L'Ordre de la Visitation — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Présentation de la communauté

L'Ordre de la Visitation

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse Ste-Anne-de-la-Pocatière
Communauté religieuse: Ordre de la Visitation (Visitandines)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Récit fondateur (9241).

Description


Le monastère de La Pocatière, 1963
© Archives de la Côte Sud

La Visitation a été fondée par saint François de Sales et par sainte Jeanne de Chantal, le 6 juin 1610, à Annecy, en France. Lorsque saint François de Sales rencontre Jeanne de Chantal, une veuve qui désirait être religieuse, il constate qu'aucune communauté n'accueille les veuves, les femmes malades ou âgées. Après sa rencontre avec Jeanne de Chantal, saint François de Sales devient son directeur spirituel et voit en elle la femme qui pourra l'aider à fonder un ordre contemplatif ouvert aux femmes de toutes conditions.


François de Sales est né en France, le 21 août 1557. Il fait des études en droit mais est attiré par la théologie. Il est ordonné prêtre en 1593. Il s’intéresse de plus en plus au problème de la prédestination et est continuellement habité par l’angoisse provoquée par l’incertitude de l’esprit et par ce qui arrive après la mort. Il mène une vie austère de prière et de pénitence. Ses fonctions de prêtre l'amènent à côtoyer les pauvres et les marginaux de la société tels que les détenus de la prison publique. Le message de François de Sales en est un de dévotion. Selon lui, la société chrétienne est une société de foi, de prière et de service, de don et de pardon. Ce principe sera au cœur de la fondation de la Visitation Sainte-Marie qu’il fonde en 1610 avec Jeanne de Chantal. D'après lui, la Parole de Dieu, les sacrements et l’oraison sont au centre de la vie chrétienne. Ils demandent la participation de tous les laïcs, hommes et femmes, de toutes les conditions sociales.


Jeanne de Chantal, cofondatrice de l’ordre de la Visitation, est quant à elle née en France, à Dijon, le 23 janvier 1572. Avant le décès de son mari, elle est une femme très croyante: elle assiste à la messe et s’occupe des pauvres du village. Après la mort du baron de Chantal en 1601, Jeanne est inconsolable. La rencontre avec François de Sales l’aide à assumer ce décès. Convaincu de la vocation de cette veuve, François de Sales devient son guide spirituel. En 1607, il lui annonce le projet de fonder avec elle un nouvel institut de vie religieuse, la «Visitation Sainte-Marie». L’institut sera fondé en 1610, à Annecy. François de Sales rédige lui-même les Constitutions et les offre à Jeanne de Chantal. Le 16 octobre 1615, la Visitation est érigée en ordre religieux «formel». Saint François de Sales insiste pour conserver le nom qu’il avait choisi pour l’institut. Le nom de la «Visitation Sainte-Marie» rappelle le Mystère de la Visitation de Marie. Tout comme Marie dans le Mystère de la Visitation, l’ordre propose de vivre la docilité à l’Esprit Saint et l'accueil des dons : l’humilité, la foi et la conversion intérieure.


L’ordre grandit rapidement. Après Annecy et Lyon, sont fondés Moulins, Grenoble, Bourges et Paris. Si à la mort de François, en 1622, on comptait 13 monastères, en 1641, à la mort de Jeanne, il y en avait 87 dont 74 fondés par elle. Certains monastères sont érigés dans les pays proches de la France tels que l’Italie et l’Espagne. Le nombre de monastères évolue jusqu’à la Révolution française et atteint le nombre de 148. Après la révolution, le nombre diminue à 68. Certains monastères sont détruits et les religieuses de l'ordre sont dispersées. Celles qui ont échappé à la destruction de leurs monastères se retrouvent une dizaine d’années plus tard pour reconstruire l'ordre. Aujourd'hui, on trouve des monastères de la Visitation partout dans le monde. Au Canada, le premier monastère a été fondé en 1910, à Ottawa. Le deuxième l'a été en 1922, à Lévis et le dernier à La Pocatière, en 1959. Le dernier monastère a été fondé en Corée. Il y a 150 monastères de l'ordre dans le monde. Une autre explication de la popularité de l'ordre tient au charisme de la Visitation : les Visitandines sont les seules à accepter des laïques dans le cloître, comme retraitantes.


Dans l’esprit de saint François de Sales, les religieuses s’ouvrent aux « personnes du monde », en leur permettant de venir s'y ressourcer dans un climat de présence du Seigneur, toute la journée, du matin au soir. Le mystère de la Visitation de Marie à sa cousine, Élisabeth, est le symbole de l’accueil, de l’empathie et du partage. L’accueil se trouve au cœur du charisme de la Visitation. La spiritualité des Visitandines se vit au quotidien. Le renoncement intérieur, le fait de s’oublier pour l’autre et l’humilité sont les principales caractéristiques du cœur de Jésus. Or, les Visitandines ont une grande dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. Saint François de Sales recommandait, dans les constitutions, deux récréations par jour afin de permettre aux sœurs de partager leurs expériences de vie, de prière et de contemplation. Auparavant, les grillages opaques témoignaient de la séparation du cloître avec le monde; aujourd'hui, si les grilles existent toujours, elles permettent un contact direct avec le monde, mais la séparation entre l'intérieur et l'extérieur est toujours présente. Les Visitandines continuent à avoir de la relève. Cette réalité est reliée à l’accueil et au fait qu’elles acceptent des femmes mariées, des veuves ou des personnes malades. Après une vie vécue dans la société, certaines personnes désirent se retirer dans la prière et dans l’adoration de Dieu.

Localisation

Municipalité: La Pocatière
Région administrative: 01 Bas-Saint-Laurent
Lieu: Monastère de la Visitation, 1430, 4e Avenue, La Pocatière, G0R 1Z0
Téléphone: (418) 856-3243
Télécopieur: (418) 856-3243
Site Web: http://www.visitandinescanada.com

Source

Mère Marguerite Charette
Lien avec la pratique : Mère Marguerite Charette assume son deuxième mandat en tant que supérieure des Visitandines de La Pocatière.

Enquêteurs : Louise Saint-Pierre, Maude Redmond-Morissette, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 22 septembre 2010


Partenaires

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