La mission des Petites Franciscaines de Marie à Madagascar — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

La mission des Petites Franciscaines de Marie à Madagascar

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Petites Franciscaines de Marie

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Prosélytisme (9263).

Historique général


Soins dans une dispensaire
© Archives PFM, soumis à copyright

Avant 1968, des communautés du Japon et du Paraguay ont sollicité les Petites Franciscaines de Marie pour qu’elles fondent des missions, mais ces dernières ne se sentent pas prêtes à entreprendre un tel partenariat. Puis, la même année, un père trinitaire en visite à Baie-Saint-Paul mentionne aux soeurs qu’il aimerait que la communauté s’établisse à Madagascar. Six religieuses missionnaires partent alors sur les côtes de l’île. L’année suivante, quatre religieuses partent pour Antananarivo, la capitale malgache. À cette époque, l’enseignement est une activité importante des Petites Franciscaines de Marie. Puis, au printemps 1972, une révolution éclate, le peuple voulant se défaire de son président, Philibert Tsiranana. Des manifestations ont lieu dans la capitale, puis la révolution rejoint d’autres villes et campagnes. En 1973, les religieuses doivent fermer leur école avant la fin de l’année scolaire, les grèves et les conflits empêchant la plupart des activités. Les classes recommencent toutefois au mois de décembre et se poursuivent jusqu’en juillet. La même année, le collège ferme ses portes.

Les premiers temps de la mission des Petites Franciscaines de Marie à Madagascar ont été consacrés à l’enseignement, autant au primaire qu’au secondaire, et aux soins des malades. Puis est venue l’évangélisation par la prière, les témoignages de vie et la transmission de la parole de l’évangile. Les Petites Franciscaines de Marie se sont également impliquées dans la pastorale, les mouvements jeunesse et la formation franciscaine.

En 1975, une jeune enseignante malgache manifeste le désir de devenir religieuse. Elle est d’abord acceptée comme postulante chez les Petites Franciscaines de Marie, puis devient novice en décembre 1976. La même année, sœur Pâquerette Poulin est nommée maîtresse des novices. La formation des aspirantes débute lentement dans les villes, puis plus tard à la campagne.

Depuis 1975, plusieurs jeunes filles dans la vingtaine sont entrées dans la congrégation. Aujourd’hui, Madagascar compte 83 congrégations religieuses, situées surtout dans les hauts plateaux. Une trentaine de religieuses malgaches font partie des Petites Franciscaines de Marie, qui comptent six maisons dans trois diocèses.

Description


Les six premières Petites Franciscaines de Marie à Madagascar
© Archives PFM, soumis à copyright

Depuis leur arrivée à Madagascar, en 1968, les Petites Franciscaines de Marie ont adapté leur programme et se sont intégrées à la population locale. Ainsi, depuis 2002, la maîtresse des novices est d’origine malgache. Les Constitutions de la congrégation  ont par ailleurs été traduites en malgache.

Les Petites Franciscaines de Marie ont fait face à certaines difficultés lors de leur établissement à Madagascar, notamment en raison de l’absence, en brousse, d’un prêtre pendant plusieurs semaines consécutives. Les religieuses étant peu nombreuses, elles avaient plusieurs responsabilités : enseignement au noviciat, services dans les communautés, engagements en paroisse et visites à domicile. De plus, l’absence d’une supérieure responsable de la mission sur place entre 1968 et 1988 s’est peu à peu fait sentir. La langue et les échanges difficiles ont également amené certaines contraintes, la messe et la prière étant certes en malgache, mais la population s’exprimant dans divers dialectes. Les Petites Franciscaines de Marie ont aussi fait face à des différences culturelles. Par exemple, les Malgaches font preuve d’un certain fatalisme face à la mort et célèbrent le retournement des morts. De plus, Madagascar compte de multiples religions : la plupart des villes sur les plateaux sont évangélisées depuis plusieurs années alors que la religion des ancêtres continue d’être pratiquée en brousse.

Apprentissage et transmission


Soins à une malade
© Archives PFM, soumis à copyright

La première Malgache à entrer dans la congrégation, sœur Jeannette Razanamahasoa, a fait son noviciat dans un petit village accueillant une communauté de Canadiennes missionnaires. Lors de sa première année, elle se consacre au stage apostolique, durant lequel elle enseigne l’art ménager. La deuxième année, elle se consacre à l’étude de la Bible, à l’histoire de la congrégation, à la vie religieuse et à ses vœux. Sœur Razanamahasoa a également participé à des cours intercommunautaires à Antananarivo durant cette année. Après deux ans de noviciat, elle fait sa profession religieuse à Maintirano devant un prêtre malgache. Durant ses sept ans de vœux temporaires, elle s’est consacrée, entre autres, à l’enseignement, et a participé aux mouvements de jeunesse. Elle a ensuite prononcé ses vœux perpétuels dans la capitale, à l’église paroissiale Saint-Jérôme d'Anosibe. De 1976 à 1987, les novices vivaient au sein d’une communauté de sœurs professes. Depuis 1987, elles vivent dans la maison du noviciat, en compagnie de quelques sœurs professes.

En somme, la formation au sein des Petites Franciscaines de Marie à Madagascar est jalonnée de différentes étapes, à commencer par l’aspirat, une ou deux années de cours et d’accompagnement. Vient ensuite le postulat, qui dure aussi un ou deux ans et au cours duquel la postulante séjourne dans une communauté et suit un programme de vie religieuse. Après, deux années de noviciat sont consacrées à la vie en communauté, la première étant consacrée aux cours intercommunautaires et à l’accompagnement par la responsable alors que la seconde est consacrée au service. Puis, lors des cinq à sept années suivantes, la religieuse renouvelle annuellement son engagement. Durant ses vœux temporaires, la religieuse vit en communauté et se consacre soit à l’enseignement, aux études ou au travail. Enfin, les vœux perpétuels sont prononcés en malgache et reçus par la supérieure régionale. Ils marquent l’intégration officielle à la congrégation.

Localisation

Municipalité: Baie-Saint-Paul
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Maison mère des Petites Franciscaines de Marie, 63, rue Ambroise-Fafard, Baie-Saint-Paul (Qc), G3Z 2J7
Téléphone: 418-435-3520
Télécopieur: 418-435-5318
Site Web: http://www.espacemusealpfm.com

Source

Sœur Pâquerette Poulin
Titre, rôle et fonction : En 1968, sœur Pâquerette Poulin désire partir en mission à Madagascar. Elle obtient l'aval de la supérieure provinciale en 1970 et s’envole pour Madagascar où elle passera 32 années, dont une quinzaine à enseigner. Elle sera également responsable de la formation des aspirantes, des postulantes, des novices et des professes à vœux temporaires. Sœur Pâquerette Poulin a par ailleurs été supérieure de communautés, s’occupant de l’animation spirituelle et des services. Elle a aussi été supérieure responsable de la mission et supérieure régionale, en plus de se consacrer à l’étude de la langue malgache.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Roseline Bouchard, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 22 février 2010


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: