Les missions et les communautés des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil en Afrique — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les missions et les communautés des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil en Afrique

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Prosélytisme (9263).

Historique général


Le groupe du premier noviciat en Ouganda en 1943
© Archives des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil, soumis à copyright

À la fin des années 1930, les Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil voient soudainement leurs activités apostoliques se porter vers de nouveaux horizons avec des missions à l'étranger, principalement en Afrique. Dès le début du 20e siècle, avec l’inauguration d’une première maison à Natashquan, au Québec, mère Françoise Simard a dit : « Nous acceptons cette fondation et j'espère qu'un jour, nous irons aussi loin que l'Afrique. »

Son vœu se réalise quand l'évêque de Mbarara en Ouganda, monseigneur Lacoursière, demande à mère Sainte-Hélène, supérieure générale de l’époque, d'envoyer des missionnaires dans son diocèse. Mgr Lacoursière voulait que des religieuses fassent la promotion des droits de la femme et travaillent auprès des pauvres et des malades. Rome donne rapidement son approbation et en septembre 1937, quatre sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil quittent la maison mère pour fonder une mission à Mbarara. Les mois suivants sont consacrés à l'apprentissage de la langue vernaculaire et à l'adaptation aux coutumes de la population ougandaise. Six mois après leur arrivée, les fondatrices entreprennent leur mission d’éducation dans les écoles, les orphelinats et les dispensaires. En 1940, elles ouvrent une École normale et s'impliquent, par la suite, dans les écoles secondaires. Plusieurs religieuses viennent ensuite leur prêter main-forte. Ainsi, 38 religieuses canadiennes ont œuvré en Ouganda au cours des 40 ans où la communauté a été présente dans ce pays.

Vers 1940, quelques jeunes Ougandaises expriment le désir d’adhérer à la communauté des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil. Ce n'est toutefois que le 2 février 1943 que la communauté reçoit de Rome l'autorisation de former des novices. Les sœurs canadiennes veulent former des religieuses pouvant prendre rapidement la relève et devenir autonomes. Onze jeunes filles ont déjà manifesté leur intérêt. Puisque la formation doit se faire dans la langue du pays, la communauté se consacre d’abord à la traduction des constitutions, du coutumier, des prières et des livres de spiritualité, spécialement ceux relatifs à saint François de Sales. Les premières novices ougandaises font profession en 1945 et 9 religieuses prononcent leurs vœux perpétuels en 1959. En 1957, un décret en provenance de Rome accorde l’autonomie à la nouvelle communauté appellée The Sisters of Our Lady of Good Counsel of Mbarara.

Jusqu’en 1963, année où les Sœurs ougandaises reçoivent leur complète indépendance, elles doivent respecter trois conditions : la supérieure générale et la maîtresse de formation doivent être canadiennes et les religieuses canadiennes doivent rester sur place pour gérer les différentes œuvres de la communauté. Dans les années 1960, quand les religieuses ougandaises commencent à prendre de plus en plus de responsabilités dans les œuvres des sœurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, les sœurs canadiennes entament leur retrait progressif du pays. En 1976, les dernières religieuses canadiennes quittent l’Ouganda. En 2011, la communauté  The Sisters of Our Lady of Good Counsel of Mbarara compte près de 300 professes, animées encore aujourd’hui, de la même spiritualité poursuivant la même mission que les religieuses canadiennes.

En 1976, après le départ des sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de l’Ouganda, le diocèse de Byumba au Rwanda les invite à fonder une mission sur leur territoire. Quatre religieuses se rendent ainsi au Rwanda en 1977. Elles désirent œuvrer dans le domaine de l’enseignement, faire la promotion des droits de la femme et aider les pauvres. Dès leur arrivée, les sœurs canadiennes ouvrent une école secondaire qui est aujourd'hui dirigée par la communauté rwandaise. En 1979, cinq jeunes rwandaises demandent de devenir membres des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil et elles sont prises en charge par la communauté canadienne. Ce n’est, toutefois, qu’en 1984 que le conseil général de la congrégation demande à l’évêque du diocèse de Byumba la permission d’ouvrir une maison de formation. Une religieuse œuvrant au Sénégal est alors nommée responsable de la formation religieuse et poursuit le travail qui a été commencé en 1979. Les aspirantes reçoivent une formation qui leur permettra d’être autonomes, comme ce fut le cas en Ouganda. Les novices sont rapidement initiées aux responsabilités et à la prise de décisions, et les formatrices décident de ne pas vivre avec les novices pour leur laisser plus de liberté. En octobre 1990, la guerre éclate au Rwanda. La communauté compte alors 14 novices déjà impliquées dans les œuvres créées par les sœurs canadiennes à leur École sociale : orphelinats et soins des personnes handicapées et malades. Lors du génocide de 1994, les sœurs canadiennes n'abandonnent pas la jeune communauté rwandaise. Durant cette épreuve, et encore aujourd’hui, les Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil sont présentes au Rwanda. En 2011, la jeune communauté compte 31 professes, 2 novices, 1 postulante et 2 sœurs canadiennes. Les sœurs rwandaises continuent d’œuvrer dans le domaine de l’éducation, notamment dans les écoles, dans les camps de réfugiés congolais et dans l'enseignement de la catéchèse aux familles. La communauté du Rwanda n’a toujours pas atteint son indépendance, mais elle devrait franchir cette étape dans les prochaines années.

En plus d’œuvrer en Ouganda et au Rwanda, les Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil ont aussi travaillé au Zaïre (maintenant République démocratique du Congo), au Sénégal et en Tanzanie. Déjà, en 1937, mère Françoise Simard se réjouissait de la présence de sa communauté en Afrique : « Je meurs contente. Je suis sûre que ma communauté vivra. »

Localisation

Municipalité: Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
Lieu: Maison mère des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi, 700, rue Racine, Saguenay (Qc), G7H 1V2
Téléphone: 418-543-4861

Source

Soeurs Thérèse Fortin, Fabienne Tremblay-Rinfret et Ghislaine Halley
Titre, rôle et fonction : Sœur Thérèse Fortin est née en 1927 à Alma. Elle entre chez les Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil en 1943 et enseigne dans plusieurs écoles de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Elle part en mission en Ouganda en 1955 et y reste 20 ans. Elle y assumera la fonction de supérieure générale délégué de la suprérieure générale. Sœur Fabienne Tremblay-Rinfret est originaire du Lac-Bouchette. Née en 1935, elle fait son entrée dans la communauté en 1952. Elle a passé une grande partie de sa vie comme missionnaire, dont trois ans en Ouganda, dix ans au Sénégal et une vingtaine d'années au Rwanda où elle était maîtresse des novices et responsable de la jeune communauté rwandaise jusqu'en 2008. Sœur Ghislaine Halley est née au Lac-Mégantic en 1934. Enseignante de formation, elle a été missionnaire en Afrique pendant plus de 40 ans. Elle a œuvré en Ouganda, au Rwanda et en Tanzanie comme enseignante et directrice d'école.

Enquêteurs : Marjolaine Boutin, Maude Redmond Morissette
Date d'entrevue : 28 mars 2011, 30 mars 2011

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