Les Petites Franciscaines de Marie: le dévouement aux personnes ayant un handicap ou une déficience intellectuelle — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Les Petites Franciscaines de Marie: le dévouement aux personnes ayant un handicap ou une déficience intellectuelle

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Québec
Communauté religieuse: Petites Franciscaines de Marie

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


L'Hospice Sainte-Anne
© IPIR 2010, soumis à copyright

Le dévouement des Petites Franciscaines de Marie envers les personnes ayant un handicap ou une déficience intellectuelle est au cœur de l’histoire de la communauté. En effet, suite à la contribution de l’abbé Ambroise-Martial Fafard à la fondation d’un hôpital à Baie-Saint-Paul au début du 20e siècle, les religieuses ajoutent une nouvelle œuvre à leur mission : le soin des malades et des infirmes.

Ainsi, dans les années 1920, des médecins spécialistes s’établissent dans Charlevoix afin de répondre aux besoins de la population, puis, en 1924, le gouvernement du Québec demande aux autorités ecclésiastiques que les Petites Franciscaines de Marie prennent en charge la direction d’une maison qui pourrait héberger un millier de patients, à proximité de Québec. En mars 1964, la population de l’hospice est constituée de 1 359 patients atteints de problèmes de santé mentale. En 1966, 576 hommes et 67 femmes quittent l’hôpital pour vivre au sein de la société.

Aujourd’hui, en dépit de l’absence des Petites Franciscaines de Marie au sein de l’organisation et du personnel des institutions, l’œuvre de la communauté auprès des personnes ayant un handicap ou une déficience intellectuelle se poursuit.

Description


Maison St-Joseph
© Archives PFM

Le dévouement des Petites Franciscaines de Marie s'est particulièrement affirmé par l'oeuvre de l'Hospice Sainte-Anne, d’abord un hôpital psychiatrique. La principale mission de l’établissement était de recevoir des enfants avec des limites fonctionnelles, tant physiques que développementales. Les religieuses privilégiaient une approche éducative plutôt que clinique et les services de réadaptation mis en place avaient le même but.

Selon sœur Antoinette Tremblay, les personnes ayant une déficience intellectuelle ont besoin d’un environnement stable, de stimulation et de soutien. Le constat du docteur Bernard Jean, nommé surintendant de l’hôpital Sainte-Anne en 1964, guidera les orientations de l’établissement en ce sens. Le docteur Jean croit que l’hôpital a une obligation morale de permettre aux patients de prendre leur place dans la société. Des programmes seront mis sur pied pour favoriser l’apprentissage académique, manuel ou technique et inspireront plusieurs institutions.

Auparavant, l’hospice Sainte-Anne desservait tout l’Est du Québec et accueillait les patients excédentaires d’autres hôpitaux, dont celui de Saint-Michel-Archange à Québec. Seul établissement des environs, l’Hospice Sainte-Anne, devenu le centre hospitalier de Charlevoix, offre désormais une gamme de services afin de répondre aux besoins de la population, tant sur le plan de la santé mentale que de la santé physique.

Le dévouement des Petites Franciscaines de Marie auprès des personnes atteintes d’un handicap s’est également manifesté dans les activités qu’elles ont organisées, y compris des voyages au Québec afin de visiter les familles des patients qui étaient aussi invitées à participer aux fêtes organisées par les religieuses. Ces dernières se sont toujours efforcées de créer un climat familial pour leurs patients.

Apprentissage et transmission


L'Hôpital Sainte-Anne
© Archives PFM

Par leur dévouement envers les personnes ayant un handicap ou une déficience intellectuelle, les Petites Franciscaines de Marie ont véhiculé des valeurs franciscaines : bonté, entraide et simplicité. Avec l’Hospice Sainte-Anne, elles ont été en mesure de répondre aux besoins de différentes clientèles. De plus, leur approche positive et leur travail ont permis de faciliter la réadaptation et l’intégration des personnes ayant un handicap ou une déficience intellectuelle. Puisque le centre hospitalier de Charlevoix est situé à proximité de la maison mère, les religieuses de la congrégation continuent de transmettre le charisme de la communauté et les valeurs franciscaines, visitant les patients et leur proposant des activités.

Localisation

Municipalité: Baie-Saint-Paul
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: Maison mère des Petites Franciscaines de Marie, 63, rue Ambroise-Fafard, Baie-Saint-Paul (Qc), G3Z 2J7
Téléphone: 418-435-3520
Télécopieur: 418-435-5318
Site Web: http://www.espacemusealpfm.com

Source

Soeur Antoinette Tremblay
Lien avec la pratique : Après une hospitalisation à l’âge de 12 ans et en cotoyant les Petites Franciscaines de Marie, sœur Antoinette Tremblay souhaitait travailler auprès de personnes un handicap ou une déficience intellectuelle. Quatre ans après son entrée dans la congrégation, en octobre 1952, elle entreprend un cours en soins infirmiers à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal. Puis, de 1960 à 1964, elle travaille à l’hôpital psychiatrique de Roberval, tenu par les Petites Franciscaines de Marie, comme assistante infirmière-chef. En 1964 et 1965, elle se consacre à la neuro-psychiatrie à l’hôpital Saint-Michel-Archange de Québec, en plus d’administrer une unité de soins. Son travail de directrice des soins à l’hôpital Sainte-Anne de Baie-Saint-Paul de 1965 à 1970 lui permet de s’impliquer auprès de la réorganisation des unités et l’instauration d’une école d'infirmières-auxiliaires. Puis, de 1970 à 1990, elle travaille au sein de l’unité Marie-Bibeau à Baie-Saint-Paul, s’occupant d’une soixantaine de personnes atteintes de déficience intellectuelle. En 1990, elle poursuit sa vocation à Petite-Rivière-Saint-François, permettant, entre autres, aux paraplégiques de vivre dans un milieu familial et de démystifier la déficience intellectuelle dans les milieux scolaire et paroissial. Depuis 1991, elle travaille au service santé de la maison mère à Baie-Saint-Paul. Elle s’y occupe du service médico-infirmier pour le personnel religieux.

Enquêteurs : Roseline Bouchard, Maude Redmond-Morrisette, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 22 février 2010


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: