La ferme des soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil : hier et aujourd'hui — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de lieu

La ferme des soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil : hier et aujourd'hui

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262)
et sous Organisation religieuse (9200), Communauté (9240), Pratique coutumière (9242).

Historique général


Les Fermes Solidar au printemps
© IPIR 2011, soumis à copyright

En 1933, la congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil commence à se constituer un patrimoine agricole par l'achat d'un premier lopin de terre. De 1935 à 1959, d'autres acquisitions se feront progressivement, ce qui fait qu'elle deviendra propriétaire d'une ferme de 684 acres située dans les rangs St-Joseph et Ste-Famille à Chicoutimi. Sur ces terres sont construits des bâtiments et une résidence pour le fermier. Cette ferme est exploitée dans le but de nourrir les membres de la communauté ainsi que les élèves pensionnaires de son École normale et de son Institut familial.

En 1966, la communauté doit prendre des décisions importantes quant à la modernisation de l'exploitation. En effet, la Commission de l’industrie laitière du Québec met en place de nouvelles normes qui obligeraient la congrégation à investir dans le réaménagement de ses installations et dans l’achat d’équipement. Les Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil mandatent deux agronomes pour faire une étude de rentabilité afin de faire un choix éclairé quant à l'avenir de leur ferme. L’étude conclut que l’exploitation n'est plus rentable et qu'elle sera bientôt déficitaire. La congrégation décide de ne plus y investir et d'en cesser progressivement les activités.

Trois ans plus tard, en 1969, les sœurs vendent les troupeaux, la machinerie et l’équipement. Elles louent les terres et les bâtiments aux agriculteurs voisins, car bien qu’elles cessent l’exploitation, elles ne se résignent pas à se départir de leurs terres.


À partir de 1969, plusieurs projets d'utilisation de la ferme sont présentés à la congrégation par des organismes ou des individus. Ce sont des projets à caractère éducatif, social, pastoral, artistique et autres. Mais en 2011, la communauté sent vraiment le besoin de faire le point sur ce patrimoine et de prendre une décision quant à son avenir. Deux sœurs analysent le dossier et présentent trois propositions lors du Chapitre: maintenir le système de location des terres et des bâtiments, reprendre l'exploitation agricole et, enfin, vendre les terres. En prenant connaissance de l’étude, la communauté a décidé de reprendre l’exploitation de la ferme en mettant sur pied une corporation autonome qui en assurerait la gestion.

Description


Les brebis
© IPIR 2011, soumis à copyright

Le 15 décembre 2001, les Fermes Solidar sont fondées. Organisme à but non lucratif et entreprise d'économie sociale agricole, la ferme à une vocation socio-éducative. Une équipe composée de cinq sœurs et de laïcs mettent sur pied le projet de ferme en s'inspirant du modèle des fermes familiales, c'est-à-dire à productions diversifiées et en privilégiant les méthodes de l'agriculture biologique.

Selon sœur Fabienne Tremblay, membre du conseil d'administration, la congrégation voulait donner une nouvelle vocation à la ferme, afin « d’assurer la pérennité et la mise en valeur du patrimoine agricole par des activités socio-économiques et éducatives, et ce, dans le respect de l’environnement, au profit de la collectivité et des personnes impliquées dans le projet ».


En plus de permettre la conservation d’un patrimoine agricole, important pour la communauté, le projet Solidar s’inscrit dans l’actualisation de leur mission. En effet, cette initiative permet de mettre en place des projets en travaillant avec des organismes sociaux éducationnels


La congrégation des Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil, enthousiasmée par le nouveau projet, investit dans le réaménagement des bâtiments, de même que dans le drainage des terres. Interpellées par ce projet socio-éducatif, plusieurs congrégations religieuses québécoises ont, par ailleurs, appuyé financièrement la corporation Fermes Solidar.

La corporation a donc développé, depuis 2001, un volet agricole et un volet à caractère socio-éducatif. Le premier englobe la bergerie, le poulailler ainsi que la culture maraîchère, fourragère et celle des petits fruits. Des produits alimentaires sont vendus à la ferme et permettent l’autofinancement de l’association. Le volet socio-éducatif s'harmonise quant, à lui, autour des activités de la ferme.

Les Fermes Solidar fonctionnent en partenariat avec des organismes locaux, lesquels proposent des activités qui correspondent à la mission et aux valeurs de l’association, soit le respect des personnes et de l’environnement, la solidarité, l’équité, l’ouverture d’esprit, la collaboration et l’entraide. Les activités socio-éducatives ne doivent pas perturber les activités régulières de la ferme et doivent être encadrées par un responsable de l’organisme partenaire. La corporation a, par exemple, collaboré en 2011, à des projets de réinsertion sociale du Comité environnemental de Chicoutimi, à un jardin collectif de Moisson Saguenay, ainsi que des projets éducatifs destinés à des jeunes de centre de la petite enfance (CPE).


La corporation est présidée par un conseil d’administration qui comprend quatre membres nommés par la congrégation et trois membres élus lors de l’assemblée générale. En 2011, 29 personnes ont travaillé aux fermes Solidar comme salariés ou à titre de bénévoles.

En somme, la corporation des Fermes Solidar a pour but, selon sœur Fabienne Tremblay, « de parvenir à un modèle agricole reconnu comme novateur dans le milieu par l’intégration harmonieuse d’activités agricoles, sociales et éducatives, par le souci d’atteindre une qualité supérieure dans ses productions, par le développement de partenariats tant avec ses employés qu’avec les organismes du milieu et finalement, par la beauté et les qualités environnementales de son site ».



 

Apprentissage et transmission


La culture maraîchère en 2004
© Archives des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil, soumis à copyright

L’avenir des Fermes Solidar n’est pas encore déterminé. Bien que l’intention de la congrégation soit d’éventuellement léguer ses terres, aucune décision n'a été prise quant aux futurs bénéficiaires de ce legs.

Localisation

Municipalité: Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
Lieu: Les Fermes Solidar, 1888, rang St-Joseph, Chicoutimi (Qc), G7H 5A7
Téléphone: 418-696-3218
Télécopieur: 418-696-1644
Site Web: http://lesfermessolidar.com

Source

Soeur Fabienne Tremblay-Fradette
Titre, rôle et fonction : Sœur Fabienne Tremblay-Fradette a rédigé, avec une consœur, une étude sur l'avenir de la ferme. Elle a été supérieure générale de la Congrégation de 1981 à 1986. Elle a été la directrice générale des Fermes Solidar durant l'étape de démarrage de l'entreprise. Elle siège au conseil d'administration de la corporation et est secrétaire de de direction.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Marjolaine Boutin, Marie-Ève Samson
Date d'entrevue : 29 mars 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: