Le charisme des Frères du Sacré-Coeur d'Arthabaska — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Le charisme des Frères du Sacré-Coeur d'Arthabaska

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Nicolet
Communauté religieuse: Frères du Sacré-Coeur

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique spirituelle (9330), Guide spirituel (9331)
et sous Pratique religieuse (9300), Enseignement religieux (9360), Apostolat (9366).

Historique général


Père André Coindre, le fondateur des Frères du Sacré-Coeur, en France
© IPIR 2011, soumis à copyright

La congrégation des Frères du Sacré-Cœur est issue de l’œuvre de l’Institut du Pieux Secours, consacré aux enfants abandonnés et créé en France par le père Coindre. Souhaitant que ces jeunes apprennent un métier et désirant assurer une permanence à son oeuvre, le père Coindre fonde la communauté, puis ouvre, en 1823, une école à Monistrol. Plus tard, frère Polycarpe, deuxième fondateur de l’ordre, contribue à orienter la communauté vers une mission d’éducation des enfants. Le charisme des Frères du Sacré-Cœur se caractérise ainsi par un attachement à l’enseignement et à l’accompagnement des jeunes à l'extérieur des classes. Lors de la rédaction de la Règle de vie, frère Polycarpe dédie d'ailleurs plusieurs articles au milieu scolaire.

Description


Frères, élèves et machines à écrire, près de l'entrée du collège d'Arthabaska, en 1926
© Archives f.s.c. d'Arthabaska, soumis à copyright

Le charisme est défini par saint Paul comme un don, une grâce en vue du bien commun. Dans l’Église, les
communautés exercent un ministère dans un champ apostolique bien particulier
qui fait voir le charisme. Le charisme des Frères du Sacré-Cœur est inspiré « de l'élan apostolique du père André Coindre : instruire la jeunesse délaissée, l'initier à la connaissance et à l'amour de Dieu. » (Règle de vie 11) Il consiste à « croire à l’amour de Dieu, en vivre et le répandre » (Règle de vie 13). C’est sa mission d’éducation, en particulier auprès des jeunes, que la communauté contribue à l’évangélisation : « Leurs élèves peuvent bénéficier de l’approche pédagogique qui caractérise la communauté. Les frères ont comme souci majeur la préparation de chrétiens engagés dans le monde de demain. » (Les Frères du Sacré-Cœur en Amérique du Nord, 1993)

Leur initiative éducative, en
plus de l’instruction proprement dite, comprend des activités sportives et
artistiques. Selon l'article 149 de la Règle de vie, la formation englobe toutes
les dimensions de la personne : « Membres d'un institut voué à l'éducation chrétienne, spécialement celle des enfants et des jeunes, nous avons la responsabilité spécifique de donner à la personne humaine une formation intégrale en vue de sa destinée éternelle. » Jusqu’au début du 20e
siècle, les qualifications des Frères étaient modestes :
brevet élémentaire, complémentaire et supérieur que décernait le
Département de l’Instruction publique. Dans les  collèges bilingues et commerciaux des débuts de la
congrégation au Canada étaient enseignés : la sténographie, la
télégraphie, l’usage de la machine à écrire et le dessin industriel. Plusieurs
manuels scolaires ont été publiés par les Frères du Sacré-Cœur ; une
centaine de 1880 à 1960. Les établissements importants qui ont suivi la
première fondation, le Collège commercial d’Arthabaska, sont le Collège
Sacré-Cœur de Saint-Hyacinthe, l’Académie Sacré-Cœur de Sherbrooke et l’École
Meilleur de Montréal.


Après 1960, avec
la réforme du système scolaire au Québec, l’engagement traditionnel des Frères
du Sacré-Cœur est remis en cause.  Dans les missions d’Afrique et d’Amérique latine, entre
autres, rien n’est changé. Au Canada, cependant, les frères doivent s’adapter aux
transformations et une profonde réflexion sur le charisme s’amorce. Avec les
années, plusieurs formes d’engagement sont apparues : animation pastorale,
foyers d’accueil, aide aux décrocheurs, alphabétisation, bénévolat dans divers
organismes humanitaires, etc. La communuaté est de moins en moins présente dans le milieu
scolaire au Québec. À l’invitation des derniers chapitres généraux, les Frères
essaient d’être à l’écoute de ceux qui sont démunis et sans espérance, en
particulier les jeunes.


 

Localisation

Municipalité: Victoriaville
Région administrative: 17 Centre-du-Québec
Lieu: Maison provinciale des frères du Sacré-Coeur d'Arthabaska, 905, boulevard des Bois-Francs Sud, Victoriaville (Qc), G6P 5W1
Téléphone: 819-357-8215

Source

Jean-Claude Éthier
Titre, rôle et fonction : Frère Jean-Claude Éthier est adjoint au secrétariat à la maison Provinciale d’Arthabaska.
Lien avec la pratique : À son arrivée à la Maison Provinciale des Frères du Sacré-Cœur d’Arthabaska, les frères ont lui demandé de rédiger un survol de l’histoire de la communauté. À la suite d’un premier ouvrage publié en 1936 par frère Théodule concernant la pastorale des frères au Canada, frère Jean-Claude Éthier écrit un livre présentant la fondation et l’évolution de la communauté.

Enquêteurs : Daniela Moisa, Francesca Désilets
Date d'entrevue : 8 février 2011, 8 février 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: