Pratiques ascétiques : l'unification de l'être pour les Cisterciennes — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Pratiques ascétiques : l'unification de l'être pour les Cisterciennes

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Cisterciennes (Trappistines)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique ascétique (9340), Autre (9345)
et sous Pratique religieuse (9300), Pratique ascétique (9340), Jeûne (9341).

Historique général


Soeur Marie Saint-Pierre
© IPIR 2011, soumis à copyright

L'ascèse fait partie intégrante de la vie monastique. Dans l'ordre cistercien, l'ascèse se perpétue depuis l'an 1098 et les pratiques ascétiques sont, encore aujourd'hui, au cœur de la vie des moniales de l'abbaye Notre-Dame du Bon Conseil à Saint-Benoît-Labre. Ces pratiques ont toutefois été allégées après le Concile Vatican II, mais continuent d’être présentes par le jeûne, l'office nocturne, le travail manuel et la pauvreté volontaire.

Description

Par définition, l'ascèse est une discipline volontaire du corps et de l'esprit. Pour les cisterciennes de l'abbaye Notre-Dame du Bon Conseil, les pratiques ascétiques sont des outils pour arriver à un élargissement de la capacité d'accueil de Dieu. L’ascèse ne doit pas être considérée comme quelque chose qui refrène, mais comme une discipline de vie qui favorise l'unification de l'être (le corps doit être en harmonie avec l'âme). Bien que l'ascèse puisse paraître exigeante, elle devrait permettre une plus grande ouverture à Dieu. Si tel n’est pas le cas, sa pertinence doit être remise en cause.
L'ascèse est très présente dans les pratiques alimentaires des religieuses de l'abbaye Notre-Dame du Bon Conseil. D’abord, l'alimentation des cisterciennes exclut la viande. Elle inclut toutefois le poisson, depuis quelques années. Seules les religieuses ayant des problèmes de santé ont l'autorisation de manger de la viande. De plus, l’ascèse se matérialise par une période de jeûne qui s’étend du 14 septembre à la fête de Pâques. Pendant ces mois, chaque religieuse doit juger de sa capacité à jeûner. La communauté fait appel à la responsabilité personnelle et comme le stipule la règle de saint Benoît, les capacités sont différentes et certaines peuvent jeûner plus que d’autres. Selon la règle, les moines et moniales doivent rester sur leur appétit au moment de sortir de table. Ainsi, pour respecter le jeûne, il ne faut jamais manger à satiété.
L'office de nuit, les vigiles, représente aussi une pratique ascétique quotidienne pour les cisterciennes, puisqu'il oblige les religieuses à se rendre à la chapelle avant le lever du soleil. L'office de nuit est un temps de prière centré sur l'attente du Christ.
Pour les moniales, l’ascèse se traduit également par un mode de vie simple. Par conséquent, les cisterciennes utilisent un minimum de choses et s’astreignent à une vie dépouillée. Leur vie communautaire leur apprend à prioriser le bien-être de leurs consœurs. Ces pratiques ascétiques visent l’unification de l’être, l’ouverture envers le Christ Jésus, la pureté du cœur.

Localisation

Municipalité: Saint-Benoît-Labre
Région administrative: 12 Chaudière-Appalaches
Lieu: Abbaye Notre-Dame du Bon Conseil, 670, rang Sainte-Évelyne, Saint-Benoît-Labre, G0M 1P0
Téléphone: 418-227-0995
Télécopieur: 418-228-6204
Site Web: http://www.trappistine.org

Source

Sœur Marie Saint-Pierre
Titre, rôle et fonction : Née à Sainte-Hélène-de-Kamouraska en 1945, sœur Marie Saint-Pierre fait son entrée chez les Cisterciennes, au monastère de Saint-Romuald, en 1964. Depuis 1989, elle est l'abbesse de l'abbaye Notre-Dame du Bon Conseil.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Marie Renier
Date d'entrevue : 22 février 2011


Partenaires

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