Le carillon de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal à Montréal — Le patrimoine immatériel religieux du Québec

Récit de pratique liée à un savoir-faire

Le carillon de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal à Montréal

Tradition: Christianisme
Appartenance: Catholicisme (rite latin)
Diocèse, association ou regroupement: Diocèse de Montréal
Communauté religieuse: Congrégation de Sainte-Croix

Classé sous Pratique religieuse (9300), Pratique de communication religieuse (9350), Musique sacrée (9353).

Historique général


La bénédiction des cloches du carillon de l'Oratoire le 27 février 1955
© Archives de l'oratoire Saint-Joseph, soumis à copyright

La cloche, ancêtre du carillon, aurait vu le jour en Chine pendant l’Antiquité. Celle-ci était alors utilisée comme moyen de communication. Par la suite, quatre cloches ont été regroupées dans certaines tours des hôtels de ville dans le but de sonner l’heure. Elle est alors passé d’un moyen de communication à un instrument de musique. C’est toutefois en 1510, dans les Flandres que l’on retrouve les premiers écrits décrivant un clavier relié à une dizaine de cloches, l’ancêtre de l’actuel carillon. Après avoir connu une grande vogue principalement aux Pays-Bas, en Belgique, ainsi que dans le nord de la France, le carillon perdra de sa popularité à la fin du 18e siècle.  Toutefois, un regain d’intérêt envers cet instrument ressurgit à la fin du 19e siècle.

L'Oratoire Saint-Joseph est le seul endroit au Québec à posséder un carillon. Il fait partie des grands carillons d'Amérique du Nord. Les Frères de Sainte-Croix, lors du 50e anniversaire de l’Oratoire, emprunte ce carillon de 53 cloches. D'origine française, il était initialement destiné à la tour Eiffel. Le 17 décembre 1954, les cloches du carillon sont installées. Le 27 février 1955, les cloches, disposées dans l’allée centrale de la basilique de l’oratoire, sont bénites. Les 53 cloches sont par la même occasion "baptisées"  du nom des donateurs. Grâce aux généreux bienfaiteurs, l'Oratoire a pu faire l'acquisition du carillon et le 15 mai 1955, un premier concert fut donné.

Bien que l’unique carillon que l’on retrouve au Québec se trouve dans un sanctuaire, le carillon n’est pas associé uniquement au culte. Cet instrument est souvent installé dans les tours des hotels de ville, dans des jardins et des parcs. À l’Oratoire, la position du carillon est inhabituelle pour cet instrument, puisque l'endroit où il est situé permet de voir les cloches et le carillonneur. En général, les carillons sont situés dans de hautes tours.

Description


Le carillon de l'Oratoire Saint-Joseph
© IPIR 2011, soumis à copyright

Le carillon peut s’apparenter au piano ou à l’orgue par son clavier et son pédalier. Cet instrument se joue normalement avec les poings, mais aussi parfois avec la paume ouverte pour produire plus de notes. En tout, six sons peuvent être entendus en même temps; quatre avec les mains et deux avec les pieds.

Les carillons se caractérisent par le nombre de cloches de l’instrument, ainsi que par son poids. Les cloches sont en bronze et pour qu’un instrument soit désigné comme un carillon, celui-ci doit avoir au moins 23 cloches. Un petit carillon doit donc avoir 23 cloches et plus, un moyen doit contenir plus de 35 cloches et finalement, un grand carillon a plus de 46 cloches. Pour le poids, un carillon est considéré léger s'il pèse 10 000 kilos, moyen s'il pèse 30 000 kilos et finalement, si le poids total des cloches est de 50 000 kilos, c'est un carillon lourd. Le carillon de l’Oratoire est considéré comme un grand carillon léger, car il a 56 cloches et pèse 10 900 kilos.

Les pièces jouées au carillon de l’Oratoire proviennent, pour la plupart du répertoire religieux. Certains morceaux sont spécifiques à l’Oratoire et concernent saint Joseph ou le frère André. Ils sont joués régulièrement. C’est le cas entre autres de la pièce « Noble époux de Marie » qui est joué tous les dimanches. Les carillonistes ont la charge de choisir les pièces. Il est possible aussi d’entendre parfois des pièces du répertoire profane. C’est le cas par exemple à Noël et à la Saint-Jean-Baptiste où il est possible d’entendre des mélodies de Félix Leclerc.

Les récitals ont lieu du mercredi au vendredi à midi et à 15h et ont une durée de 15 minutes. Le samedi, les récitals ont lieu à 12h et 15h alors que le dimanche, celui de midi débute 15 minutes plus tard, puisque la messe est plus longue. Les récitals de la fin de semaine durent 30 minutes. Le carillon, par le son puissant qu’il émet, permet d’accueillir et de souhaiter la bienvenue aux pèlerins qui visitent l’Oratoire Saint-Joseph.

L’été, des carillonistes invités donnent des concerts. C’est le rôle du carilloniste titulaire de choisir et d’inviter 4 personnes qui se produiront pendant 45 minutes en juillet et en août. De plus, tout au cours de l’année, des récitals spéciaux peuvent être commandés pour des moments spéciaux. C’est le cas par exemple pour la remise des diplômes au collège Notre-Dame, ainsi qu’à l'École polytechnique.


 

Apprentissage et transmission


Andrée-Anne Doane pendant un récital
© IPIR 2011, soumis à copyright

Le carillon possédent certaines caractéristiques du piano et de l'orgue. Il est donc préférable de savoir jouer d'un de ces intruments. Il y aurait différentes techniques d'interprétation selon le lieu d’apprentissage. Les Européens et les Nord-Américains auraient des techniques d’interprétation différentes: par exemple, le tempo serait plus rapide chez les interprètes nord-américains.


Aucun cours de carillon n’est offert dans les écoles du Québec, il faut donc apprendre avec un maître carillonniste. Avec une base en piano, l’apprentissage du carillon se fait assez rapidement, toutefois le perfectionnement n’arrête jamais. C’est par la pratique que l’apprentissage se fait. Il n’y a pas seulement la capacité à jouer cet instrument que les carillonistes doivent maitriser, mais aussi l’arrangement des pièces pour le carillon. À l’Oratoire, seulement deux personnes assurent actuellement les concerts de carillon. Trouver et former la relève est un des objectifs de la carilloniste titulaire actuelle, André-Anne Doane.

L’Oratoire veut mieux faire connaître son carillon à la population. En effet, des ateliers sur l'histoire du carillon et des démonstrations sont offerts à de petits groupes.

Localisation

Municipalité: Montréal
Région administrative: 06 Montréal
Lieu: Oratoire Saint-Joseph, 3800 Chemin Queen Mary, Montréal (Qc), H3V 1H6
Téléphone: 514 733-8211, poste 2581
Site Web: http://www.osj.qc.ca/fr_1111_index.php
Ressources:

The Guild of Carilloneurs in North America

Le carillon de l'oratoire Saint-Joseph


Source

Andrée-Anne Doane
Titre, rôle et fonction : Andrée-Anne Doane est carilloniste titulaire de l’Oratoire Saint-Joseph depuis 2009. Elle a une formation universitaire en piano et en chant. Elle a animé des messes à l’Oratoire pendant cinq ans. Elle a par la suite suivi une formation au carillon avec monsieur Claude Aubin, carilloniste titulaire de l'Oratoire de 1976 à 2009.

Enquêteurs : Marjolaine Boutin, Francesca Désilet
Date d'entrevue : 14 septembre 2011


Partenaires

La réalisation de l’Inventaire du patrimoine immatériel religieux a été rendue possible grâce à l’appui de six partenaires: