
© IPIR 2009, soumis à copyright

Lorsqu’elle était jeune, la mère de Nicole Karonhtenhawe lui a transmis quelques chansons et histoires. Ses parents l’ont laissée choisir entre la foi catholique et la tradition mohawk. Quand elle était petite, elle a appris la danse des « vieux mocassins ». Sa famille était plus traditionnelle que la moyenne. Sa famille chantait depuis longtemps. Nicole Karonhtenhawe n’y avait jamais vraiment prêté attention avant l’âge adulte, c’était un savoir naturel. Elle chante maintenant ces chansons à son jeune fils et fait partie du groupe Kontirennotatie, Kanehsatake Women Singers. Allan Harrington reçoit des conseils d’un aîné. Les anciens donnent les moyens de transmettre la culture à ceux qu’ils jugent prêts à le faire.

Localisation

Municipalité: Kanesatake, Oka
Région administrative: 15 Laurentides
MRC: Deux-Montagnes
Lieu: Kanesatake

Source

Nicole Karonhienhawe Gagnier et Allan Harrington
Titre, rôle et fonction : Ils font partie du comité organisateur du pow-wow.
Lien avec la pratique : Nicole Karonhienhawe travaille dans un centre de jour comme assistante à l'éducation depuis plus de 14 ans. Elle est membre du groupe Kontirennotatie, Kanehsatake Women Singers » Allan Harrington est chasseur et pêcheur.

Enquêteur : Valérie Roussel
Date d'entrevue : 30 juillet 2009, 30 juillet 2009


Partenaires

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