L'importance du travail manuel dans la vie monastique cistercienne — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'importance du travail manuel dans la vie monastique cistercienne

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Saint-Hyacinthe
Communauté religieuse: Ordre des cisterciens

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique technique et artistique (9245).

Historique général


Frère Jacques travaille à la cidrerie
© soumis à copyright, IPIR 2010

Pour saint Benoît, les moines doivent vivre du travail de leurs mains, à l'exemple du tout premier moine et de ses apôtres. Le travail doit donc être direct et concret, et non une forme de redevance ou encore une entreprise vouée à faire travailler les autres. Par identification aux classes pauvres, autrefois désignées comme esclaves, ce travail doit être manuel. Les moines doivent aussi éviter de se disperser à l'extérieur du monastère ; ils doivent vivre, lorsque possible, en autarcie pour réaliser leur vie spirituelle. Ainsi, le travail leur assure une certaine autosubsistance.

Description


La vente des pommes
© IPIR 2010, soumis à copyright

Le travail a pour objectif de fuir l'oisiveté et d'apporter un équilibre dans la vie spirituelle. Ce travail doit être simple, afin de ne pas accaparer l'esprit et ne pas détourner de la vie spirituelle.
En opposition à la pauvreté franciscaine, qui est vécue comme un dépouillement extrême, la pauvreté monastique est avant tout une forme de désapropriation de biens personnels. Cette dernière se vit comme un partage des biens entre les membres de la communauté, pour une meilleure union des cœurs. Le travail tient lieu de service apporté à la communauté. Ainsi, celui-ci doit être géré afin d'atteindre le meilleur équilibre entre les besoins de la communauté, compte tenu de sa taille, et la vie contemplative. Il doit répondre aux besoins matériels de la communauté, être assez rentable, sans trop accaparer le temps consacré à la vie spirituelle. De plus, les frères doivent garder un train de vie modeste par rapport à la société en général et ne pas dépendre de trop de personnes ou de machines.
Le travail manuel consiste à accomplir les tâches nécessaires au déroulement du quotidien des frères. Il comprend les corvées communautaires telles la vaisselle, le nettoyage de sa cellule, le ramassage des feuilles, etc. D'autres fonctions, plus spécifiques, sont attribuées à chaque frère: la cuisine, la buanderie, la liturgie, l'accueil à l'hôtellerie, l'administration des biens, la comptabilité, la gestion de la bibliothèque, l'entretien du verger, etc. Ces responsabilités sont attribuées à chacun par le père abbé, mais elles peuvent être modifiées après 3 ou 4 années, afin d'éviter le carriérisme. En effet, le but est de veiller à ce que ces tâches soient accomplies correctement par les personnes compétentes. Ces fonctions ne doivent pas devenir, pour un frère, un prétexte pour fuir la vie communautaire pour ses propres intérêts ou pour son épanouissement personnel.
Autrefois, à la suite d'une tradition janséniste, le travail pouvait avoir une dimension pénitentielle et était vu comme une forme de sanctification du frère. L'abbé pouvait parfois attribuer à un frère un travail qu'il n'aimait pas. Depuis le Concile, le travail est devenu un secteur d'identification et d'épanouissement dans la vie religieuse. Il reste cependant un service apporté à la communauté et ne doit pas être un élément créateur d'inégalité entre les frères.
Certaines fonctions sont plus accaparantes que d'autres. Le travail à la buanderie, par exemple, peut être combiné à certaines tâches comme la vaisselle. Par contre, le travail à la cuisine ou sur le verger occupe toutes les plages-horaires consacrées au travail. Le cuisinier doit préparer les repas des moines et des visiteurs à l'hôtellerie. Il doit préparer les menus, se charger des commandes et veiller au roulement des stocks. Le père abbé, lui, occupe la fonction de cellérier. Il est responsable du cellier ou de la place pour les réserves alimentaires. Il se charge de l'approvisionnement des biens, mais également du suivi des grands travaux de rénovation qui peuvent avoir lieu au monastère. Le liturgiste s'occupe de la préparation des prières communes qu'elles soient signifiantes pour l'ensemble de la communauté. L'entretien du verger et la production du cidre sont pris en charge par le même frère, mais, en fonction des saisons, ces tâches nécessitent la collaboration de toute la communauté.

Localisation

Municipalité: Rougemont
Région administrative: 16 Montérégie
Lieu: Abbaye cistercienne de Rougemont, 471, rue Principale, Rougemont, J0L 1M0
Téléphone: (450) 469-2880
Télécopieur: (450) 469-2551
Site Web: http://www.abbayederougemont.org

Source

Père Jacques
Titre, rôle et fonction : Le père Jacques est chargé de l'entretien du verger, de la production du cidre et de la formation des novices.

Enquêteurs : Marie Renier, Maude Redmond
Date d'entrevue : 20 octobre 2010


Partenaires

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