Pessa'h: la Pâque juive — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique cérémonielle ou cultuelle

Pessa'h: la Pâque juive

Tradition: Judaïsme
Appartenance: Judaïsme (non affilié)

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique rituelle (9320), Rite festif (9327)
et sous Système de croyance (9100), Mythe (récit fondateur d’une religion) (9130), Récit historique ou légendaire (9133).

Historique général


Préparation des mets casher
© IPIR 2011, soumis à copyright

Pessa’h, ou la Pâque juive, est une des trois fêtes de pèlerinage anciennement célébrées au grand Temple de Jérusalem. Comme les autres fêtes de pèlerinage, la Pâque juive est à deux volets : c’est une fête agricole ainsi qu’une occasion de remémorer un évènement charnière dans l’histoire du peuple. D’une part, la Pâque est une fête printanière qui commence la veille du 14 nissan dans le calendrier lunaire juif. Elle marque le début de la récolte d'orge en Israël et donc le début du cycle annuel agricole. D’autre part, elle raconte le récit de l’exode hors d’Égypte, le début du voyage qui part de l’esclavage vers la libération et la Terre Promise.


Les directives pour la fête de la Pâque sont énoncées dans la Torah, dans le livre de l’Exode. Notamment, le commandement de ne manger que du pain sans levain, et de supprimer tous les ferments de la maison pour la durée du festival, qui est de sept jours en Israël et dans le judaïsme réformé, et de huit jours ailleurs dans le monde juif.


Selon le récit fondateur du judaïsme, c’est avec l’Exode que commence la période de quarante années d’errance dans le désert, période qui comprend la réception des dix commandements et de toute la Torah sur le Mont Sinaï. Par ces évènements charnières, des tribus juives nomades sont forgés en peuple. Chaque Juif doit revivre ces évènements, car la Torah dit que tout le peuple fut présent au pied du Mont Sinaï, c’est-à-dire toutes les générations, présentes et futures. En ce qui concerne l’Exode, tout Juif doit actualiser l’expérience de l’esclavage et de la libération au moins une fois par année, lors de la Pâque juive. Cette actualisation a lieu lors du séder, un repas hautement ritualisé, selon les coutumes, la première, ou la première et la deuxième, soirées de la fête.


Le mot « Seder » veut dire « ordre » en hébreu. L’ordre de la soirée est prescrite dans un livre qui s’appelle la « Haggadah » (« conte »). Ce texte est ancien.  Les éléments principaux sont déjà établis depuis environ deux millénaires. Même s’il est très ordonné et prescrit, ce texte contient des questions et des discussions. De plus, d’autres questions et débats concernant la signification des textes et de la fête font partie intégrante de la fête. C’est ainsi que chaque personne réussi à s’approprier le récit et la tradition. 

Description


Mets traditionnels servis lors de la fête de Pessa'h
© IPIR 2011, soumis à copyright

Pour préparer la fête, il faut préparer la maison. La loi juive prescrit que tout hametz ou ferment soit enlevé avant la fête. Ceci requiert un grand nettoyage de toute la maison. Il faut entre autres ranger toute la vaisselle normalement employée, à cause d'un possible contact avec le ferment. Les sept ou huit jours de la fête durant, les Juifs consomment seulement des pains azymes, faits sans ferment et d’autres mets casher pour le Pessa’h.


Lors du séder, autant que possible, la famille immédiate et élargie se réunit. C'est un repas au cours duquel l’on raconte l'histoire de l'Exode, selon la Haggadah


Sur la table, il y a plusieurs éléments symboliques, notamment, un plateau portant différents articles, qui se dressent au-dessus de trois mazoth, ou morceaux de pain d’azyme. Les éléments sur le plateau sont : un os, qui symbolise l’offrande pascale; l’œuf, qui entre autres symbolise le cycle de la vie le renouveau, le printemps et aussi la destruction du Temple; les herbes amères qui symbolisent  l’amertume des années d’esclavage; le harossèth, mélange de fruits et de noix qui symbolisent le mortier employé par les esclaves juifs qui ont construit les pyramides à Pithom et Ramsès;  de l'eau salée pour rappeler le goût des larmes des enfants d'Israël pendant leur esclavage;  un légume ou une herbe, persil ou autre, sur lequel l’on va dire une bénédiction pour les fruits de la terre. Selon l’ordre prescrit, la soirée commence avec une série de rituels, suivis du récit de l’Exode. Ce dernier est fait selon une série de questions et de réponses, accompagnée d’histoires et d’échanges. Parmi les rites, à un certain moment dans le récit, il est question des plaies auxquels les Égyptiens furent soumis : le sang, les poux, etc. Il est traditionnel de déposer une goutte sur son assiette pour chacune des plaies. Il faut sacrifier un peu de son vin pour les morts parmi les Égyptiens qui ont soufferts. 


Ensuite le repas est servi, suivi de bénédictions et de chants. En tout, cette une longue soirée animée, colorée, mémorable.

Apprentissage et transmission


Les plus jeunes posent les questions d'usage
© IPIR 2011, soumis à copyright

Le séder est une occasion de transmettre le récit fondateur du peuple juif. C'est un commandement de raconter l'histoire à ses enfants et de propager la tradition de génération en génération. Il y a des rôles prescrits, surtout pour les enfants, dont le plus jeune va lancer le récit en posant quatre questions, pour savoir en quoi cette soirée diffère des autres soirées. Il y a aussi quatre types d’enfants décrits dans la Haggadah, des enfants sages, méchants et simples, ainsi que celui qui ne sait même pas comment questionner. Il y a différentes réponses à donner à chaque type d’enfant selon sa capacité et sa volonté d’apprendre le récit de l’Exode.


Parmi toutes les fêtes juives, c’est la Pâque qui est la plus observée - même par ceux qui se disent non-pratiquants. La famille élargie se réunit. Ces soirées mémorables, remplies de rituels et de symboles, de chants et d’éléments colorés, répétées d’année en année, font beaucoup pour la transmission de la tradition.


 

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal

Source

Peter S. Helfer
Titre, rôle et fonction : Père de famille juive
Lien avec la pratique : En tant que père de famille, Peter Helfer assure la transmission à la prochaine génération.

Enquêteur : Sharon Gubbay Helfer
Date d'entrevue : 9 mai 2011

Vidéos

Photos


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: