La spiritualité des frères Servites de Marie — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

La spiritualité des frères Servites de Marie

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Servites de Marie

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique spirituelle (9330), Guide spirituel (9331).

Historique général


Frère André Mailhot, o.s.m.
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L’ordre des frères Servites de Marie est apparu en Italie en 1233, alors que sept marchands florentins décident de couronner une amitié née au sein d’un groupe de laïcs dédiés à la Vierge Marie. Unis dans une communauté de vie fraternelle à Cafaggio, ils offrent leurs services aux pauvres, aux malades et aux pèlerins de la commune de Florence à l’hospice de Fonte Viva. En 1245, ils laissent leurs familles, leurs activités commerciales et les soins de l’hospice pour se retirer au mont Senario. Plusieurs curieux venaient de loin pour visiter ces hommes qui avaient décidé de vivre dans la simplicité et observer leur exemple de pénitence et de prière.


Peu à peu, ces frères commencent à recevoir des adeptes, attirés par leur mode de vie basé sur l’amitié et leur logique différente de celle des communes. En 1250, un groupe retourne à Cafaggio et y construit un oratoire dédié à la Vierge Marie. En 1888, le pape Léon XIII canonise ensemble, « comme un seul homme », les sept frères fondateurs. Leur fête liturgique est célébrée le 17 février.

Des valeurs comme l’amitié, la fraternité, l’amour de Dieu et de son prochain et la dévotion à Marie, mère de Dieu, constituent l’essentiel du témoignage laissé par les Servites de Marie à leurs contemporains et aux générations suivantes. Ainsi, depuis le 13e siècle, l’Ordre continue d’inspirer ses adeptes par sa spiritualité et ses valeurs.

Description


Bas-relief représentant les frères en compagnie de Marie
© IPIR 2009, soumis à copyright

Pour les Servites de Marie, la fraternité se traduit par l’abolition des barrières entre les gens, peu importe leur couleur, leurs croyances ou leur situation économique. Ainsi, ils considèrent les autres comme leurs égaux, leurs sœurs et frères. Cette fraternité s’exprime notamment par la mise en commun des biens matériels, mais également des aptitudes intellectuelles ainsi que de l’expérience humaine ou spirituelle. Tous ont la même dignité et, puisqu’ils sont égaux, la communauté détient l’autorité et prend les décisions matérielles, spirituelles et apostoliques qui la concernent.


L'ordre des Servites s’inspire de Marie, à la fois modèle et force créatrice. La Vierge est l’image vivante de ce que doit être l’Église : un dévouement inconditionnel à Dieu et une attention constante aux besoins d’autrui. Au-delà des dévotions quotidiennes, les Servites souhaitent adopter le style de vie de Marie. Avant le concile Vatican II, le culte marial était plus présent : l’Ave Maria était récité plusieurs fois par jour, et le Benedicta tu, un salut dédié à Marie, était célébré quotidiennement. Aujourd’hui, la dévotion à la Vierge s’exprime surtout à l’occasion des fêtes et cérémonies qui lui sont dédiées. Les Servites de Marie soulignent ainsi la fête de la purification de Marie et de la présentation au temple (le 2 février), Pâques, l’Assomption (le 15 août), la fête de Notre-Dame-des-Douleurs (le 15 septembre) et l’Immaculée Conception (le 8 décembre). La fête de l’Annonciation, soulignée le 25 mars, demeure la plus importante célébration consacrée à Marie. De plus, les frères Servites rendent hommage à la Vierge hebdomadairement, chaque samedi.  


Autrement, il convient de préciser l’aspect contemplatif, élément caractéristique de l’identité et de la spiritualité de l’ordre. À l’exemple de Marie, leur inspiratrice, les Servites se veulent au service de l’Église. L’essence de l’ordre s’appuie également sur le service aux démunis et aux malades. Le charisme fondamental de la communauté repose quant à lui sur la fraternité et l’amitié entre les frères. Bref, l’ordre ne se caractérise pas que par des œuvres spécifiques ni par une forme de dévotion mariale particulière, mais bien par un désir de vivre en fraternité, de servir Dieu ainsi que son prochain.

Apprentissage et transmission

Selon Paul-André Mailhot, servite de Marie, l’avenir de l’ordre et des valeurs qu’il veut transmettre semble positif. Le frère Mailhot croit d’ailleurs que des valeurs comme la fraternité sauvegarderont les communautés. Bien que la population Servite du Canada soit vieillissante, d’autres communautés, notamment en Amérique latine, en Afrique et en Orient, pourront transmettre les valeurs chères à l’ordre, notamment la fraternité, l’amitié, la dévotion à Marie, ainsi que l’amour de Dieu et de son prochain.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Couvent des Sept-Saints-Fondateurs, 5705, boul. Gouin Est, Montréal (Qc), H1G 5X1
Téléphone: 514-325-5960
Télécopieur: 514-325-6761
Site Web: http://www.servitesdemarie.org

Source

Frère Paul-André Mailhot
Titre, rôle et fonction : Membre de l’ordre des Servites de Marie depuis près d’une cinquantaine d’années, le frère Paul-André Mailhot entre en communauté en 1962 à 21 ans. Complétant ses études à Montréal chez les Dominicains, puis à Ottawa, à l’université St-Paul, il est ordonné prêtre le 29 juin 1969. Après plusieurs années comme maître des pré-novices et des novices à Sillery et à Sainte-Foy, le frère Mailhot est transféré au Collège Notre-Dame des Servites à Ayer’s Cliff, dans les Cantons-de-l’Est. Peu de temps après son arrivée, il y devient le prieur conventuel. Le frère Paul-André Mailhot est élu prieur provincial canadien le 2 avril 1985. Il occupera cette fonction pendant six ans. Puis, le frère Mailhot devient curé à la paroisse Saint-Donat, à Montréal, pendant neuf ans, avant de travailler un an à St-Stanislas.
Lien avec la pratique : Attiré par la fraternité entre les religieux et la dévotion portée à la Vierge Marie, Paul-André Mailhot choisit de se joindre à l’ordre des Servites de Marie.

Enquêteurs : Marie Renier, Imre Nogradi, Valérie Vachon-Bellavance
Date d'entrevue : 13 juillet 2010


Partenaires

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