Le sacrement de la communion dans l'Église presbytérienne — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Le sacrement de la communion dans l'Église presbytérienne

Tradition: Christianisme
Appartenance: Protestantisme
Groupe: Presbytérien
Diocèse, association ou regroupement: Église presbytérienne du Canada / Presbyterian Church in Canada (Presbytery of Montréal)
Paroisse, congrégation ou équivalent: Church of St. Andrew and St. Paul (Montréal)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Cérémonie (9310), Office (9311)
et sous Pratique religieuse (9300), Pratique rituelle (9320), Sacrifice / Offrande (9312).

Historique général


"Avec bienséance et en ordre" la préparation de l'autel
© IPIR 2010, soumis à copyright

La communion recrée la Cène, le dernier repas que Jésus a pris avec ses disciples. Le pasteur prend la place du Christ et les Anciens prennent la place des apôtres. Tout comme le baptême, la communion est un sacrement clé de l’identité chrétienne presbytérienne. Quand le ministre donne la communion, on nomme parfois cette dernière « l’action », contrastant avec son sermon, composé de paroles. Les presbytériens ne croient pas à la transsubstantiation, la transformation du pain et du vin en corps du Christ. Pour eux, le pain et le vin rassemblent les chrétiens en une vaste confrérie spirituelle au-delà du temps et de l’espace dans la reconnaissance du Christ de la Résurrection plutôt que de la Crucifixion.


Chez les presbytériens la communion est observée un dimanche dans chaque saison liturgique, et à l’église Saint Andrew et Saint Paul ce sacrement est aussi observée dans la chapelle une semaine plus tard ainsi que le Jeudi saint au coucher de soleil. Ce dernier est une liturgie très émouvante qui comprend le récit des Tenebrae, les quatre récits des Évangiles sur la Passion du Christ, lus par quatre des onze aînés choisis pour représenter les onze disciples (sans Judas Iscariote) pour cette communion. Une chandelle est éteinte et le chœur chante une réponse après chaque lecture. A la fin lorsqu’il ne reste plus de lumière, la chandelle du Christ est rallumée et l’assistance part dans la pénombre silencieusement.


Aujourd’hui les anciennes exigences pour communier ne sont plus appliquées, telles que la connaissance par cœur des réponses aux quelques cent questions du catéchisme, enfants et non membres de la paroisse étant obligés de quitter le sanctuaire avant le début de la cérémonie, entre autres. Aujourd’hui, tous ceux qui partagent la croyance au Christ Sauveur ressuscité, presbytérienne ou non, sont invités à célébrer ce sacrement avec les membres de la paroisse. 

Description


Avant l'office il faut planifier le placement des ainés
© IPIR 2010, soumis à copyright

Le vendredi précédent le sacrement, un comité se rencontre pour l’organisation de la distribution des fonctions rituelles. Le plan est  placé sur un babillard imprimé qui reflète la forme de la nef et du chœur pour que les Anciens puissent retrouver visuellement leurs postes et leurs fonctions pour le sacrement. De plus, dès son arrivée le dimanche, chaque Ancien reçoit une feuille d’instruction personnalisée.


Le dimanche de la communion, les éléments du sacrement sont distribués « sous les deux espèces » soit pain et vin (ce qui n’est pas le cas dans plusieurs autres confessions chrétiennes). Un comité de bénévoles se réunit tôt pour arranger les plateaux en argent pour la distribution du pain. D’autres plateaux contenant de petits verres de vins individuels en argent sont également préparés. Ces plateaux avec ceux réservés aux Anciens sont placés sur la Sainte Table qui est alors couverte d’une grande nappe blanche dont l’enlèvement fait partie intégrale du rituel.


Quant au déroulement du rite, le dimanche de la communion, les Anciens, portant des queues-de-pie noirs (morning coat) pour les hommes et robes noires pour les femmes, suivent la chorale et le pasteur jusqu’au chœur. Ils y retrouvent leurs places désignées autour de la Sainte Table. La communion est distribuée dans les bancs aux fidèles par les Anciens, ces derniers ayant été servis par le pasteur. La distribution aux fidèles se fait en procession solennelle. Par la suite, les Anciens retournent en grande procession les plateaux à la Sainte Table, qui est de nouveau couverte par la grande nappe blanche. La cérémonie se déroule harmonieusement, car tout a été soigneusement prévu. Cela démontre une visée presbytérienne importante, le fait qu’il faille louer Dieu « avec bienséance, et avec ordre » (1 Corinthien 14 :40). Toutefois, selon le révérend docteur Armour, la cérémonie elle-même est un acte très simple, le partage fraternel de vin et de pain.


Le rite de la communion à Saint Andrew et Saint Paul retient certains éléments de la messe catholique et le rite  orthodoxe, tels le Kyrie, le Sanctus et Benedictus etc. Sauf pour la communion du carême où certains éléments de la liturgie sont chantés par le chœur.

Apprentissage et transmission


Ce vin, c'est mon sang, versé pour racheter les péchés des hommes ...
© IPIR 2010, soumis à copyright

Il y a différents apprentissages nécessaires à la préparation et au déroulement de l'office de la communion. Pour la plupart, ces apprentissages se font à l’intérieur de la communauté, où les Anciens servent d’exemples aux nouveaux. Pour sa part, le ministre acquiert d’autres habiletés au cours de ses études. Toutefois, dans l’esprit de la démocratie qui caractérise la vie presbytérienne, il n’est pas nécessaire d’être ministre pour donner la communion. Un Ancien autorisé par le conseil et le presbytère peut le faire.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Church of St. Andrew and St. Paul, 3415, rue Redpath, Montréal (Qc), H3G 2G2
Téléphone: H3G 2G2
Site Web: http://www.standrewstpaul.com/

Source

Le révérend docteur J.S.S. Armour
Titre, rôle et fonction : Pasteur émérite à l'église Saint Andrew et Saint Paul
Lien avec la pratique : Le révérend docteur Armour est né en 1931 à Toronto. Suite aux persécutions, ses ancêtres huguenots quittent la France pour s’installer d’abord en Angleterre et par la suite en Écosse et en Irlande. Le révérend docteur Armour est de la sixième génération dans sa famille à être pasteur.

Enquêteur : Sharon Gubbay Helfer
Date d'entrevue : 26 juillet 2010


Partenaires

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