L'évolution de l'enseignement chez les Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique culturelle

L'évolution de l'enseignement chez les Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Chicoutimi
Communauté religieuse: Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi

Classé sous Organisation religieuse (9200), Mission (9260), Oeuvre (9262).

Historique général


Laboratoire de l'École Normale
© Archives de la congrégration des soeurs de Notre-Dame-du-Bon-Conseil, soumis à copyright

Quoique fondée en 1894 pour l'éducation des enfants dans les écoles paroissiales du grand diocèse de Chicoutimi, la congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil ne commencera son oeuvre en paroisse que cinq ans plus tard. Et c'est en Basse-Côte-Nord et la Préfecture du Golfe Saint-Laurent que naîtront les premières communautés d'enseignantes Bon-Conseil. À cet effet, les années 1899,1900 et 1901 marquent la naissance de cinq fondations d'écoles: Natashquan, Magpie, Sept-Îles, Tadoussac et Betsiamites. Mandatées par l'obédience de leur supérieure, les soeurs consentent à quitter leur maison mère, au profit des jeunes de ces terres lointaines.

En 1902, dans le diocèse de Québec, on fonde l'Institut Monseigneur-Guay. Puis, à partir de 1903, comme Mgr Labrecque n'a plus la juridiction de la Préfecture, la Congrégation quittera les trois premiers postes pour concentrer ses effectifs notamment dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Commencera alors toute une série d'ouvertures d'écoles primaires d'abord, puis secondaires, au rythme des nouveaux besoins et des possibilités: depuis Saint-Coeur-de-Marie, Saint-Gédéon, Sainte-Anne de Chicoutimi, Saint-Alexis de Grande-Baie, Saint-Alphonse de Bagotville, Saint-Félicien, Saint-Prime et ainsi de suite.

Ainsi, pendant plus d'un siècle, les soeurs répondront à l'appel du Maître en vivant le charisme d'éducatrice partout où les obédiences annuelles leur demandent d'aller travailler, utilisant les méthodes pédagogiques du temps, incluant le Directoire, ou ensemble des conseils et des bonnes manières, légué en héritage par la Fondatrice, à ces filles.

Au milieu du XXe siècle, la congrégation veut offrir aux jeunes filles la possibilité de prolonger leurs études pour mieux les préparer à la vie contemporaine. Ce sera la grande époque des écoles spécialisées: l'École normale, où l'on assurerait une relève enseignante, ainsi qu'un Institut familial, qui permettrait aux jeunes filles de devenir de vraies femmes de maison. L'institut, fondé en septembre 1945, deviendra plus tard École supérieure d'enseignement ménager, permettant aux jeunes filles de prolonger leur scolarité jusqu'à la onzième année et de se former comme des enseignantes en sciences ménagères. Cette école fermera ses portes en 1968, tandis que l'École normale pour filles, fondée en 1947, formera des enseignantes jusqu'en 1969.

Le monde de l’éducation évolue: renouvellement des méthodes d’enseignement, nouveau curriculum et nouveaux besoins, entre autres. Les soeurs enseignantes doivent acquérir de nouvelles compétences professionnelles. La communauté met en place des mécanismes pour assurer la formation continue des enseignantes: une directrice des études prend en charge la direction générale de l’enseignement dès 1932. L’année suivante, un septennat est mis en place dans le but de permettre aux sœurs de moins de sept ans de profession de continuer à étudier. Deux ans plus tard, une École d’application voit le jour et un Scolasticat-École normale vient s’y ajouter en 1938.

Jusqu’en 1948, un bon nombre de religieuses obtiennent les qualifications officielles d’enseignantes. La communauté encourage les soeurs à poursuivre leurs études aux cycles supérieurs, tant et si bien qu’entre 1960 et 1966, 300 d'entre elles obtiennent des baccalauréats, des licences et des maîtrises.

Avec la modernisation du système d'éducation québécois dans les années 60 et la création d'un ministère de l’Éducation en 1964, le milieu éducatif doit prendre un nouveau tournant. Malgré les nombreux défis à relever, les Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil poursuivent, pour la plupart, leur carrière d'enseignante en adaptant leurs méthodes aux nouvelles réalités québécoises.

Description


Salle de classe de l’École Normale
© Archives de la Congrégation des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil, soumis à copyright

Les dernières religieuses enseignantes ont terminé leur carrière en 2008. Toutefois, celles-ci continuent leur mission éducative et sociale en assumant diverses tâches dans le milieu scolaire: cours d'appoint à la maison mère et dans différents milieux pour les jeunes éprouvant des difficultés académiques.

Outre le milieu scolaire, les sœurs se sont mises au service des besoins de l’Église et de la société : aide aux démunis, pastorale sociale et religieuse, animation en paroisse, accompagnement spirituel des jeunes, visite aux malades, etc. Les Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil continuent donc d’être à l’écoute de Celui qui est le Maître et s’activent dans divers milieux où les besoins se font sentir.

Les Sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil ont vécu leur mission éducative en s'inspirant du charisme d'origine et des judicieux conseils de leur Mère Fondatrice et de leurs devancières. Elles ont su adapter leur enseignement aux nouvelles réalités sociales tout en conservant l'esprit de leur fondation.

Localisation

Municipalité: Saguenay
Région administrative: 02 Saguenay-Lac-Saint-Jean
Lieu: Maison mère des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi, 700, rue Racine, Saguenay (Qc), G7H 1V2
Téléphone: 418-543-4861
Ressources:

Films d'archives:

École normale des Soeurs de Notre-Dame du Bon-Conseil de Chicoutimi

Archives Maison Mère des Soeurs de Notre-dame du Bon-Conseil de Chicoutimi

 


Source

Soeur Irène Leclerc, Soeur Céline Duchesne, Soeur Marie-Marthe Hébert
Titre, rôle et fonction : Soeur Irène Leclerc est née à St-Félicien en 1928. Elle a connu les sœurs de Notre-Dame du Bon-Conseil à l’église et elle choisit cette congrégation en 1947. Elle a entre autres enseigné à Arvida, Pointe-Bleue, Betsiamite, Tadoussac et Albanel. Depuis 1990, elle donne des cours de récupération aux enfants à la maison-mère. Soeur Céline Duchesne est née 1937 à Normandin, là, où à l'âge de 17 ans, elle débutera sa carrière d'ensignante dans les écoles de rang. Lorsqu'elle s'est jointe aux Soeurs du Bon-Conseil, en 1957, ses obédiances la conduiront à Notre-Dame-du-Rosaire, Bergeronnes et ensuite à Lac-Bouchette. Pendant 35 ans, cette paroisse bénéficiera de ses services principalement en français, en arts plastiques et en sciences nature. Encore aujourd'hui, elle s'implique en pastorale, en créations artisitiques et offre des ateliers de poésie à des élèves de 3ième année du primaire. Soeur Marie Marthe Hébert est née à Saint-Félicien en 1933. Elle a enseigné pendant 35 ans, en expérimentant tous les degrés académiques, pour terminer sa carrière comme professeure-chercheure à l'Université du Québec à Chicoutimi, après avoir obtenu un doctorat en Didactique du Français de l'Université Laval. À sa retraite depuis 1999, elle continue d'écrire en utilisant les nouvelles technologies de l'informatique.

Enquêteurs : Maude Redmond Morissette, Marjolaine Boutin, Marie-Ève Samson
Date d'entrevue : 20 janvier 2011, 25 avril 2011


Partenaires

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