Le verger et l'autocueillette à l'abbaye cistercienne de Rougemont — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Le verger et l'autocueillette à l'abbaye cistercienne de Rougemont

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Saint-Hyacinthe
Communauté religieuse: Ordre des cisterciens

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique technique et artistique (9245).

Historique général


Le verger
© IPIR 2010, soumis à copyright

À l'origine, le travail étant réservé aux classes exploitées, les bénédictins ont choisi de s'identifier à ces classes en optant pour une vie consacrée au labeur, souvent agricole. La pauvreté bénédictine consiste donc à vivre du travail de ses mains et non de l'aumône ou de dons. Ce travail doit être autarcique et simple. Il ne peut se développer à un niveau d'organisation trop important, car cela impliquerait l'achat de machineries et l'emploi de personnel, ce qui serait trop coûteux. L'objectif du travail est de permettre aux moines de réaliser leur vie en clôture sans dépendre de revenus extérieurs.

Description


Les pommes de l'Abbaye cistercienne de Rougemont
© IPIR 2010, soumis à copyright

En arrivant à Rougemont, il y avait déjà un verger sur le terrain actuel de l'abbaye. Les moines ont donc repris l'exploitation déjà existante pour l'améliorer et ils se sont insérés dans l'économie locale de Rougemont, une économie pomicole.
Les années 1980 ont été difficiles, car les grandes chaînes de production ont assailli le marché des grandes surfaces. La production de l'abbaye ne pouvait concurrencer les autres producteurs et la vente traditionnelle au marché n'était plus rentable. C'est pourquoi les moines ont développé le service de l'autocueillette avant d'abandonner complètement la vente des pommes sur les marchés traditionnels. Ce service permettait à la communauté de vendre ses produits sans devoir engager du personnel et sans acheter un nouveau camion de livraison. Seulement, il a fallu adapter le verger à ce service, regrouper les diverses variétés de pommes et placer les variétés hâtives à l'avant du verger.
Le travail du verger débute au printemps, et est suivi de la préparation de la cueillette, qui débute fin août. Durant cette période, toute la communauté est mise à contribution pour l'accueil des visiteurs. Le père Jacques est responsable de l'entretien du verger et il a appris de manière autodidacte l'utilisation des engrais et des pesticides. Il a suivi, autrefois, un cours offert par le ministère, mais il se tient au courant des nouvelles techniques grâce à Internet. Il a aussi appris, par le père Thomas et le père qui se chargeait du verger avant lui, à faire des greffes de pommiers. Ce travail au verger comporte un certain défi au plan spirituel, car il doit rester un service à la communauté, sans pour autant que le moine au travail évacue la vie communautaire et contemplative. En période d'arrosage, il est parfois difficile au père Jacques de pouvoir assister à tous les offices de la journée.
Le développement de cette petite économie familiale reste dans la perpétuelle recherche du bon équilibre. Actuellement, le travail au verger nécessite deux employés, mais en période automnale, la communauté obtient l'aide de nombreux bénévoles. En effet, le travail dans la vie monastique doit être direct et manuel et ne pas devenir une véritable entreprise. Ainsi, les moines doivent pouvoir se démarquer de leurs concurrents de Rougemont, sans pour autant devenir une entreprise de trop grande importance. C'est pourquoi ils ont proposé à leurs clients de pouvoir entrer dans le verger avec leur véhicule et ils ont ajouté la poire à leurs produits. Cependant, ils ont choisi de ne pas vendre de tartes, gâteaux ou biscuits à base de pomme, car ce sont des produits déjà offerts par leurs concurrents.
Le service de l'autocueillette attire des familles qui aiment passer la journée sur place et prendre du bon temps dans le verger. Actuellement, ce service permet de faire vivre la communauté, sans qu'elle dépende de dons. Le cidre et le vinaigre sont produits en faible quantité, afin de seulement compléter ces revenus.
L'autocueillette offre aux familles une ouverture à la vie contemplative et une occasion de mieux connaître la vie monastique. Les moines cherchent aussi à offrir la beauté de leurs espaces extérieurs aux regards des visiteurs, car, selon l'esprit monastique, la beauté du monde extérieur influence le bien-être intérieur.

Apprentissage et transmission


Auto cueillette
© IPIR 2010, soumis à copyright

Le père Jacques est actuellement le seul à assumer la tâche d'entretien du verger. Lorsqu'il se fera remplacer, il lui faudra 3 ans pour transmettre son savoir à son successeur. La clôture rend plus difficile l'apprentissage des nouvelles techniques de production. Cependant, l'autocueillette permet de maintenir le contact avec le public et, par le fait même, de prendre le pouls des goûts et de la demande. Actuellement, le verger a une dimension de 35 hectares et la communauté fait des démarches pour augmenter sa capacité, car il est la ressource économique essentielle de la communauté. Elle plante actuellement plus de pommiers et de poiriers en prévision d'un meilleur rendement dans cinq ans.

Localisation

Municipalité: Rougemont
Région administrative: 16 Montérégie
Lieu: Abbaye cistercienne de Rougemont, 471, rue Principale, Rougemont, J0L 1M0
Téléphone: (450) 469-2880
Télécopieur: (450) 469-2551
Site Web: http://www.abbayederougemont.org

Source

Père Jacques
Titre, rôle et fonction : Le père Jacques est chargé de l'entretien du verger, de la production du cidre et de la formation des novices.
Lien avec la pratique : Le père Jacques est chargé de l'entretien du verger et de la production du cidre

Enquêteurs : Marie Renier, Maude Redmond
Date d'entrevue : 20 octobre 2010

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