Les pèlerinages au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les pèlerinages au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Trois-Rivières
Communauté religieuse: Missionnaires Oblats de Marie-Immaculée

Classé sous Pratique religieuse (9300), Cérémonie (9310), Pèlerinage (9317).

Historique général


La basilique accueille les groupes importants de pèlerins
© Soumis à copyright, IPIR 2010

Un pèlerinage est une démarche faite par un fidèle qui se rend vers un lieu sacré pour y vivre un événement spécial, tel une transformation intérieure, une conversion ou une guérison. Dans la Grèce antique, les gens allaient régulièrement à l'autel des dieux à l'Acropole. Déjà dans l'Ancien Testament, on mentionnait le déplacement annuel des Juifs se rendant au Temple à Jérusalem, tout comme Joseph et Marie. Lourdes, Fatima, Taizé et Compostelle sont encore aujourd'hui des lieux de pèlerinages où se rendent les fidèles en quête de spiritualité après avoir mis de côté momentanément leur vie quotidienne.
Le 22 juin 1888, la petite chapelle dédiée à la Vierge Notre-Dame du Très Saint-Rosaire, consacrée par le père Frédéric, deviendra le lieu du premier pèlerinage du sanctuaire. Le père Frédéric organisait des pèlerinages en Terre sainte. Il a été l'instigateur du pèlerinage au sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et a été responsable du lieu jusqu'en 1902. Il conseilla à l'évêque du diocèse de confier la garde du lieu aux Oblats, missionnaires chargés de l'évangélisation. Cette communauté de frères, de pères et de religieuses prit la relève. Ce sont d'ailleurs ces dernières qui s'occupaient de l'accueil des pèlerins au kiosque.

Description


Programme d'activités proposé aux pèlerins.
© IPIR 2010, soumis à copyright

Au tout début du XXe siècle, on compte déjà quelques 40 000 pèlerins annuellement au sanctuaire. Après le Concile de Vatican II, la dévotion aux saints n'est plus mise en valeur. Il fallait pourtant mettre le sanctuaire dédié à Marie à l'heure du Concile. Ainsi, la dévotion à la Vierge a été conservée mais le contenu a été modifié et adapté au thème christologique et à la parole de Dieu. C'est alors que débute l'âge d'or du sanctuaire. Celle-ci se situe entre 1979 et 1988. Des événements comme le centenaire du pont des chapelets, la venue du pape en 1984 et le centenaire du prodige des yeux en 1988 ont vu s'accroître le nombre de pèlerins. Les organisateurs avaient mis en place plusieurs dispositifs telles que des animations, des messes rythmées, des diaporamas, etc. pour répondre à la nouvelle théologie.
En 1999, le nombre des pèlerins se chiffrait à 492 600, en 2009, on comptait 291 000 pèlerins par année. Le vieillissement de la population du Québec ainsi que la sécularisation de la société québécoise ont eu des effets sur la fréquentation du sanctuaire.
La tâche du directeur des pèlerinages consiste à faire la promotion du pèlerinage au Québec et à l'étranger. Il prépare le programme annuel et les visites des groupes de pèlerins des différents diocèses.
Avec la diminution de la fréquentation, l'organisation des pèlerinages a changé. Par exemple, chaque diocèse avait une période pré-déterminée pour faire son pèlerinage. Aujourd'hui, les diocèses choisissent le moment de leur pèlerinage. La saison des pèlerinages est également écourtée. Elle commence vers le 15 mai pour se terminer au début de septembre. Les prêtres sont moins nombreux à oeuvrer au sanctuaire et les différents groupes de pèlerins sont rassemblés.
Les groupes peuvent arriver le matin ou l'après-midi et suivre un programme de visite pré-déterminé. Les pèlerins sont accueillis lors d'une conférence animée sur un thème particulier. Le sacrement du pardon leur est offert en matinée. Ensuite, ils peuvent aller à la boutique de souvenirs. En début d'après-midi, on leur propose une promenade méditative dans les jardins sur le chemin du rosaire. Le parcours est animé par une soeur ou un prêtre qui guide le groupe dans leur méditation et récitation du chapelet.
Suit une prière eucharistique sous le même thème de la conférence du matin. Par la suite, les pèlerins ont la possibilité de faire une prière d'intercession avec l'aide d'une équipe de laïcs. À la fin de la journée, une pièce de théâtre est offerte aux visiteurs à l'extérieur. En soirée, le chemin de croix est proposé après le souper des pèlerins. Vers 20h, à la nuit tombante, les pèlerins de l'après-midi participent à la procession aux flambeaux.
Les groupes de pèlerins organisent parfois leur journée d'une manière particulière ou demandent la célébration d'une messe spéciale. C'est le cas des communautés culturelles, tels que les Indiens, les Philippins, les Italiens et des Haïtiens, qui viennent à des périodes particulières de l'année. Les Italiens viennent en grand nombre le 25 juillet. Ils s'arrêtent au sanctuaire sur leur route vers leur pèlerinage de Sainte-Anne-de-Beaupré.
Les 14 et 15 août, fête de l'Assomption, sont les journées les plus importantes et les plus achalandées de l'année. Plusieurs milliers de fidèles se rassemblent au sanctuaire pour fêter la Vierge. Ces jours-là, on accueille de nombreux groupes d'origine haïtienne. Le 25 juillet et les derniers jours de la Neuvaine, au moment de l'Assomption, sont les moments les plus importants de la saison des pèlerinages et la soirée se termine par des processions aux flambeaux. Il y a aussi les pèlerinages des non-voyants et des personnes malentendantes accompagnés par des individus pouvant les aider à faire le pèlerinage malgré leur déficience. Le dernier samedi du mois de mai, on reçoit le train marial.
Les pèlerins sont de plus en plus individuels, les moyens de transport étant démocratisés. Seuls ou en famille, ils se contentent d'aller à la prière eucharistique, d'acheter un souvenir et de se rendre au kiosque des bénédictions. Certains veulent simplement faire bénir de l'eau de la source qui se trouve au sanctuaire. Certaines personnes font des dons pour des faveurs obtenues ou à obtenir. Ils font aussi des offrandes de messe avec des demandes d'intention.
Le petit sanctuaire est un lieu de dévotion individuel et reste un lieu de célébration eucharistique tandis que la basilique est consacrée à des messes pour des groupes plus importants. Les groupes anglophones y célèbrent des messes également pour les groupes venus des États-Unis.

Apprentissage et transmission


Groupe de pèlerins
© IPIR 2010, soumis à copyright

Le sanctuaire est un lieu de rassemblement de plus en plus fréquenté par les communautés culturelles. Le nouveau défi du sanctuaire est de s'adapter aux nouvelles conditions sociales du Québec. Il faut pouvoir offrir des services adaptés aux besoins des Québécois d'origine diverses, à leur culture et à leur langue.

Localisation

Municipalité: Trois-Rivières
Région administrative: 04 Mauricie
Lieu: Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap, 626 rue Notre-Dame Est , Trois-Rivières, G8T 4G9
Téléphone: 819-374-2441
Site Web: http://www.sanctuaire-ndc.ca

Source

Hélène Veillet et le père Noël Poisson
Titre, rôle et fonction : Hélène Veillet travaille au Sanctuaire depuis 1983. Elle a d'abord travaillé au kiosque d'information jusqu'en 1998. Elle est responsable aujourd'hui du bureau des pèlerinages au Sanctuaire. Le père Poisson a été directeur des pèlerinages dans les années 1970 jusqu'en 1985.

Enquêteurs : Marie Renier, Imre Nogradi, Louise Saint-Pierre
Date d'entrevue : 15 décembre 2010


Partenaires

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