Les missions des Frères maristes en Afrique — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les missions des Frères maristes en Afrique

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Frères maristes

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Prosélytisme (9263).

Historique général


Frères maristes
© Archives des Frères Mariste, soumis à copyright Photographie puisée dans les archives des Frères Mar

L'implantation des frères maristes sur le continent africain remonte à la deuxième moitié du 19e siècle, avec l'arrivée en 1867 de frères européens à Cape Town en Afrique du Sud. La première école pour Noirs a été construite en 1908 à Roma au Lesotho, anciennement appelé Basutoland. En 1927, Mgr Cenez proposa au supérieur général de recruter des missionnaires chez les frères maristes canadiens. En 1936, le Conseil provincial du Canada accepte d'envoyer des frères à Roma. Il délègue alors le frère Louis-Patrice Veilleux afin d'aller sur place étudier la situation avec les autorités locales. Après une entente avec Mgr Bonhomme, les frères sud-africains étaient disposés à accueillir des frères canadiens et à leur céder l'école de Roma à court délai. L'entente prévoyait que les premiers frères canadiens pourraient arriver à l'automne 1937. En fait, à cause de diverses divergences concernant l’établissement de Roma, l'apostolat des frères maristes en Afrique débuta en 1938 et, en janvier 1939, les frères maristes prennent en charge une première école à Kutama (Rhodésie). En 1974, la participation missionnaire de la province d'Iberville en Afrique se chiffre ainsi : 44 frères en Rhodésie, 4 en Zambie, 3 au Zaire-Rwanda, 2 au Congo-Brazzaville, 1 en Afrique du Sud, 1 frère au Cameroun et 3 frères à Madagascar. En 1986 ouvrira, à Nairobi (Kenya), le Centre international mariste pour la formation de tous les jeunes frères des pays d'Afrique. Les frères maristes sont toujours actifs sur le continent africain et on compte encore parmi eux quelques représentants de la province canadienne.

Description


Missions: élèves et résidences
© Archives des Frères Mariste, soumis à copyright Photographie puisée dans les archives des Frères Mar

La congrégation des Frères maristes n'est pas essentiellement une communauté missionnaire, comme, par exemple, la Société des Pères Blancs d'Afrique, mais elle est néanmoins devenue l'une des congrégations religieuses les plus engagées en mission. Les frères maristes canadiens se sont implantés sur différents continents dont l'Amérique du Sud et l'Australie. Mais ils ont été particulièrement actifs en Afrique, notamment au Malawi, au Lesotho, au Zimbabwe et au Congo. Les frères prenaient en quelque sorte la relève des pères missionnaires, en se vouant entièrement à l'éducation des jeunes Africains. Ils n'étaient donc pas des pionniers, mais davantage des collaborateurs et des successeurs des pères missionnaires, apportant ainsi une contribution significative à l'« œuvre commune » d’évangélisation de l’Église.
La vie quotidienne des frères missionnaires était bien remplie. Dans les écoles primaires et secondaires, les frères enseignaient souvent plusieurs matières à la fois, tout dépendant du nombre de professeurs disponibles. Ainsi, la catéchèse, la géographie, l'algèbre, le latin ainsi que le solfège étaient toutes des matières enseignées. En plus de l'enseignement, les frères s'occupaient aussi de la préparation au baptême, du scoutisme ou d’autres mouvements éducatifs en plus de l'instruction chrétienne. La musique et le sport occupaient également une place importante dans la vie des frères et de leurs élèves. Poursuivant leurs études dans les centres de formation (postulat, noviciat), plusieurs jeunes Africains sont d'ailleurs entrés en religion, sous l'influence positive des frères missionnaires. Outre l'enseignement et les mouvements parascolaires, les frères participaient activement à la vie communautaire locale. Ainsi, en plus de l'enseignement, les frères s'occupaient de la préparation au baptême, du scoutisme ou d’autres mouvements éducatifs. Étant en immersion totale en pays étranger, les missionnaires ont dû s'adapter non seulement au climat, mais aussi aux mœurs et aux coutumes locales. Par exemple, la hiérarchie sociale étant très différente dans les communautés africaines, les frères missionnaires devaient respecter cette hiérarchie : « Au village, le chef est encore maître, lui et son conseil décident et les villageois se conforment sans discussion ». Selon les témoignages recueillis, les jeunes Africains ne sont pas différents des Canadiens : « Ils sont vaillants, pleins d'ambition, intelligents. Il faut les aider, expliquer, tolérer, mais demeurer le chef de l'école, comme au village et surtout être juste avec eux et tenir compte de leurs coutumes. Les jeunes Africains m'ont appris à être plus patient, tolérant, juste et toujours poli ». Aujourd'hui, l'œuvre des Frères maristes continue de rayonner sur le continent africain, car la plupart des écoles, incluant les centres de formation, sont actuellement gérés par des frères africains.

Apprentissage et transmission


Missions: élèves africains
© Archives des Frères Mariste, soumis à copyright Photographie puisée dans les archives des Frères Mar

Dans les années 1940-1950, la question des missions était un sujet de discussion majeur au sein de la Congrégation des Frères maristes. Les juvénistes de l'époque se souviennent de l'emballante conférence du conseiller général, frère François de Borgia, sur les missions maristes après laquelle les jeunes frères parlaient discrètement de leur ambition à devenir missionnaire. Il n'y avait pas d'institut missionnaire pour préparer les jeunes frères, alors l'apprentissage du métier de missionnaire se faisait essentiellement par l'expérience acquise sur le terrain. Comme le Basutoland (Lesotho) était sous protectorat britannique, la langue anglaise s'imposait en administration ainsi qu'en enseignement secondaire et supérieur. Pour les frères missionnaires, la maîtrise de l'anglais était alors indispensable. En conséquence, il était fortement suggéré de passer un séjour à Londres afin de se familiariser avec le système d'éducation anglais et améliorer leur connaissance de la langue anglaise. Si les frères missionnaires ont transmis beaucoup de connaissances aux jeunes Africains, ils ont eux-mêmes appris énormément de cette expérience. Ils ont non seulement dû apprendre les langues locales, ils ont également dû s'adapter aux traditions, aux moeurs et aux coutumes des Africains, leur permettant d'acquérir tout un bagage culturel.

Localisation

Municipalité: Château-Richer
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
MRC: La Côte-de-Beaupré
Lieu: Maison des Frères maristes de Château-Richer, 7141, avenue Royale , Château-Richer, G0A 1N0
Téléphone: (418) 824-4215
Site Web: http://www.freresmaristes.qc.ca

Source

Frères Adrien Beaudoin, frère Wilfrid Breton et frère Paul-André Lavoie
Titre, rôle et fonction : Frères maristes

Enquêteurs : Marc-André Complaisance, Joseph Ronald Dautruche
Date d'entrevue : 16 février 2009


Partenaires

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