L'enseignement chez les Frères maristes — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'enseignement chez les Frères maristes

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Frères maristes

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Premier noviciat
© Archives des Frères Maristes, soumis à copyright Photographie puisée dans les archives des Frères Ma

L'éducation de la jeunesse, au moyen de l’enseignement, a toujours été le premier et principal apostolat des Frères maristes. À leur arrivée au Québec, l'enseignement secondaire classique et universitaire était aux mains du clergé séculier. En conséquence, les autorités scolaires ne leur confiaient que l'enseignement primaire, à l'instar des communautés enseignantes qui les avaient précédés. Les Frères maristes faisaient l'éducation des jeunes garçons, sous la direction exclusive de frères depuis le cours préparatoire jusqu'à la fin des études. Peu à peu, des enseignants masculins laïcs ont intégré les écoles maristes, puis les institutrices s’accaparant progressivement les classes du premier degré élémentaire poussèrent les frères vers les degrés plus élevés. À partir de 1932, le Département de l'instruction publique effectuera un contrôle officiel des programmes et des études dans ces écoles publiques. Auparavant, la communauté des Frères maristes préparait elle-même, dans la plupart de ses écoles, des examens sanctionnés par un diplôme congréganiste. À partir des années 1940 et celles qui suivirent, le programme scolaire des Frères maristes comprenait les cours primaires (six premières années), les cours complémentaires (7e et 8e années) et les cours supérieurs (9e, 10e, 11e et 12e années). En raison de la laïcisation de la société québécoise, dans la deuxième moitié du 20e siècle, du recrutement de plus en plus difficile pour les congrégations religieuses et, partant, d’une diminution des membres, les Frères se sont progressivement retirés du système d'éducation du Québec. Cet apostolat s'est exercé dans plus de 77 pays sur les cinq continents, dans les écoles secondaires publiques, les académies commerciales et, plus tard, les sections classiques. Au Québec comme ailleurs dans le monde, la religion, le travail intellectuel, le sport et la musique étaient au cœur de l'enseignement mariste.

Description


Frère enseignant
© Archives des Frères Maristes, soumis à copyright Photographie puisée dans les archives des Frères Ma

L’ambition étant de dispenser l’éducation la plus complète possible, au Québec comme ailleurs, en plus de l’enseignement scientifique ou commercial proprement dit, la religion, le travail intellectuel, l’organisation des sports, les mouvements apostoliques diocésains, les chorales paroissiales et l’étude de la musique ont toujours été partie intégrante de l'éducation et de la formation maristes.
Concernant la pratique chrétienne courante, la prière du matin, la messe aussi fréquemment que possible, le catéchisme quotidien, la prière de l’heure, le chapelet, le Trésor du Sacré-Cœur, la participation à l’œuvre de la Sainte-Enfance, à la JEC ou à d’autres mouvements apostoliques apparentés, faisaient partie des programmes scolaires réguliers. Certains professeurs accompagnaient leurs élèves à des retraites fermées de trois ou quatre jours dans une maison religieuse où un prédicateur animait la réflexion sur le présent et l'avenir.
En ce qui concerne le travail intellectuel, en même temps que le français (lecture, orthographe, rédaction), les mathématiques (arithmétique, algèbre, géométrie), l’histoire du Canada et des États-Unis, la géographie, les sciences naturelles, les bienséances, le dessin, l’élocution et la déclamation ainsi que l’anglais comme langue seconde, sont aussi au programme, de même que l’enseignement de la religion (catéchisme, connaissance de l’évangile, histoire de l’Église catholique).
La culture physique était aussi au cœur de l’enseignement mariste; dans toutes les écoles, des jeux et des loisirs tels que le base-ball, le basket-ball et le hockey sont organisés pour chaque classe durant les récréations. D'ailleurs, durant la saison hivernale, dans la plupart des écoles, une patinoire est entretenue et ouverte aux élèves pendant les récréations et les jours de congé. La musique faisait également partie intégrante de l'enseignement mariste; dans la majorité des écoles, des chorales assuraient souvent le chant liturgique aux offices paroissiaux. On trouvait également dans plusieurs écoles un corps de cadets avec batteries de tambours et clairons et à l'occasion une fanfare scolaire ou paroissiale. La plupart des écoles possédaient également des groupes sociaux ou catholiques bien organisés qui réunissaient l'élite des jeunes, de la première année à la 9e année. Dans les écoles supérieures, les frères avaient aussi créé une filiale de l'Association de la jeunesse canadienne-française, qui regroupait surtout les finissants, à l'intérieur de laquelle des sujets d'intérêt patriotique, moral, social et historique étaient abordés. En définitive, les Frères maristes ont joué un rôle majeur dans l'éducation de la jeunesse québécoise pendant près d'un siècle, tant au plan scolaire que parascolaire.

Apprentissage et transmission


La classe de chant
© Archives des Frères Maristes, soumis à copyright Photographie puisée dans les archives des Frères Ma

Jusque dans les années 1930, l'obtention d'un diplôme en enseignement n'était pas obligatoire pour les frères qui enseignaient dans les écoles maristes. C'était la communauté elle-même qui se chargeait de la formation des frères. Lorsqu'ils ont voulu obtenir des diplômes officiels en enseignement, les Frères maristes ont demandé au Département de l'instruction publique la possibilité de mettre sur pied leurs propres écoles de formation, qui deviendront les scolasticats. Les Frères maristes étaient néanmoins tenus de suivre le programme officiel du gouvernement et ils étaient soumis aux mêmes examens que les enseignants laïcs.

Localisation

Municipalité: Château-Richer
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
MRC: La Côte-de-Beaupré
Lieu: Maison des Frères maristes de Château-Richer, 7141, avenue Royale , Château-Richer, G04 1N0
Téléphone: (418) 824-4215
Site Web: http://www.freresmaristes.qc.ca

Source

Frère Laurent Potvin et frère Borrommée Caron
Titre, rôle et fonction : Frères maristes

Enquêteurs : Marc-André Complaisance, Joseph Ronald Dautruche
Date d'entrevue : 27 février 2009


Partenaires

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