La communion à l'église St. Andrew's Presbyterian Church — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La communion à l'église St. Andrew's Presbyterian Church

Tradition: Christianisme
Appartenance: Protestantisme
Groupe: Presbytérien
Diocèse, association ou regroupement: Église presbytérienne du Canada / Presbyterian Church in Canada (Presbytery of Québec)
Paroisse, congrégation ou équivalent: St. Andrew's Presbyterian Church (Québec)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique rituelle (9320), Rite d'agrégation (9322).

Historique général


L'église presbytérienne St. Andrew's durant l'hiver
© IPIR 2011, soumis à copyright

L’Église presbytérienne est une Église réformée qui s’inspire des enseignements de Calvin. En effet, au 16e siècle, les idées calvinistes sont introduites en Écosse par John Knox qui est considéré comme le père du presbytérianisme. Les réformes alors proposées mènent, entre autres, à une réduction du nombre de sacrements pour les presbytériens. Ainsi, seuls les deux sacrements reçus ou prodigués par Jésus sont conservés soit le baptême et la communion.

Plusieurs termes désignent la communion tels que « Holy Communion » ou « The Lord’s Supper ». En effet, ce sacrement fait référence au dernier repas pris par le Christ avec ses apôtres, la Cène. Contrairement à d’autres dénominations chrétiennes, les presbytériens célèbrent la communion quatre à cinq fois par année. Toutefois, la fréquence varie selon les congrégations puisque certaines préfèrent communier une fois l’an lors du Jeudi saint, jour où s’est tenue la Cène. D’autres congrégations optent pour la tenue d’une communion chaque mois. C’est le Conseil des Anciens qui fixe les dates des communions qui surviennent lors des services religieux dominicaux réguliers.

Le sens de la communion est quelque peu différent de celui attribué, par exemple, par les catholiques romains notamment en ce qui concerne la notion de « sacrifice ». Les presbytériens croient que le dernier sacrifice correspond à celui du Christ qui a donné sa vie sur la croix. Pour cette raison, ils envisagent la communion comme un « repas » et non comme un « sacrifice ». De la même manière, la table où s’effectue la communion n’est pas appelée « autel », mais simplement « table de communion ».

Une autre différence majeure entre catholiques romains et presbytériens est que ces derniers ne croient pas à la transsubstantiation, c’est-à-dire à la transformation du pain et du vin en corps et sang du Christ. En effet, selon Calvin, la présence du Christ lors de la communion n’est pas physique, mais plutôt spirituelle (Ayers, 1995: 5). Comme le souligne Calvin : « … let us feel as much assured that the visible sign is given us in seal of an invisible gift as that his body itself is given to us » (Calvin, 1539 : livre 4, chapitre 17, section 10). Si pour les presbytériens la communion marque un rapprochement vers Dieu, elle resserre aussi les liens les unissant aux autres membres de leur congrégation.

Autrefois, la communion n’était pas accessible à tous. En effet, pour régulariser ce sacrement, on avait instauré, sous la suggestion de Calvin, un système de jetons de communion. Avant chaque célébration, le Conseil des Anciens visitait les membres de la communauté et leur posait des questions sur leur foi. Si ces derniers répondaient de manière satisfaisante, les Anciens leur remettaient un jeton qui leur permettait d’être admis à la table de la communion (The Glens of Antrim Historical Society :1).

Cette pratique a été abandonnée vers le début du 20e siècle lorsque le sacrement de communion, plutôt que de se mériter pour sa bonne conduite ou pour ses connaissances, est devenu une manière de se rapprocher de Dieu (Presbyterian Heritage Center, 2007 : 1). Aujourd’hui, la communion est conçue par les presbytériens comme une occasion d’ouverture envers tous, sans égard à leur dénomination religieuse. Ainsi, chaque personne présente peut recevoir la communion.

Description


La table de communion
© IPIR 2011, soumis à copyright

La communion est une cérémonie très solennelle. Avant la cérémonie, le pasteur convoque le Conseil des Anciens dans une petite pièce fermée de l’église et c’est seulement après cette réunion que la célébration peut débuter. Ce sacrement a lieu lors d’un service régulier, c’est-à-dire que la cérémonie dure seulement une partie de la rencontre. Les textes, les chants et le sermon du pasteur sont judicieusement choisis pour préparer les croyants à recevoir la communion. Après le sermon, le Conseil des Anciens s’avance vers l’avant et s’assoit sur des chaises disposées en demi-cercle autour de la table de communion. Le pasteur descend de la chaire et vient les rejoindre. Après quelques prières viennent la bénédiction ainsi que la distribution du pain et du vin. La table de communion doit alors être vidée de tous les objets qui ne servent pas lors de ce sacrement, car rien ne doit distraire les membres de la congrégation durant la cérémonie.

Il n’y a pas de règles qui régissent le choix du pain et du vin pour la communion. À St. Andrew’s, le pain est cuit par le pasteur et l'on distribue dans des coupes individuelles du vin ou du jus de raisin, selon la préférence des communiants. D’autres congrégations peuvent choisir d’acheter directement le pain à l’épicerie, certaines optant même pour un pain pita. La raison de ce choix est que Jésus aurait utilisé du pain sans levain lors du dernier repas, car la tradition le prescrivait durant la période de la Pâque juive.

Après la bénédiction du pain et du vin, les Anciens, et non le pasteur, distribuent la communion au reste de la congrégation. Ensuite, un de ceux-ci, le « Clerk of Session », l’offre au pasteur et ce dernier la donne finalement aux membres du conseil. Il s’agit d’un symbole de partage, les presbytériens insistant sur le caractère égalitaire que doit prendre ce repas sacré. Contrairement à ce qui est le cas chez les catholiques romains, tous ont le droit de toucher le pain béni.

Les prières récitées tout au long de la cérémonie sont très semblables à celles dites par les autres confessions chrétiennes lors de la communion. On y retrouve généralement la Prayer of Thanksgiving, le Sanctus et le Mystery of Faith: « Christ has died, Christ has risen, Christ will come again… ». Cette dernière, traitant de la résurrection, est au centre de la foi chrétienne d’où l’importance de lui accorder une place de choix lors de ce sacrement.

Le déroulement de la communion est essentiellement toujours le même. Dans le cas où le pasteur est appelé à célébrer la communion à l’extérieur de l’église pour une personne qui ne peut se déplacer, cela est souvent plus court. Effectivement, le pasteur peut donner ce sacrement n’importe où et n’importe quelle table peut servir de table de communion.


À chaque communion, le « Clerk of Session » est aussi responsable de compter le nombre de personnes qui reçoivent la communion. À St. Andrew’s, on a constaté que depuis quelques années, ce nombre se faisait de plus en plus grand.

Apprentissage et transmission


Révérende Katherine Burgess durant la célébration
© IPIR 2011, soumis à copyright

L'apprentissage de la communion se veut informel et par imitation. Il n’y a pas de préparation spécifique à faire avant de communier. Comme il a été dit, la communion presbytérienne est ouverte à tous, qu’ils soient presbytériens ou non, baptisés ou non. Même les jeunes enfants de la congrégation participent à la communion, car on veut leur signifier qu’ils sont aussi des membres de la communauté.


Cette ouverture s’explique parce que l’on considère la communion non comme un privilège qui se mérite, mais comme une façon particulière de se rapprocher de Dieu et des autres membres de la communauté. De plus, selon notre informatrice, Jésus voulait que l’on partage son message et qu’on prêche en dehors des communautés chrétiennes. Le passage des Évangiles selon Matthieu (5-7) concernant le sermon sur la Montagne illustre bien le désir de Jésus que tous reçoivent ses enseignements et non exclusivement les juifs de la synagogue. En raison de cette communion ouverte, les presbytériens disent symboliquement la recevoir deux fois : d’abord comme chrétiens et ensuite comme presbytériens.

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Église St. Andrew's de Québec, 106, rue Sainte-Anne, Québec, G1R 3X8
Téléphone: (418) 694-1347
Télécopieur: (418) 694-3331
Site Web: http://www.standrewsquebec.ca/

Source

Katherine Burgess
Titre, rôle et fonction : La révérende Katherine Burgess est ministre du culte de l'église presbytérienne St-Andrew's de Québec depuis septembre 2009.

Enquêteurs : Francesca Désilets, Marie-Ève Samon et Marie Renier
Date d'entrevue : 27 janvier 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: