L'implication des Soeurs de la Charité de Québec dans les oeuvres sociales: la Soupe populaire de la Haute-Ville — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'implication des Soeurs de la Charité de Québec dans les oeuvres sociales: la Soupe populaire de la Haute-Ville

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Soeurs de la Charité de Québec

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Soeur Jacqueline Zicat durant le service du repas, 1966
© Archvies Soeurs de la Charité de Québec, soumis à copyright

Dès l'arrivée des Sœurs de la Charité dans la ville de Québec en 1849, la Congrégation a eu pour priorité de donner à manger à ceux qui souffraient de la faim. Mère Marcelle Mallet continuait ainsi le charisme de Mère Marguerite d'Youville en partageant le peu de ressources de la communauté avec les personnes démunies de Québec. Rapidement, sœur Marie-de-la-Nativité, l'une des premières novices des Sœurs de la Charité de Québec, devient préposée à «l'apostolat du dehors». Elle est connue de toute la population de Québec pour ses activités visant à recueillir des dons pour les infortunés. 


L'œuvre de la soupe débute en 1900 et il s'agit d'une première pour la Congrégation, soit d'accueillir et de servir les repas aux pauvres à même la Maison Mère. Ce service offre alors de la soupe et des sandwichs, de 7h30 à 17h00 tous les jours de la semaine. L'œuvre de la soupe subit quelques changements et, en 1930, son accueil se structure davantage : elle offre désormais trois repas par jour. Les premiers repas chauds sont servis à partir de 1949. 


En 1969, la communauté interrompt ce service qui sera pris en charge par d'autres organismes dans le cadre d'une restructuration par le Conseil des Œuvres et du Bien-Être de Québec. Les sœurs continuent à aider les pauvres dans d'autres domaines. Cependant, en 1981, les Sœurs de la Charité de Québec remettent sur pied "La soupe populaire" visant à offrir aux plus démunis, à l'heure du dîner, tous les jours de la semaine, un repas chaud, complet et gratuit. 


En 1986, 54 000 personnes sont accueillies et en 2010, c'est 55 603 personnes qui sont reçues dans les locaux de l'œuvre à la Maison Mère-Mallet. Encore aujourd'hui, ce service est essentiel, car les problèmes sont multiples et les conditions de vie de plus en plus difficiles, que l'on pense, entre autres, au haut taux de chômage, à l'accroissement du nombre de personnes âgées, seules, pauvres, malades ou aux jeunes aux prises avec des problèmes d'alcool et de drogue. Les problèmes de santé mentale contribuent également à augmenter les difficultés pour un nombre grandissant de personnes.

Description


Le déroulement de la Soupe populaire
© IPIR 2010, soumis à copyright

L'œuvre de la Soupe populaire, située à la Maison Mère-Mallet dans le Vieux-Québec, est ouverte de 12h00 à 13h15, sept jours par semaine, à l'exception des quatre premières journées de chaque mois. Un repas santé est servi gratuitement à toute personne qui se présente. 


La Soupe populaire sert en moyenne plus de 190 repas par jour. Ce repas chaud est nourrissant et offert à volonté: de la soupe, un choix de mets principaux, des légumes, de la salade, du pain, du dessert et des boisons chaudes. Une équipe de cuisiniers professionnels, des employés et une quinzaine de bénévoles travaillent quotidiennement au bon déroulement de l'heure du dîner à la Soupe populaire. De plus, l'œuvre reçoit tous les jours des groupes d’étudiants provenant d'écoles, d'organismes (maisons de jeunes, scouts, etc.) et de groupes de pastorale de la région de Québec. L'implication de ces groupes a pour but de donner une dimension sociale à la formation des jeunes.


Bien que toute personne soit accueillie à bras ouverts à la Soupe populaire, la clientèle se compose à 80% d'hommes. Toutefois, les responsables de l'œuvre constatent une diminution de la moyenne d’âge des bénéficiaires ; des personnes de plus en plus jeunes recourent à l'œuvre pour se nourrir. Les religieuses œuvrant à la Soupe populaire, ainsi que les employés et bénévoles, se font un devoir de mettre l'accent sur l'accueil des personnes. Conscientes qu'il faut énormément de courage pour se présenter à la Soupe populaire, le personnel s'emploie à respecter, à réconforter et à mettre du soleil dans la journée de chaque personne qui se présente. 


Avec le temps, la Soupe populaire est devenue beaucoup plus qu'un simple dépannage alimentaire. Il s'agit d'un lieu d'accueil inconditionnel, où chacun est accepté comme il est, considéré pour sa valeur en tant que personne et traité avec déférence, respect et dignité. C'est aussi un lieu d'engagement au service d'autrui, puisqu'une quinzaine de bénévoles issus de différentes classes de la société participent au service du repas. C'est encore un lieu d'apprentissage de l'implication pastorale, grâce à la participation des jeunes qui se sensibilisent au partage et au service communautaire. 


Finalement, la Soupe populaire des Sœurs de la Charité de Québec est un lieu de vie et d'activités très diversifiées, car plusieurs groupes et organismes s'y présentent pour apporter leur collaboration ou encore pour prendre contact avec cette œuvre.

Apprentissage et transmission


Soeur Simone Voisine, responsable de la Soupe populaire de la Haute-Ville
© IPIR 2010, soumis à copyright

Depuis 1849, des religieuses de la Congrégation ont toujours été au service des pauvres de Québec, tentant, entre autres, de les aider à se nourrir convenablement. En 2010, trois religieuses se dévouent à l'œuvre de la Soupe populaire. Ces trois religieuses peuvent continuer ce service essentiel, grâce à une équipe stable de plus de 80 bénévoles: plusieurs jeunes professionnels retraités, des travailleurs qui donne chaque semaine des heures de disponibilités, des chômeurs, des bénéficiaires d'aide sociale qui s'impliquent régulièrement, mais surtout la Congrégation assume le financement de cette œuvre: salaire des cuisiniers professionnels et approvisionnement des denrées. C'est ainsi que l'œuvre se perpétue, une tradition débutée il y a plus de 160 ans.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Maison Mère-Mallet, 945, rue des Soeurs-de-la-Charité, Québec, G1R 1H8
Téléphone: (418) 692-1762

Source

Soeur Simone Voisine
Lien avec la pratique : Originaire de Saint-Pascal-de-Kamouraska, sœur Simone Voisine fait son entrée chez les Sœurs de la Charité de Québec en 1945. Après avoir enseigné plus de 40 ans, soeur Voisine s'implique dans l'œuvre de la Soupe populaire en 1993. Depuis plusieurs années, elle est responsable de cette œuvre.

Enquêteurs : Sylvianne Lagueux-Tremblay, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 4 mars 2010


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: