Les vêtements liturgiques de l’évêque — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les vêtements liturgiques de l’évêque

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse Ste-Anne-de-la-Pocatière
Paroisse, congrégation ou équivalent: Diocèse Ste-Anne-de-la-Pocatière

Classé sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique vestimentaire (9243).

Historique général


Mgr Moreau met la croix pectorale
© IPIR 2009, soumis à copyright

L’usage des vêtements liturgiques dans le christianisme remonte à la fin du premier millénaire. Durant les liturgies des premiers siècles chrétiens, les vêtements liturgiques ressemblaient aux vêtements laïcs ordinaires. Pour l’Église catholique, on assiste, à partir du 13e siècle, à des changements importants au niveau des textiles utilisés (étoffes lourdes et riches) et des formes des vêtements liturgiques. Ainsi, certains vêtements sont devenus moins amples et plus stylisés.

Au Québec, les vêtements liturgiques ont suivi les modèles imposés par Rome, bien que certaines particularités locales aient été développées. Avec le Concile Vatican II, on assiste à une diminution des usages cultuels des vêtements liturgiques.

Description


Mgr Moreau lors du sacrement de la confirmation
© IPIR 2009, soumis à copyright

Quotidiennement, l’évêque peut porter la soutane noire, non filetée. Les évêques venant d’une congrégation religieuse peuvent quant à eux garder l’habit de leur institut. Le collaro, une pièce servant à couvrir le cou à l’échancrure de la soutane, la calotte ainsi que la ceinture de couleur violette peuvent accompagner la soutane noire. La croix pectorale est quant à elle suspendue
à une chaîne ou un cordon. L’anneau pastoral, porté à l’annuaire de la main droite par les évêques, est porté à toutes occasions. Il symbolise la fidélité et l’union de l’évêque à son église particulière. Autrefois serti d’une améthyste de forme ovale, l’anneau adopte de nos jours des formes assez variées et ne comporte plus systématiquement de pierre précieuse. Monseigneur Yvon Joseph Moreau a, pour sa part, opté pour un anneau en argent, plutôt simple.

Selon le Cérémonial des évêques, les vêtements de chœur sont portés par l’évêque chaque fois qu’il se rend en public à l’église ou qu’il en revient et lorsqu’il est présent à une action liturgique sans la présider, que ce soit dans son diocèse ou à l’extérieur. Le vêtement de chœur est ainsi composé de la soutane violette, cette longue robe portée sous les vêtements liturgiques, et la ceinture violette, avec aux deux extrémités une bordure de franges. Le rochet, vêtement s’arrêtant à la hauteur des genoux, est de plus porté sous la mosette, une courte pèlerine. L’évêque porte également la croix pectorale et la calotte violette, petite coiffe ronde, aujourd’hui symbolique mais à l’origine portée pour recouvrir la tonsure des clercs.

Lors de circonstances solennelles outre les célébrations liturgiques, telle la célébration de la confirmation, l’évêque porte d’abord l’aube, une longue robe de tissu blanc, sur laquelle il peut enfiler le camail, très similaire à la mosette, mais avec quelques variantes de tailles et d’utilisations. L’évêque porte également la ceinture de soie violette avec franges aux extrémités, la croix pectorale, la calotte et le collaro, violets. L’usage du grand manteau de cérémonie violet est quant à lui réservé aux occasions de grande solennité. Autrefois, à l’occasion de la confirmation, l’évêque faisait son entrée dans l’église, vêtu d’une soutane rouge. Il revêtait ensuite ses habits devant les fidèles, lesquels habits étaient apportés progressivement au cours de la cérémonie. Les accessoires et vêtements des dignitaires épiscopaux étaient par ailleurs davantage ornés et élaborés qu’aujourd’hui.

Bref, l’évêque dans l’Église catholique romaine se reconnaît à différents attributs, tels la croix pectorale, l’anneau pastoral (ou anneau épiscopal) et le costume ecclésiastique violet. La mitre, portée à l’entrée et à la sortie des cérémonies liturgiques, et la calotte violette, constituent toutefois les signes distinctifs de l’évêque.


Couvre-chef liturgique réservé aux hauts prélats de l’Église, la mitre symbolise l’enseignement et l’explication de la Parole de Dieu. Elle rappelle de plus un rite de l’ordination de l’évêque, rite durant lequel un évangile ouvert est placé au-dessus de la tête du candidat, évoquant le fait que ce dernier doit partager l’enseignement du Christ. Symboliquement, l’évêque n’occupe pas de position supérieure, mais se trouve au service de l’évangile. De par sa forme triangulaire, la mitre rappelle ainsi le livre ouvert au-dessus de la tête du clerc. Les deux pans de la coiffure suggèrent symboliquement l’Ancien et le Nouveau Testaments. Portée sous la mitre, la calotte violette n’est enlevée dans la célébration qu’au moment de la prière eucharistique.

L’évêque dispose de plus d’une crosse, insigne de son pouvoir et symbole de sa fonction de pasteur. Rappelant l’image emblématique du berger, le bâton pastoral appartient à celui qui dirige, conseille et conduit le peuple de fidèles. L’évêque se choisit également une devise épiscopale, laquelle l’inspirera et le guidera. Bien que Monseigneur Yvon Joseph Moreau ait choisi de ne pas disposer d’armoiries, l’évêque peut en posséder une. L’écu étant propre à chacun, il est cependant accompagné d’ornements communs à tous les évêques, soit un chapeau de sinople vert décoré d’une cordelière à six houppes. Le blason se trouve posé sur une croix de procession à une traverse.

Enfin, l’évêque pouvant certes être reconnu à différents attributs tels la croix pectorale, l’anneau pastoral, le costume ecclésiastique violet ou la crosse, on le distingue essentiellement par ses coiffes, la calotte et la mitre.

Apprentissage et transmission


La calotte violette de l'évêque
© IPIR 2009, soumis à copyright

Les usages cultuels des vêtements liturgiques de l’évêque sont réglementés par le Vatican. Certaines particularités locales se développent parfois en fonction des contextes culturels et religieux. Au Québec, on respecte généralement les modèles imposés par Rome, tout en nuançant certaines pratiques cultuelles et culturelles relatives aux couleurs et aux ornements. Cette symbolique particulière est transmise oralement.

Localisation

Municipalité: Sainte-Anne-de-La-Pocatière
Région administrative: 01 Bas-Saint-Laurent
Lieu: Église paroissiale de Saint-Jean-Port-Joli, 1, place de l'Église, Saint-Jean-Port-Joli, G0R 3G0
Téléphone: 418-598-3282
Télécopieur: 418-598-3023
Site Web: http://www.diocese-ste-anne.net/

Source

Mgr Yvon Joseph Moreau
Titre, rôle et fonction : Monseigneur Yvon Joseph Moreau a été nommé évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière le 18 octobre 2008. Le diocèse compte 56 paroisses catholiques.

Enquêteurs : Louise St-Pierre, Imre Nogradi


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: