Être presbytérien — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

Être presbytérien

Tradition: Christianisme
Appartenance: Protestantisme
Groupe: Presbytérien
Diocèse, association ou regroupement: Église presbytérienne du Canada / Presbyterian Church in Canada (Presbytery of Québec)
Paroisse, congrégation ou équivalent: St. Andrew's Presbyterian Church (Québec)

Classé sous Organisation religieuse (9200), Laïc (9250)
et sous Organisation religieuse (9200), Structure (9210), Structure communautaire (9214).

Historique général


Des presbytériens assistent à la messe dominicale.
© IPIR 2011, soumis à copyright

Les Églises chrétiennes de la tradition dite « réformée », dont fait partie l'église presbytérienne, ont été fondées suite à la Réforme protestante des XVe et XVIe siècles et à l’émergence du calvinisme (S. MOIR, « Églises presbytériennes et réformées », L’Encyclopédie canadienne). Des précurseurs tels Martin Luther et Jean Calvin souhaitaient ainsi introduire des changements d'ordre théologique et doctrinal dans l’Église catholique romaine. Ces tentatives de conciliation ayant échoué, la Réforme protestante a conduit à une scission entre les Églises catholique romaine et protestante.


Au XVIe siècle, Jean Calvin constitue un système théologique chrétien et protestant, le calvinisme, lequel mouvement a essaimé dans plusieurs pays, notamment au Canada. Ce système théologique, reposant sur la doctrine du salut, accorde une importance à l’autorité du texte biblique : « l'autorité de l'Écriture, qui suffit à l'homme pour connaître Dieu et ses devoirs envers Dieu et envers son prochain; l'autorité égale de l'Ancien et du Nouveau Testament, dont l'interprétation véridique est certifiée par le témoignage intérieur de l'Esprit Saint; les doctrines de Dieu à la fois un et trois, créateur et soutien de toutes choses, du Christ médiateur qui expie les péchés de manière à satisfaire la justice divine et de la justification par la foi d'une éthique visant à transformer tous les aspects de la vie. » (S. MOIR, « Calvinisme », L’Encyclopédie canadienne)

Ainsi, la Réforme protestante s'est répandu dans plusieurs pays et régions d’Europe dont l’Écosse, où est adoptée la Confession écossaise, d’inspiration calviniste, présentée par John Knox, à l’origine de l’Église presbytérienne. Au XIXe siècle, l’Église presbytérienne est d'ailleurs la principale confession protestante au Canada (S. MOIR, « Églises presbytériennes et réformées », L’Encyclopédie canadienne).

Description


Café et biscuits après la messe dominicale
© IPIR, 2011 soumis à copyright

L’Église presbytérienne est issue de la chrétienté et du protestantisme. Ses fidèles accordent une grande importance à l’étude de la bible et à la révélation de la Parole de Dieu, communément appelées «primary standards». La bible est
donc étudiée au quotidien individuellement, mais parfois aussi lors de
rencontres où les membres de la communauté sont amenés à partager leurs
interprétations et leurs questionnements. Les fidèles s'inspirent également du Westminster Confession of Faith, ouvrage expliquant en détail les fondements des croyances presbytériennes. Chaque passage de ce « secondary standard » s’appuie sur les Saintes
Écritures, rappellant leur importance comme référence première. Adhérant à l’Église universelle, les presbytériens croient au credo apostolique, la profession de foi chrétienne.

Les presbytériens croient également en la prédestination, c’est-à-dire que les hommes ont la possibilité de faire des choix, mais ceux-ci sont connus de Dieu avant même la prise de décision. Ce concept provient de la doctrine du calvinisme stipulant que «Dieu aurait, par avance, élu certaines de ses créatures pour les conduire au salut par la seule force de sa grâce et voué les autres à la damnation éternelle, sans considération de leur foi ni de leurs œuvres.» (Le Petit Robert)

Les différences entre les communautés presbytériennes à travers le monde sont davantage culturelles que théologiques, notamment à l'égard de la durée des offices. Il existe toutefois certaines divergences théologiques entre les différentes confessions chrétiennes. L’Église presbytérienne administre par exemple les deux sacrements effectués par Jésus et relatés dans les Écritures, le baptême et la communion, alors qu’on en dénombre sept au sein de l’Église catholique romaine. Effectivement, selon les presbytériens, Jésus est considéré comme le dernier sacrifié et, à la suite de sa crucifixion, il n’est plus nécessaire d’accomplir des sacrifices. Le pain et le vin sont donc des symboles et ne représentent pas le corps du Christ. Lors de célébrations presbytériennes, la communion est préparée sur une table et non sur l'autel, objet réservé au sacrifice. De même, le ministre du culte n’est pas un prêtre puisqu’il n’effectue pas de sacrifices.

Selon la révérende Katherine Burgess, il est prescrit aux presbytériens d’être un exemple pour autrui, citant un passage du livre de Michée, dans l’Ancien Testament. : « On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu. » (Michée, 6.8.)  Il importe également de respecter les dix commandements, relatés dans le récit biblique de l'Exode (20, 2-17) et celui de Deutéronome (5, 6-21). En vivant tel que le recommande Jésus, les presbytériens considèrent qu’ils respectent la volonté de Dieu.


La participation à la messe dominicale se veut également un moyen d’exprimer sa foi en Dieu. En effet, ce rassemblement à la prière aiderait le groupe et chacun de ses membres à approfondir sa croyance religieuse. Afin de favoriser le sentiment d’appartenance et la connaissance mutuelle, la messe est suivie d’une collation où sont servis café, thé et biscuits. L’adhésion à l’Église presbytérienne s’affirme également par le bénévolat, un moyen de servir la communauté. À Québec, on compte deux groupes de volontaires, soit le «Board of managers » et le « Kirk session ». Le premier est composé de bénévoles élus par les membres de la communauté, qui ont pour fonction de collecter l’argent nécessaire à l’entretien du lieu de culte. Le « Kirk session » est quant à lui formé de gens appelés par Dieu, chargés de la formation spirituelle de la communauté. Des citoyens initient aussi des activités pour servir l'Église presbytérienne et favoriser les liens entre les membres, par exemple des jeux pour les enfants et des ateliers pour les artistes. Les membres de la communauté peuvent de plus mettre à profit leur talent en s’investissant dans un «Art Club» ou un «Book Club». Ces diverses occasions de rencontres entre les croyants permettent aux gens de discuter de sujets variés, mais de partager également leur foi.

Apprentissage et transmission


Sheryl J. Kampenhout
© IPIR, 2011 soumis à copyright

Rédigé
par révérend Stephen Hayes, ancien ministre du culte de la Saint-Andrew's
Presbyterian Church, Living Faith —ou Foi Vivante, en
français— constitue une mise à jour adaptée au contexte canadien des croyances
de cette communauté. On y aborde d'ailleurs des thématiques autrefois
davantage taboues, telle la question de la foi en relation avec le
doute : « L’Église en compte beaucoup qui luttent avec le doute
(SIC). Jésus a accepté l’homme qui priait: “Je crois! Viens au secours de mon
manque de foi!”» (Hayes, p.15)


Les presbytériens valorisent par ailleurs l'instruction, les connaissances académiques acquises étant nécessaires à la lecture de la bible. Plusieurs établissements d'enseignement ont de surcroît été fondés par des membres presbytériens. Daniel Welkie, ancien elder de l'église Saint-Andrew à Québec, est par exemple à l'origine du système d'éducation anglophone à Québec. L'Université Queens de Kingston a quant à elle été créée par John Cook et Joseph Morin. Ce dernier a également fondé le Morrin Center.

Enfin, dès l’enfance, par le sacrement du baptême et en participant à l’école du dimanche, les  jeunes sont intégrés à la communauté presbytérienne. Des histoires de la bible leur sont par exemple racontées, afin qu'ils apprennent à transposer ces leçons dans la vie quotidienne. En vieillissant, les jeunes comprennent davantage les enjeux liés et prennent leur propre décision, en choisissant ou non de vivre leur foi.


 

Localisation

Municipalité: Québec
Région administrative: 03 Capitale-Nationale
Lieu: église St. Andrew's de Québec, 106, rue Saint-Anne, Québec (Qc), G1R 3X8
Téléphone: 418-694-1347
Télécopieur: 418-694-3331
Site Web: http://www.standrewsquebec.ca/

Source

Katherine Burgess et Sheryl J. Kampenhout
Titre, rôle et fonction : La révérende Katherine Burgess est ministre du culte pour la St-Andrew's Presbyterian Church de Québec depuis septembre 2009. Sheryl J. Kampenhout fait partie de la communauté de l'église presbytérienne St-Andrew's.

Enquêteur : Francesca Désilets et Marie-Ève Samon
Date d'entrevue : 10 février 2011, 10 février 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: